Stratégique. L'exploitation commerciale des minerais des fonds marins est l'un des enjeux centraux de la troisième conférence des Nations unies sur l'océan (Unoc-3), qui se tient à Nice du 9 au 12 juin. Ces minerais pourraient être utilisés par les industries technologiques (smartphones, semi-conducteurs, etc.) et les secteurs liés à la transition écologique, notamment la mobilité verte avec l'expansion des véhicules électriques.
Deux camps bien distincts se font face. Un groupe d'une trentaine d'États plaide pour un moratoire de 10 à 15 ans, incluant des économies importantes comme le Canada, le Royaume-Uni, le Brésil et la Nouvelle-Zélande. La France, en tant que deuxième espace maritime mondial, soutient également cette position et propose même une interdiction de l'exploitation minière des fonds marins.
Les États-Unis figurent parmi les pays favorables à l'exploitation. Sous l'impulsion d'un décret de Donald Trump, ils souhaitent accélérer l'exploitation industrielle des métaux du Pacifique, tant dans les zones sous juridiction américaine que dans les eaux internationales. Cette approche unilatérale suscite des préoccupations quant aux risques environnementaux, au respect du droit de la mer, et va contre l'avis de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM). Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a d'ailleurs souligné ce point, en indiquant que les fonds marins ne devraient pas être considérés comme une zone de non-droit et un « Far West ».