Décentralisation de Pôle Emploi : les présidents de région attendent encore du « concret »

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(Crédits : REUTERS/Christian Hartmann)
Réunis en congrès à Bordeaux ces lundi 30 septembre et mardi 1er octobre, les patrons de conseils régionaux ont reçu le Premier ministre. Devant leur demande insistante d'avoir la main sur Pôle Emploi, Edouard Philippe a fait un premier pas insuffisant à leurs yeux.

Dans la salle plénière du palais des congrès de Bordeaux ce mardi 1er octobre, les présidents de conseils régionaux, réunis en congrès depuis hier, s'attendaient à voir le Premier ministre leur annoncer de nombreuses solutions concrètes en termes de transport, d'éducation, de transition écologique et énergique ou encore de fiscalité locale. Pour appuyer leurs demandes, ils avaient même mandaté les représentants (ex-LR) des maires de France (AMF) François Baroin et des départements de France (ADF) Dominique Bussereau pour jouer les chauffeurs de salle.

Alain Rousset "déçu d'être déçu"

Las. Edouard Philippe a certes vanté « la qualité d'une réponse concertée et discutée au-delà des choix politiques des régions » après deux ans et demi de tensions, mais les élus, à commencer par François Bonneau (PS, Centre-Val-de-Loire) ont eu le sentiment d'entendre « un discours de la méthode sans souffle girondin ». Hôte de ce grand raout, le président (PS) de la Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset s'est dit, lui, « déçu d'être déçu », ayant eu « l'impression que le Premier ministre ne croyait pas à ce qu'il disait ».

Sur le fond du discours, le locataire de Matignon, qui n'oublie jamais de rappeler qu'il a été maire du Havre et président de la métropole havraise, a, de son côté, confirmé la présentation d'un « projet de loi 3D » - décentralisation, déconcentration et différenciation - dans le courant de l'année. Il a ainsi promis « une concertation dans chaque région » pour identifier dans chacune d'entre elles les besoins. « C'est vachement (sic) intéressant de se poser la question », a-t-il poursuivi.

"Je veux encore y croire" (Hervé Morin)

Par exemple, devant la demande répétée des conseils régionaux d'avoir les mains libres sur Pôle Emploi, en plus de leur compétence-clé en matière de développement économique, Edouard Philippe s'est dit prêt à « proposer à des régions volontaires de renforcer les politiques de formation professionnelle » avec « un nouveau rôle dans l'action de Pôle Emploi ». Sans créer un nouveau comité Théodule dans chacune d'entre elles, il a évoqué « une instance de gouvernance présidée par le patron du conseil régional » qui pourrait « piloter des expérimentations ».

Mais pour les principaux concernés, cette proposition primo-ministérielle est floue et insuffisante. « La France va mieux mais je continue à voir des taux de chômage de 15, 16 voire 17%. C'est pourquoi je demande un changement de modèle où les réponses peuvent être apportées par nos territoires », déclare le président de l'association Régions de France Hervé Morin. « Je veux encore y croire mais j'attends du concret sur la construction du nouvel acte de décentralisation », ajoute l'édile normand.

La crise des gilets jaunes est passée par là

« Nous voulons être à la manœuvre sur la formation des demandeurs d'emplois, car il y a une inadéquation entre les formations et  les besoins de recrutement », a renchéri Carole Delga, patronne (PS) du conseil régional d'Occitanie. « Qu'on nous donne la compétence entière sur le continuum orientation-formation-emploi ! », abonde son homologue socialiste de Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay.

Quinze mois après le boycott de la conférence nationale des territoires, instance nationale de dialogue entre l'Etat et les collectivités, et un an après l'appel de Marseille où les présidents de région s'emportaient contre la « recentralisation » du gouvernement, la crise des « gilets jaunes » est passée par là. Force est de constater qu'à cinq mois des élections municipales, le ton a changé de part et d'autre : les élus se disent prêts à « jouer la carte de la confiance » avec l'exécutif quand le Premier ministre espère « que les choses fonctionneront mieux sans définance ni acrimonie ».

Lire aussi : A Marseille, le "coup de gueule des territoires" contre l'«ultra-centralisation»

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Commentaires
a écrit le 02/10/2019 à 11:57 :
encore une administration publique et en doublon avec ceux des régions ou association ou bien du privé sans utilité avec du personnel d'état payé pour rien faire surtout à l'heure d'Internet et qui n'a toujours pas prouvé son efficacité encore un exemple de l'état jetant de l'argent par la fenêtre
Réponse de le 02/10/2019 à 18:35 :
Allez le dire aux 8 millions de chômeurs en France.
a écrit le 02/10/2019 à 11:18 :
Espérons que sa régionalisation permettra d'endiguer l'hémorragie d'argent public que la compromission entre politiciens et hommes d’affaires a généré de cette usine à gaz.

Al 'heure d'internet pôle emploie, qui est largement déficitaire n'a plus raison d'être si ce n'est d'engraisser encore et toujours les paradis fiscaux avec de l'argent public...
a écrit le 02/10/2019 à 10:12 :
"les patrons de conseils régionaux "

Tout le problème réside dans la phrase qui est utilisé !!! responsable des conseils régionaux. En fait l'emploi avec 300 000 offres disponibles , pour 5 millions de personnes permet surtout une mystification économique de haut niveau.

Car les "patrons" signe des temps modernes, des conseils régionaux, semble moins sur la question de résoudre le globale que d'appliquer une politique locale en fonction de l'égo et de la connaissance du chômage.

Généralement, les maires ou président de conseils régionaux n'ont qu'une connaissance lointaine de l'emploi, et du chômage n'en parlons pas.

La question qui est autour du discours global, face a la réalité de création inverse la charge de responsabilité!

C'est fort le pollitique ! et surtout n'étant pas comptable des dettes, des situations dans le temps, ceci n'a d'objet que l'idéologie mené par quelques individus contre d'autres pour ne pas montrer la vacuité de création d'emplois, et sachant comment cela se passe dans les administrations, disons que la fragmentation du pays en sera la résultante ! car les intérêts sont de plus en plus divergents !!!

La politique économique actuelle va a l'inverse de la création de valeur, du coup avoir la main sur pole emploi ne changera rien, si ce n'est pouvoir radier en fonction des résultats comptables pour des élections de plus en plus sordides !!!!
a écrit le 02/10/2019 à 8:22 :
Bonjour,

Avoir la main sur pôle Emploi ?
Mais les régions ont la main «  sur tout » car l’état est «  trop débordé »

Quand tout échoue quand ça devient inefficace : nous pourrions OSER changer un système «  qui ne fonctionne plus » sans tourner en «  rond »

pole emploi doit «  être privatisée » par des «  personnes éthiques vraiment engagée pour l’économie »

En France dans le monde de travail : tout le monde juge tout le monde sans rien connaitre aux vécus et à l’impact des systèmes sur la vie des populations.

Les fonctionnaires sont des personnes qui sont «  limités » par des programmes et dépassés par les problématiques , certains d’eux Ont des oeillères , à cause de «  eux » la France tourne en «  rond » il faudrait casser cette sphère infernale de mentalité infertile et destructeur des droits collectives citoyennes.

1) privatiser Pole emploi
2) reformer le statut de fonctionnaire en proposant des formations évolutives pour tous ou bien abolir ce statut et mettre tous les citoyens de France au même statut , pareil pour tous et tous et obligations identiques pour tous les employeurs de France.

Il y a trop de niches fiscales et avantages et privilèges , trop d’injustices sociales en France , les reformes sont indispensable pour l’équité et l’éthique et surtout pour la démocratie sociale et économique.

Cordialement,
Réponse de le 04/10/2019 à 11:35 :
Il n'y a pas de fonctionnaire à Pôle emploi. Il y a des contractuels de droit public (15 %) et le reste est privé.
Attention également : quid du droit des personnes à l'équité sur le territoire national ? Un demandeur d'emploi qui veut déménager ? Les CR (dont régionaux) peuvent-ils garantir un service public pour tous, partout ? Je me pose la question.
a écrit le 01/10/2019 à 18:54 :
Le but de la réforme de la formation était de désaisir les acteurs locaux et de laisser au privé le soin d'ouvrir et fermer ses propres centres de formation en toute indépendance.
Par contre le financement est public mais géré par Pénicaud, qui décidera en toute impartialité (hummmmm) quel industriel, quel patron, méritera le denier public.

Les régions peuvent attendre encore longtemps, idem pour les CCI. Non seulement elles n'auront aucun moyen supplémentaire mais ces moyens vont se raréfier avec le temps puisque le gouvernement cherche 10 milliards € pour boucler son budget.
Réponse de le 02/10/2019 à 4:34 :
J'avais cru comprendre que Pôle Emploi était le nouveau nom de l'ANPE (qui était la fusion des agences locales pour l'emploi) et que son financement était assuré par les ressources de l'UNEDIC. Va-t-on nous ressortir un nouveau mouton à cinq pattes?

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