Compétitivité : le moral des industriels plonge

Une robotisation plus poussée permettrait des gains sur les coûts de fabrication de l'ordre de 10% à 20% hors matières premières. Ici, l'usine Renault de Dieppe (Seine-Maritime).
Sipa

Une robotisation plus poussée permettrait des gains sur les coûts de fabrication de l'ordre de 10% à 20% hors matières premières. Ici, l'usine Renault de Dieppe (Seine-Maritime).
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Les perspectives s'assombrissent pour le tissu industriel français. D'après la note de conjoncture de l'Insee publiée ce mardi 19 mars, les patrons d'industrie paraissent pessimistes sur la compétitivité tricolore. Les courbes destinées à illustrer l'opinion des chefs d'entreprises sur la compétitivité déclinent toutes depuis 2018. Les entreprises interrogées sont particulièrement inquiètes pour les marchés de l'Union européenne ainsi que ceux en dehors de l'UE. En revanche, le sentiment d'inquiétude est moins visible pour le marché national.
Cette érosion se traduit également dans le moral des entrepreneurs interrogés par le cabinet Markit. Selon les résultats publiés ce vendredi 22 mars, "la reprise amorcée en février dans le secteur privé français ne s'est pas prolongée en cette fin de premier trimestre 2019, l'industrie manufacturière et le secteur des services enregistrant tous deux une contraction de leur activité au cours du mois". En cause, selon le cabinet d'analyse économique : un affaiblissement général de la demande, le volume global des nouvelles affaires ayant reculé à la fois dans les services et dans l'industrie, notamment dans les nouvelles affaires en provenance de l'étranger.
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Cette angoisse s'est accrue avec le ralentissement de l'économie mondiale depuis 2018. Les grandes économies de la zone euro marquent le pas. L'Italie a connu une récession technique fin 2018 avec deux trimestres consécutifs de baisse et le moteur industriel allemand a connu un net ralentissement durant le dernier trimestre. Les perspectives d'un Brexit sans accord pourrait encore accroître ce sentiment d'incertitude dans les entreprises qui réalisent des échanges avec le Royaume-Uni. Si le gouvernement français multiplie les sorties sur le terrain pour promouvoir l'outil industriel dans le cadre de la semaine de l'industrie, la confiance n'est pas au beau fixe dans les entreprises.
Les résultats de l'enquête menée par l'institut de statistiques montrent que le solde d'opinion est corrélé aux volumes d'exportations des entreprises. "Les soldes sur la position compétitive sur les marchés extérieurs (UE et hors UE) dans l'industrie manufacturière évoluent de manière similaire aux glissements annuels des volumes d'exportations en biens manufacturés sur les marchés de la zone euro et hors zone euro" précisent les auteurs de l'enquête.
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Les différents chiffres communiqués par les douanes depuis 2010 signalent que le volume des exportations à diminué à plusieurs reprises sur cette décennie. Outre ces variations à la baisse, le solde des échanges indique que le déficit commercial de la France se creuse régulièrement même si la contribution du commerce extérieur au produit intérieur brut est moins défavorable qu'auparavant. En 2017 et 2018, la contribution s'élevait respectivement à 0,1 point et 0,6 point. Plusieurs facteurs peuvent jouer sur la compétitivité des entreprises. Outre le coût de production, l'appréciation de l'euro vis à vis des devises étrangères peut jouer un rôle sur l'érosion de pertes de marché à l'étranger.
Alors que les tractations entre les représentants de l'Union européenne et le Royaume-Uni se prolongent, une bonne partie de l'appareil productif français qui échange avec nos voisins, multiplie les signes d'inquiétude. Lors d'une réunion sur le Brexit organisée au Sénat ce mercredi, le directeur général de la plateforme automobile PFA Marc Mortureux a fait part des angoisses de l'industrie automobile déjà au ralentie avant même que le divorce se concrétise.
Pour Jean Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères également présent lors du colloque, "l'ampleur du choc va provoquer des ruptures importantes dans la vie des entreprises. Il y a également l'incertitude persistante qui pèse sur les opérateurs économiques". A quelques jours de la date officielle du 29 mars, les tensions se multiplient alors qu'une issue gagnant-gagnant entre le Vieux continent et Londres s'éloigne.
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