Bourse : le secteur automobile européen plombé par les nouveaux droits de douane de Trump
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Les valeurs du secteur automobile ont fortement reculé ce lundi à l'ouverture des Bourses européennes (photo d'illustration).
Chalinee Thirasupa
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Les valeurs du secteur automobile ont fortement reculé ce lundi à l'ouverture des Bourses européennes (photo d'illustration).
Chalinee Thirasupa
Donald Trump a mis samedi à exécution sa menace de s'en prendre aux trois principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Le président américain a ainsi confirmé imposer 25 % de droits de douane sur les produits provenant du Canada et du Mexique, et 10 % supplémentaires à ceux déjà existants sur les produits chinois. Des mesures qui doivent entrer en vigueur à compter de mardi. Et qui ont déjà des conséquences... Outre-Atlantique. Les valeurs du secteur automobile ont en effet fortement reculé ce lundi dans toutes les Bourses européennes.
Ainsi, vers 15h00, Stellantis dégringolait de 6,14% à Paris. En Allemagne, Mercedes cédait 4,16% et Volkswagen 5,82%. Même BMW perdait 3,61% alors que le constructeur produit ses voitures dédiées aux Américains au pays de l'Oncle Sam et qu'il est même exportateur net de véhicules aux États-Unis. Preuve que le secteur est sanctionné sans aucune nuance. Les équipementiers n'étaient d'ailleurs pas en reste, à l'image de Forvia (-11,49%), Valeo (-8,51%) et Continental (-4,30%).
Ces décrochages s'expliquent par le fait que, d'une part, la plupart des constructeurs automobiles présents aux États-Unis ont ouvert des usines depuis plusieurs décennies au Mexique, profitant de salaires plus bas, et au Canada. Ils ont été rejoints en masse par leurs fournisseurs, les équipementiers automobiles. D'autre part, les États-Unis sont un marché important pour la branche automobile. Or, ce secteur est « l'un des plus visés par les droits de douanes. Et il faut ajouter à cela que beaucoup de constructeurs comme Stellantis ont fait des États-Unis un marché prioritaire. Les États-Unis sont (donc) un relai de croissance pour les européens, chez qui le marché domestique est atone », explique Christopher Dembik, conseiller en investissement chez Pictet AM.
En parallèle, les entreprises européennes du secteur « ne sont pas en mesure de concurrencer les chinoises, bien plus compétitives sur les marchés asiatiques », a-t-il poursuivi. Ce qui rend le marché américain d'autant plus important pour les groupes du Vieux continent.
Si l'Union européenne n'est pour le moment pas concernée par la hausse des droits de douane, ce n'est peut-être qu'une question de temps. Car le président américain n'a pas caché son hostilité à l'encontre du bloc des Vingt-Sept. Ce week-end encore, il l'a accusé de traiter les États-Unis de manière « très, très injuste » sur le plan commercial. Et a assuré que les produits européens seront « très bientôt » à leur tour visés par des droits de douane.
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Si bien que pour Christopher Dembik, spécialiste de l'investissement chez Pictet AM, « c'est une question de semaines » avant que Donald Trump prenne une telle mesure contre l'Europe. Il faut « se préparer aussi à un bras de fer compliqué », estime l'expert. L'UE a d'ailleurs assuré dimanche qu'elle riposterait « avec fermeté » si Donald Trump lui imposait des droits de douane, sans plus de détails.
Plus globalement, c'est l'ensemble des places boursières européennes qui ont ouvert en recul ce lundi. Dans les premiers échanges aux alentours de 9h05, Paris perdait 1,57%, Francfort 1,66%, Londres 1,19% et Milan 1,37%. Et la situation ne s'était pas améliorée en milieu de journée.
Wall Street évoluait aussi en forte baisse, le Dow Jones reculant de 1,43%, l'indice Nasdaq de 2,02% et l'indice élargi S&P 500 de 1,71%. La nouvelle a également provoqué une déflagration en Asie. À Tokyo, l'indice Nikkei a terminé en chute de 2,66% et l'indice élargi Topix a plongé de 2,45%. À Séoul, l'indice Kospi a dégringolé de 2,52%. Sydney a abandonné 1,79%. En Chine, Hong Kong, seule place ouverte en raison du Nouvel An lunaire, est toutefois restée stable.
« Les investisseurs craignent que cette guerre commerciale ne se traduise par une nette dégradation de l'économie mondiale », a commenté John Plassard, spécialiste de l'investissement pour Mirabaud.
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Donald Trump a certes annoncé qu'il allait discuter ce lundi matin avec le Premier ministre canadien démissionnaire, Justin Trudeau, ainsi qu'avec le gouvernement mexicain. Mais il a aussi estimé qu'il pourrait tout aussi bien ajouter de nouveaux droits de douane en réponse aux représailles annoncées par le Canada durant le week-end - 25% de droits de douane sur les produits américains. La Chine a quant à elle assuré qu'elle prendrait les « mesures correspondantes » pour protéger ses « droits et intérêts ». « Un bouleversement massif du commerce mondial se profile à l'horizon, et les répercussions pourraient frapper durement les marchés, les chaînes d'approvisionnement et la croissance mondiale », a résumé Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management. Le bras de fer ne fait que commencer.
(Avec AFP)
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