La startup française qui vend des appareils pour détenir soi-même des cryptoactifs est parvenue à convaincre des investisseurs d’entrer au capital de la société à hauteur de 100 millions d’euros. Une réussite étonnante dans un moment où les startups, et d’autant plus celles de l’écosystème crypto, cherchent plutôt à survivre et diminuer leurs charges qu’à investir et rechercher du capital.Le Bitcoin n'est pas mort et l'intérêt des investisseurs pour les cryptomonnaies non plus : voilà ce que Ledger clame haut et fort en annonçant avoir clôturé une nouvelle levée de fonds. La startup française de vente de portefeuilles personnels pour cryptomonnaies a en effet convaincu une dizaine de fonds d'investissement (dont quelques nouveaux entrants) d'investir 100 millions d'euros dans son activité.
Un événement qui n'est pas anodin dans un monde où le financement en capital s'est fortement contracté depuis le printemps 2022 avec la remontée des taux directeurs et la brutale perte de valeur des cryptomonnaies. D'après CB Insights, les montants levés en 2022 dans le monde ont chuté de 35%, à 415 milliards de dollars, avec un deuxième semestre cataclysmique marqué par une chute de 62% sur un an.
Ledger, chouchou des fonds d'investissement
Malgré ce contexte, la dizaine de fonds d'investissement présents au tour de table ont clairement réaffirmé leur confiance dans la petite société française.
«Nous pensons que Ledger jouera un rôle essentiel dans l'avenir du Web3, tant auprès du grand public que des entreprises», affirme Dušan Stojanović, associé fondateur de True Global Ventures qui a accepté de mettre des billes dans cette nouvelle levée de fonds.
Et si les financeurs ont répondu présents sans trembler, c'est avant tout parce que la société estime bien se porter.
« Nous avons une balance de cash confortable, une bonne croissance de notre chiffre d'affaires et un business model rentable par nature », affirme fièrement Pascal Gauthier, le Pdg de Ledger.
La société se vante notamment d'avoir atteint les 6 millions de supports physiques vendus à travers le monde depuis leurs débuts en 2017.
« Lever des fonds est plus compliqué car même si les investisseurs ont toujours de l'argent, ils délivrent aujourd'hui moins de tickets pour se concentrer sur les meilleures boîtes du moment », analyse Stanislas Barthelemi, consultant chez KPMG, spécialiste des cryptomonnaies.