Contrats de génération : le gouvernement très loin de ses objectifs

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En 2013, seuls 22% des jeunes bénéficiaires du contrat de génération étaient à la recherche d'un emploi.
En 2013, seuls 22% des jeunes bénéficiaires du contrat de génération étaient à la recherche d'un emploi. (Crédits : <small>DR</small>)
Alors que le gouvernement tablait sur 75.000 signatures par an, moins de 17.000 contrats prévoyant une aide à l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans en CDI contre le maintien d'un senior ont été signés en 2013. Idem en 2014.

L'objectif de signer 500.000 contrats de génération en cinq ans est désormais bien loin. Quelque 16.300 contrats de génération ont été signés en 2014 et 16.705 en 2013 révèle une étude de la Dares publié lundi 30 mars. Le gouvernement en visait à l'origine 100.000 par an, un objectif ramené ensuite à 75.000. L'été dernier, le ministre du Travail François Rebsamen en attendait 40.000 signés pour 2014 après un assouplissement des conditions de mise en œuvre de ce contrat.

Pour rappel, mis en place le 1er mars 2013, celui-ci prévoit une aide à l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans en CDI (contrat à durée déterminée) pour les entreprises petites et moyennes qui maintiennent dans le même temps un senior dans l'emploi.

Aide moyenne de 820 euros par trimestre

L'aide moyenne par trimestre et par contrat de génération s'élève à 820 euros, soit moins que le forfait prévu de 1.000 euros par trimestre sur trois ans, la différence tenant pour l'essentiel "à un recours plus important au temps partiel des salariés âgés".

Mais cette aide peine à séduire les entreprises, notamment en raison de la conjoncture économique. "En période de ralentissement économique, mettre en place des emplois aidés dans le secteur marchand ne fonctionne pas", indiquait ainsi Eric Heyer, directeur adjoint au Département analyse et prévision de l'OFCE, fin 2013, au JDD.

Ainsi, seulement, 19.824 demandes d'aide contrat de génération ont été déposées auprès de Pôle emploi au titre d'embauches réalisées au cours de l'année 2013.. En 2014, 19.300 demandes ont été enregistrées. Et ce, en dépit des aménagements mis en place par le gouvernement comme le doublement de l'aide à 8.000 euros par an, survenu en septembre dernier ou l'accès sans condition à l'aide forfaitaire pour les entreprises de moins de 300 salariés.

Seuls un jeune sur cinq était au chômage

Par ailleurs, plutôt que d'embaucher de nouvelles personnes, la signature d'un contrat de génération est plus souvent utilisée pour faire passer le contrat d'un jeune travaillant déjà dans l'entreprise de CDD ou intérim à CDI, indique les chiffres de la Dares.

Ainsi, en 2013 seuls 22% des jeunes bénéficiaires du contrat de génération étaient à la recherche d'un emploi, 21% étaient dans un autre entreprise, tandis que 23% étaient en CDD ou en emploi saisonnier, 14% étaient en apprentissage ou en contrat de professionnalisation et 7 % en intérim . Du côté des salariés seniors, 96,4 % étaient présents dans l'entreprise au moins 6 mois avant l'embauche du jeune.

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a écrit le 01/04/2015 à 19:15 :
Voilà une société sans moralité : la dette qui produit des baisses de salaires finance des allocations dépendance pour les retraités, mais quels droits aux jeunes avant 25 ans ? C’est inique…
Réponse de le 13/04/2015 à 20:56 :
j'ai cotisé 42 ans pour financer les retraites de vos grands-pères .De plus je vous signale qu'à notre époque il n'y avait pas de chômeurs car le chômage était peu indemnisé ,quant on quittait une entreprise on n'avait pas droit au chômage ,que l'on avait que 4 semaines de congé , pas de RTT, et que l'on travaillait 49h par semaine, qu'on nous enlevait 3 jours de salaires en cas de maladie quant à la dette voyez du coté des 84 allocations différentes , voyez tous les rapports de la cour des comptes sur la gabegie de la fonction Publique , les 2 milliards consacrés aux demandeurs d'asile etc ....... . nos politiques sont très généreux avec le fric des autres pas avec leurs multiple émoluments .
a écrit le 01/04/2015 à 18:38 :
On voit le nombre de jeunes diplômés à 60% sans emplois, 90% de cdd... c'est un système qui détruit la société et l'emploi. On fait 100 000 fonctionnaires et 500 000 chômeurs, c'est ça la justice?
C'est une casse de la société organisée... et demain est pire qu'aujourd'hui.
Alors qu'on applaudit les milliards, on met les diplômés au trottoir... c'est de la destruction humaine.
Réponse de le 13/04/2015 à 21:10 :
Dans l'industrie on manque d'ingénieurs !!!! dans les entreprises de techniciens , dans le bâtiment travaux Publics d'ouvriers , de cadres etc ....... oui mais c'est dur , c'est fatiguant !!!!!!! ou alors faites comme de diplômés qui partent pour les USA ,l'Argentine ,le Brésil ,le Chili etc .....et de plus personne ne vous empêche de créer votre société ,,,,bien sur, là c'est 50 h par semaine et pas de RTT .
a écrit le 01/04/2015 à 18:29 :
C’est de l’esbrouffe, des mensonges, en réalité on exclut les jeunes à tour de bras, les boomers n’ont pas de moralité. Pourquoi ne pas faire 6 millions de pré-retraites ? C’est un système sans valeurs humanistes...
jeunes pauvres, retraités riches, on appelle cela moral...
a écrit le 01/04/2015 à 18:18 :
L’Europe est une société de bourreau de jeunes, on fait des millions de chômeurs et on laisse les diplômés en exclusion après leurs études, deux poids deux mesures avec les fonctionnaires. C’est un système improductif. La France ne fait ni croissance, ni emplois… mais de l’inflation et du chômage. En revanche on emploie les gens en dépit du bon sens, on relève des témoignages édifiants, on trouve en France des bac+5 caissiers, sciences po assistants administratifs, master de droit public à 1300 net, master en call center à 850 net, quelle est la définition pour mérite, croissance, pib ? Alors que les jeunes sont en précarité, les emplois non pourvus se comptent en centaines de milliers… nous sommes dans un système mortifère qui détruit la société et empêche les jeunes de trouver un emploi adéquat. On rend les gens improductifs, c’est un système inique. A quand une protestation ?
a écrit le 31/03/2015 à 15:35 :
Le titre ne prend même pas la peine de nous faire croire que ceux qui ont obtenu des baisses du taux d'appel des cotisations ont au des marges pour se développer et embaucher.
Tout est passé dans le résultat ?
Le gouvernement doit-il résilier les mesures incitatives ?
a écrit le 31/03/2015 à 15:18 :
De toute façon c'est du pognon foutu par la fenêtre .
a écrit le 31/03/2015 à 14:09 :
Prétendre faire baisser le chômage à coup de contrats aidés et de restrictions du droit de licenciement, voilà ce qui anime l'action de nos gouvernements socialistes de droite et de gauche de ces 40 dernières années avec les résultats que l'on connaît. MESSIEURS LES POLITIQUES, VOTRE ROLE C'EST DE VEILLER A LA QUALITE DU TERREAU, POUR LE RESTE LAISSEZ FAIRE LES JARDINIERS CA MARCHE AILLEURS !!! L'ECONOMIE N'EST PAS DE GAUCHE OU DE DROITE ELLE EST BONNE OU MAUVAISE DIXIT TONY BLAIR A L'ASSEMBLEE NATIONALE EN 1998 !!!!
a écrit le 31/03/2015 à 13:38 :
le gouvernement comptait sur ces emplois (bidons) pour faire diminuer les chiffres du chômage . Nos politiciens du PS n'ont pas encore compris que dans le PRIVE on embauche quand il y a un surplus de travail et qu'il faut des "bras". Ce n'est pas la fonction Publique .Ils devraient faire comme Montebourg et aller passer 6 mois dans une moyenne entreprise .Ca leur ouvrirait des horizons et inventeraient moins de conneries ..
Réponse de le 13/04/2015 à 15:27 :
+1000000

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