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Crise politique : syndicats et patronat réclament le retour à la stabilité

latribune.fr

Publié le 17 décembre 2024 à 13:27 - Mis à jour le 17 décembre 2024 à 19:29

Malgré la nomination du nouveau Premier ministre, François Bayrou, l'instabilité persiste.

Malgré la nomination du nouveau Premier ministre, François Bayrou, l'instabilité persiste.

Gonzalo Fuentes

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans un communiqué, patronat et syndicats ont appelé à un retour de « la stabilité » alors qu'ils craignent « une crise économique aux conséquences sociales dramatiques ».

Rare moment d'unité. Les trois organisations patronales et quatre syndicats représentatifs sur cinq ont signé ce mardi 17 décembre un communiqué commun à l'attention des responsables politiques. Ils appellent notamment au retour de « la stabilité, la visibilité et la sérénité ». Ce communiqué adressé à l'AFP est signé du Medef, de la CPME, de l'U2P, de la CFDT, de FO, de la CFTC et de CFE-CGC. Seule la CGT ne l'a pas signé.

Intitulé « à l'attention de nos élus et responsables politiques », il prend acte que « l'instabilité dans laquelle a basculé notre pays fait peser sur nous le risque d'une crise économique aux conséquences sociales dramatiques ».

« D'ores et déjà, ajoutent les signataires, des projets d'investissements sont gelés, les intentions d'embauches sont révisées, les défaillances d'entreprises de toutes tailles se multiplient au point d'atteindre un niveau inconnu depuis longtemps ».

Une instabilité qui s'est aggravée depuis la censure du gouvernement de Michel Barnier et l'impasse politique entravant l'adoption d'un budget pour 2025. D'autant que le déficit atteint 6,1% cette année, en total dérapage par rapport à la prévision initiale de 4,4% du gouvernement.

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« C'est pourquoi nous appelons, au nom de la confiance que les millions de salariés et chefs d'entreprise que nous représentons placent en nous et de l'esprit de responsabilité qui nous guide, à retrouver au plus vite le chemin de la stabilité, de la visibilité et de la sérénité », ajoute le texte.

Passer par la «voie du paritarisme»

Les signataires soulignent aussi que « la voie du paritarisme, qui passe par le dialogue, la négociation collective et la construction de compromis, est en capacité d'apporter des réponses concrètes » à cette situation, rappelant en « avoir fait encore récemment la démonstration ». Mandatés par l'ex-Premier ministre Michel Barnier, les partenaires sociaux ont trouvé ces dernières semaines un accord sur l'assurance-chômage.

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« Les acteurs sociaux que nous sommes », écrivent les signataires,« sommes déterminés à participer pleinement aux transformations de notre société, confrontés à une situation budgétaire et à des mutations sans précédent, qu'elles soient technologiques, géostratégiques, démographiques ou climatiques ». Et« les interlocuteurs sociaux seront comme toujours au rendez-vous du dialogue et de la responsabilité », concluent-ils.

Si ce communiqué commun est une nouveauté, les différentes organisations tirent séparément depuis plusieurs semaines le signal d'alarme sur les risques économiques et sociaux qu'engendre l'instabilité de la situation politique actuelle.

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L'instabilité persiste

Malgré la nomination du nouveau Premier ministre, François Bayrou, l'instabilité persiste. Une nouvelle censure est d'ailleurs un scénario à ne pas laisser de côté. Le nouveau chef du gouvernement espère former un gouvernement cette semaine. Le nouveau locataire de Matignon doit aussi prononcer le 14 janvier son discours de politique générale devant le Parlement, selon son entourage.

En attendant, les consultations des forces politiques, entamées lundi, se poursuivent à Matignon. Le patron des députés Horizons Laurent Marcangeli a plaidé pour la « stabilité » auprès du Premier ministre, qui s'était déjà entretenu par téléphone avec Edouard Philippe dimanche. Les leaders des Ecologistes ont été beaucoup plus pessimistes, estimant que François Bayrou était déjà en train de « paver peu à peu le chemin de sa propre censure ».

Quatre jours à peine après sa nomination, le nouveau locataire de Matignon est déjà au cœur d'une double polémique. Son choix d'aller dans sa ville de Pau pour y défendre son poste de maire, plutôt que d'assister à une réunion de crise sur Mayotte, qu'il a suivie à distance, suscite de vives critiques jusque dans son propre camp. Et son souhait de revenir sur l'interdiction du cumul du mandat de parlementaire est aussi dénoncé.

Mauvaises performances économiques

L'instabilité politique est d'ailleurs invoquée pour expliquer les mauvaises performances des indices économiques français. L'activité du secteur privé a reculé pour le quatrième mois consécutif en décembre, avec un emploi en forte baisse, selon l'indice PMI Flash HCOB. « La conjoncture économique française ne montre aucun signe d'amélioration », écrit dans son commentaire le Dr Tariq Kamal Chaudhry, économiste à la Hamburg Commercial Bank, qui juge « particulièrement désastreux » le bilan 2024 de l'activité manufacturière, « talon d'Achille de l'économie française ». Il ne voit dans l'indice du jour « aucun espoir de reprise prochaine » pour le secteur privé dans son ensemble.

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De son côté, la Banque de France a abaissé lundi soir de 0,3 point sa prévision de croissance du PIB pour 2025, à 0,9%. La prévision pour 2026 est également revue en baisse par rapport aux projections de la Banque de France de septembre, de 0,2 point à 1,3%, qui est également désormais sa prévision pour 2027. Ces nouvelles projections macroéconomiques ont été réalisées « dans un contexte national et international d'incertitudes accrues », a expliqué lundi lors d'une conférence de presse Olivier Garnier, directeur général des statistiques, études et international de la Banque de France. Désormais, la Banque de France attend un déficit public compris entre 5% et 5,5% du PIB l'an prochain.

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(Avec AFP)

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