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Dégradation S&P : pas de hausse d’impôts à venir, assure Bruno Le Maire, qui défend une « stratégie solide »

latribune.fr

Publié le 01 juin 2024 à 09:59 - Mis à jour le 02 juin 2024 à 17:21

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Reuters

Le Quotidien Numérique

30 juin 2026

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Samedi, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a de nouveau écarté toute hausse d'impôts l'an prochain, au lendemain de la dégradation de la note souveraine de la France par l'agence S&P en raison des déficits chroniques du pays. Sur BFMTV, il a défendu la stratégie économique du gouvernement, et maintenu que l'Hexagone reviendra sous les 3% de déficit en 2027.

[Article mis à jour le 01/06/2024 à 15h18 avec la réaction du Medef]

Ce n'est « absolument pas un désaveu », a assuré samedi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, interrogé sur la dégradation de la note souveraine de la France par S&P (qui juge de la capacité d'un pays à payer ses dettes). Sur le plateau de BFMTV, le locataire de Bercy a en effet défendu une stratégie économique « solide », malgré ce premier abaissement depuis 2013.

« La France réussit économiquement. Elle crée des emplois, ouvre des usines. [...] Nous faisons 1,3% de croissance là où nos voisins, l'Allemagne en tête, sont passés par la case récession. [...] L'avis de S&P reconnaît la force de la stratégie économique française, comme tous les observateurs avisés », a-t-il défendu.

Pour rappel, l'agence de notation sanctionne les déficits publics du pays. Or, sa note est passée du troisième cran « AA » au quatrième « AA- ». Une dégradation qui ne devrait pas conduire à augmenter les taux auxquels la France emprunte, mais qui n'en reste pas moins une évaluation indépendante des finances publiques françaises, le pays s'éloignant encore de l'Allemagne, notée d'un triple A, le maximum.

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Le dérapage surprise du déficit public pour 2023, à 5,5% du PIB au lieu de 4,9% attendus, n'a pas joué en la faveur du gouvernement, malgré une série de réformes qui permettraient selon lui de revenir dans les clous. Surtout, S&P ne croit pas que le déficit sera ramené sous 3% du PIB en 2027, comme le gouvernement le prévoit (2,9%), et table même sur 3,5% à cette date.

Mais pour Bruno Le Maire, « nous reviendrons sous les 3% de déficit en 2027 », a-t-il fait valoir ce samedi.

« Notre stratégie reste la même: réindustrialiser, atteindre le plein-emploi et tenir notre trajectoire pour revenir sous les 3% de déficit en 2027 », avait-il déjà déclaré la veille dans une interview au Parisien, en assurant que rien ne changerait dans le quotidien des Français.

Lourd « passif » sur la dette

Sur BFMTV, le chef de Bercy a néanmoins reconnu que la France avait un lourd « passif » sur la gestion de sa dette. « Cela fait depuis 1975 que nous n'avons pas de budget en équilibre. [...] Mais aujourd'hui, si on a niveau de dette élevé, c'est parce que j'ai sauvé l'économie française [...] Le choix qui a été fait, c'est celui d'éviter la récession, la casse sociale, et l'inquiétude de nos compatriotes, protégés de hausse des tarifs de l'énergie », a-t-il justifié. 

«J'ai sauvé les usines, j'ai sauvé les restaurateurs, j'ai sauvé les hôteliers, j'ai sauvé le monde de l'événementiel, j'ai sauvé des emplois, des compétences, la filière aéronautique,» a-t-il énuméré, ajoutant à la liste qu'il était fier d'avoir également «sauvé» Renault et Air France.

Engager le remboursement, sans augmenter les impôts

Désormais, le ministre de l'Economie a souligné qu'il se fixait comme objectif de long terme d'atteindre un excédent budgétaire, même s'il a admis que la France en était « loin ». « Maintenant, il faut engager le remboursement [des dépenses publiques, ndlr] », a -t-il réagi, évoquant des « réformes de structure » et des « économies sur les dépenses », comme la sortie du bouclier tarifaire sur l'énergie. Tout en promettant de la « croissance » et de l'« emploi ».

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Dans son avis, l'agence de notation salue certes l'adoption de réformes (retraites, assurance chômage) depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, mais elle estime que la dette publique française en proportion du PIB ne va pas cesser d'augmenter, pour atteindre 112% du PIB d'ici 2027 - contre 109,9% en 2023 « en raison des déficits plus importants que prévus en 2023-2027 ».

Pour rappel, le ministre aux Comptes publics, Thomas Cazenave, avait fait savoir que la France devra trouver 20 milliards d'euros à économiser d'ici à 2025. « Cette révision de la note de la dette française par S&P ne fait que traduire un impératif que nous connaissons déjà : celui de poursuivre le rétablissement de nos finances publiques », a-t-il affirmé hier dans une déclaration transmise à l'Agence France-Presse (AFP)

Il n'empêche : Bruno Le Maire a de nouveau écarté samedi toute hausse d'impôt l'an prochain.

« L'augmentation des impôts ne fait pas partie de la palette des options. [...] Quand on me dit qu'il faut davantage taxer les riches, au final, on finit toujours par augmenter les impôts des classes moyennes, et ça je m'y refuse », a-t-il assuré.

Interrogé sur une possible désindexation des pensions de retraite et des prestations sociales sur l'inflation l'an prochain, une voie d'économies potentielle, il a répondu qu'aucune décision n'avait été prise.

Décrochage

Le gouvernement avait reçu un premier avertissement en décembre 2022, quand S&P avait placé la France sous « perspective négative ». De par cette dégradation, l'Hexagone décroche désormais du groupe composé notamment de la Belgique et du Royaume-Uni, mais reste mieux notée que l'Espagne ou l'Italie.

Avec un double A même suivi d'un signe moins, la capacité de la France à honorer les échéances de sa dette reste cependant « très forte » selon les critères de l'agence de notation. Surtout, cette décision « ne devrait pas avoir de conséquences économiques notables », a estimé dans une note l'économiste d'Asterès Sylvain Bersinger. Pour lui, le juge de paix reste le taux d'emprunt d'un Etat sur les marchés.

« Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'image de la France », a néanmoins réagi samedi le Medef. « La maîtrise des dépenses publiques courantes et la stimulation de l'activité économique sont plus que jamais nécessaires » pour l'organisation patronale

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Critique des oppositions

Alors que la liste de la majorité est à la traîne dans les sondages pour le scrutin européen du 9 juin, les oppositions ont cependant saisi l'occasion pour éreinter la politique gouvernementale.

«La gestion catastrophique des finances publiques par des gouvernements aussi incompétents qu'arrogants a mis notre pays dans de très graves difficultés cumulant records d'impôts, de déficit et de dettes», a écrit Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, sur X.

« Voilà où nous mène la piteuse gestion des finances publiques du duo Macron/Le Maire ! », a posté sur X Eric Ciotti, président des Républicains, suivi de près par la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse qui appelle au « courage » et à la  « bonne gestion » pour une « remise en ordre dans nos comptes ».

Le président insoumis de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel, a averti de son côté que le gouvernement allait « se servir de cette décision pour justifier de nouvelles coupes budgétaires ».

« Le manque de crédibilité des oppositions est total », a asséné samedi Bruno Le Maire, fusillant les propositions de ses adversaires politiques.

« Les Républicains ont proposé pour le budget 2024 125 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. [...] Pour LFI, c'est 250 milliards. [...] Quant au RN, son plan fait furieusement penser à la politique marxiste en France de 1981, qui plongé le pays dans une récession économique épouvantable. C'est la cacophonie de la dette ! », a-t-il réagi.

Moody's et Fitch n'avaient pas modifié la note

Pour rappel, S&P note la France depuis 1975. C'est la première agence à avoir retiré à l'Hexagone son emblématique « triple A » en 2012, meilleure note possible et symbole d'une excellente gestion, dont un petit cercle bénéficie encore à l'instar de l'Allemagne et de l'Australie.

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En avril, les deux autres principales agences internationales, Moody's et Fitch, n'ont pas modifié la note française. La première note la France « Aa2 », soit l'équivalent d'un « AA » pour S&P, tandis que la seconde est déjà au stade de « AA- » depuis avril 2023.

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(Avec AFP)

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