Relance du nucléaire, loi fast fashion, nouvelles sanctions contre la Russie… Ce qu’il fallait retenir de ce mardi 10 juin
Jean-Victor Semeraro

Photo d'illustration
La Tribune
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous sommes le 10 juin 2025 et une grande partie des membres du gouvernement se trouvaient toujours à Nice pour la deuxième journée de la Conférence des Nations unies sur l'Océan. Hier, en ouverture du sommet, Emmanuel Macron a martelé : « Les abysses ne sont pas à vendre ». Dans cette déclaration, le président français a taclé directement Donald Trump, qui a autorisé l'extraction minière des fonds marins.
👉 Pour tout comprendre à cet enjeu crucial du sommet, mon collègue Mathieu Viviani fait le point ici.
Si les États-Unis ne sont pas représentés diplomatiquement sur la Côte d'Azur, Washington a bien des émissaires en Europe, et c'est à Londres qu'il faut les trouver. Mais rien ne fuite des négociations commerciales en cours avec Pékin dans la capitale britannique.
La Tribune vous détaille les 5 infos du jour qu'il ne fallait pas louper !
Soutenir le nucléaire. L'exécutif a signé ce mardi le contrat de filière nucléaire pour la période 2025-2028. Objectif : relancer l'atome en France et le programme EPR2. « Il y a l'ambition de se projeter dans les prochaines décennies », a indiqué Marc Ferracci, ministre de l'Industrie et de l'Énergie lors de la signature à Massy (Essonne).
Concrètement, le programme EPR2 prévoit la construction de six nouveaux réacteurs dont une paire à Penly (Seine-Maritime), une autre à Gravelines (Nord) et une au Bugey (Ain). Le premier réacteur devrait entrer en activité en 2038.
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Reste une grande inconnue : le coût financier. En se basant sur le dernier chiffrage disponible effectué par EDF en 2023, la Cour des comptes estime le coût d'un tel programme à 79,9 milliards d'euros.
Pas de surprise. Le Palais du Luxembourg a adopté la proposition de loi qui vise à freiner l'essor de la « fast fashion ». Cette mode « ultra-éphémère » incarnée par le géant Shein et ses vêtements à bas coût expédiés par millions depuis la Chine.
Après l'Assemblée nationale, il y a un an, le Sénat a donc dit oui à ce texte consensuel qui prévoit de définir les entreprises de la mode « ultra express » et de les assujettir à des obligations, tout en pénalisant les plus polluantes.
Mais le parcours législatif du texte n'est pas achevé : il est attendu en commission mixte paritaire à l'automne, où députés et sénateurs devront encore s'accorder pour la mise en œuvre de la réforme.
👉 Pour aller plus loin, décryptage avec Mathieu Viviani : Le Sénat adopte une loi ciblant surtout les géants de l'ultra fast-fashion
Ce sera une courte pause. Le dispositif d'aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov' redémarrera finalement le 15 septembre après une suspension cet été pour permettre d'identifier les dossiers frauduleux, a indiqué ce matin la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Samedi, Emmanuel Macron avait exhorté le gouvernement à « maintenir » le cap sur l'écologie, épinglant dans une interview à la presse quotidienne régionale les « incertitudes sur les dispositifs mis en place » après l'annonce de la suspension de MaPrimeRenov'.
Le dispositif est doté d'un budget de 3,6 milliards d'euros et « si jamais la demande est supérieure, on adaptera », avait ajouté, dimanche, Éric Lombard, le ministre de l'économie, soulignant par ailleurs qu'actuellement, « un dossier sur dix est un dossier frauduleux ».
👉 Au cœur de l'été, les élus locaux auront fort à faire pour espérer récupérer des millions du dispositif, César Armand vous l'explique ici : Ces élus locaux qui convoitent les milliards de MaPrimeRénov'
La Chine et les États-Unis ont repris leur deuxième cycle de négociations, après une première journée dont peu a transpiré et avec la volonté affichée de consolider la fragile trêve commerciale arrachée il y a un mois à Genève.
Cette rencontre intervient après un échange téléphonique jeudi entre les présidents américain et chinois, mais également après un brusque accès de tension la semaine passée, le président américain ayant accusé Pékin de ne pas respecter les termes de l'accord de désescalade signé à Genève, notamment en matière d'exportation de terres rares.
👉 L'Europe aussi est concerné par les problèmes d'approvisionnement. Si vous souhaitez en savoir plus sur les restrictions d'exportations de terres rares par Pékin, ça se passe ici : Pénurie de terres rares : pour sauver l'automobile, l'Europe négocie avec Pékin
Frapper la Russie au portefeuille. C'est ce que propose (à nouveau) la présidente de la Commission européenne alors que le conflit en Ukraine se poursuit. Ursula von der Leyen entend, dans un 18e « paquet » de sanctions, abaisser le seuil du prix de vente du baril de pétrole russe de 60 à 45 dollars.
Ce nouveau paquet de sanctions doit encore être approuvé par les 27 à l'unanimité. Deux États membres, la Hongrie et la Slovaquie, ont déjà exprimé leurs réticences.
« La force est le seul langage que la Russie va comprendre », a martelé Ursula von der Leyen. « Notre message est très clair : cette guerre doit cesser. Nous avons besoin d'un véritable cessez-le-feu et la Russie doit venir à la table des négociations avec une proposition sérieuse », a-t-elle poursuivi.
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