Congrès des maires : face à des élus échaudés, Macron change de ton
César Armand

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Il avait boudé la cérémonie l'année dernière. En ouverture du congrès des maires ce 19 novembre, le président de la République a défendu son bilan de mi-mandat et plaidé pour une "décentralisation des responsabilités".
Il n'empêche : malgré les critiques du côté des communes et des départements, le chef de l'État a défendu, mordicus, la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales et de la taxe sur le foncier bâti. En compensation de cette dernière, les conseils départementaux bénéficieront, comme les régions, d'une fraction de TVA.
Le président de la République a par ailleurs promis "un nouvel aménagement de notre territoire", mais au lieu d'entrer dans le détail, il s'est fait le porte-parole de mesures déjà engagées ou en cours de mise en œuvre.
Après avoir "demandé collectivement le discernement", le chef de l'État a fait la morale aux maires : "Nous arrivons à un moment critique, je veux être jugé sur les actes". Et de recommencer son inventaire : 4 millions de lignes de fibre optique par an "pour être au rendez-vous du très haut débit en 2022", 1.000 nouveaux cafés, 42 quartiers de reconquête républicaine...
Un an après le début des gilets jaunes, Emmanuel Macron appelle à "une nouvelle coopération" entre les métropoles et leurs territoires environnants : "On dort à un endroit, on travaille à un autre, il nous faut donc retisser cela [...] Unir et rassembler, c'est tenir la cohésion de notre pays".
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S'ensuit un long passage sur la sécurité, où il réaffirme sa volonté d'une "société de la vigilance". Les maires sont "les mieux placés pour prévenir les signes faibles [...] des acteurs à part entière d'une société de l'attention de l'action". Le président n'ignore rien du "communautarisme" mais il juge "inefficace" toute loi interdisant les listes en question. "On confond la laïcité, la civilité et l'ordre public", assure-t-il.
La transition écologique et environnementale figure également à son agenda, mais là encore, il insiste sur son bilan international, le lancement du plan biodiversité et les travaux actuels de la Convention citoyenne sur le climat. Tout en érigeant les communes aux avant-postes pour "décarboner les transports et rénover les logements", le président retombe dans le "en même temps" lorsqu'il en "appelle à la modération" à propos des arrêtés anti-pesticide.
En matière d'économie circulaire, et en particulier de la consigne des bouteilles plastiques, qui a récemment divisé le gouvernement, les sénateurs et les associations d'élus, le chef de l'État a promis que "rien ne se fera sans l'accord des maires".
À la suite de trois parenthèses sur l'école, la santé et le projet de loi "Engagement et proximité", le président a, par la suite, dévoilé sa vision de la déconcentration, de la décentralisation et de la différenciation, en vue du projet de loi "3D" qui arrivera au Parlement après les municipales.
Comme l'année dernière à la même époque, mais devant 2.000 maires invités au palais de l'Élysée, le chef de l'État a, de nouveau, fermé la porte à l'autonomie fiscale et financière des collectivités.
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Enfin, après avoir disputé une énième fois les élus - "dès qu'il y a un coup de grisou, on dit "c'est l'État !" -, il s'est prononcé en faveur d'un grand débat "à condition que la compétence aille avec une responsabilité et des financements". "Et là, nous serons heureux !", a conclu Emmanuel Macron, sous les applaudissements et la Marseillaise.
César Armand
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