Emploi : Jacques Toubon déplore des discriminations persistantes à l'embauche

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Malgré des avancées notables, les discrimination à l'emploi sont toujours d'actualité.
Malgré des avancées notables, les discrimination à l'emploi sont toujours d'actualité. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Lors d'une intervention remarquée à la Fédération bancaire française, jeudi 13 septembre, le Défenseur des droits Jacques Toubon a rappelé que les discriminations étaient toujours pratiquées dans le monde du travail en dépit des progrès accomplis.

Les discriminations à l'emploi sont loin d'avoir disparu. Lors d'une table ronde organisée par la Fédération bancaire française (FBF), jeudi 13 septembre, le Défenseur des droits Jacques Toubon a tenu à rappeler que ce type de pratique était loin d'être un épiphénomène dans le milieu professionnel. En présence du ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard et de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, l'ancien ministre de Jacques Chirac a souligné notamment que « les banques sont loin d'être exemplaires en matière de discrimination.

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« Elles doivent développer une culture professionnelle de l'égalité », a-t-il ajouté en précisant que « les discriminations dans l'accès au crédit » sont toujours visibles. Jacques Toubon recommande à ce titre « de mettre en place un écosystème de lutte contre les discriminations. » Le Défenseur des droits a enfin souligné que « lutter contre les discriminations peut être vecteur de profits » pour les entreprises.

Stratégies de contournement

Après un propos liminaire sur son rôle de médiateur et de contrôleur, M.Toubon est revenu sur le chômage des jeunes en France qui touche 21 % des 18-24 ans. Des propos qui font écho à la récente polémique suscitée par les propos d'Emmanuel Macron à l'égard d'un jeune chômeur lors des journées européennes du patrimoine organisées à l'Elysée le week-end dernier.

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Face à ces difficultés, « nous avons remarqué que les personnes avaient développé des stratégies de contournement sur l'envoi des CV en enlevant leur nom ou la photo », a expliqué M. Toubon. Il a par la suite indiqué que l'institution qu'il dirigeait recevait régulièrement des réclamations de salariés qui dénonçaient des discriminations au moment de l'embauche ou pendant leur carrière (avec le congé de maternité notamment). L'ancien député s'est également inquiété du nombre de réclamations reçues « qui ne seraient pas représentatives » de l'ensemble des discriminations pratiquées en France, surtout « qu'il y a un taux de non recours au défenseur des droits important. »

Moins de discriminations dans le public depuis 2015

Cependant, plusieurs chercheurs du laboratoire Travail Emploi et Politiques Publiques (CNRS) indiquent, dans une étude publiée lundi 17 septembre, qu'ils ont observé pendant leurs recherches moins de discriminations dans l'emploi public que lors de leurs précédents travaux. « Il y a encore des écarts de traitements entre les candidats à l'emploi mais ils sont moins importants et beaucoup plus localisés.»

Selon les auteurs, les discriminations se concentrent principalement sur l'origine des candidats et moins sur leur lieu de résidence. S'ils avancent qu'ils ne sont pas capables de déterminer les causes, ils expriment cependant plusieurs hypothèses. La reprise des créations d'emplois dans un contexte économique plus favorable a pu diminuer l'ampleur des discriminations. La multiplication des offres d'emploi réduit le nombre de candidatures pour chaque offre ce qui entraîne une baisse des discriminations.

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L'étude fait également référence aux politiques publiques menées qui peuvent jouer un rôle dans la lutte contre les discriminations au travail avec « la loi égalité et citoyenneté et avec la diffusion des procédures de labellisation auprès de nombreux ministères et acteurs publics (label égalité, label diversité).»

Des inégalités persistantes

Malgré ces avancées, ce travail rappelle toutefois qu'il faut mieux s'appeler « Emilie Boyer et habiter rue Pasteur à Palaisau que s'appeler Jamila Benchargui et habiter la grande Borne à Grigny ». « Dans le secteur privé [...], on relève des discriminations significatives à l'encontre des personnes qui signalent une origine maghrébine par leur patronyme », relèvent les chercheurs du CNRS. Lors de la table ronde organisée à la Fédération bancaire française, plusieurs personnes sont venues témoigner des discriminations toujours présentes dans le milieu professionnel.

Après dix ans passés dans le secteur bancaire, Souad Boutegrabet, entrepreneuse des Déterminés et à la tête des Décodeuses (association pour la formation des femmes dans le secteur technologique)  a expliqué que l'une des raisons qui l'avait incité à quitter la banque était la persistance des discriminations. Selon une étude du ministère du Travail publiée en 2017, le salaire des femmes cadres dans la banque était inférieur de plus de 30 % à celui des hommes cadres. Parmi les branches étudiées, c'est l'un des écarts les plus importants. La mission du Défenseur des droits est loin d'être achevée.

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Commentaires
a écrit le 20/09/2018 à 12:04 :
exemple de discrimination : la compta
Majorité des comptables : femmes de moins de 35 ans
Effectif des genres à l'école 50-50
Nb de personnes de >35 ans dans un service : 1 et en générale ayant 45-60 ans

c'est évident que dans l'esprit de bien des responsables pourtant en générale des femmes, qu'il y'a de la discrimination par l'age, le métier de comptable n'est pas un métier nouveau, ils datent de plusieurs millénaires (8 pour être précis), dans un service, on devrait s'attendre aussi à avoir 50% d'hommes-50% de femmes vu que c'est ce qui sort des école, et au moins 30% de l'efffectif ayant plus de 45 ans et pas des services ayant quasi que des gamines qui sortent de l'école, qui en plus croient qu'elles vont faire carrière la blague, qqn devraient leur ouvrir les yeux ça leur éviteraient de faire des crédits sur 30 ans pour acheter des maisons hors de prix, qu'elles ne pourront plus payer, pour ma part j'ai abandonner, de toute façon en pause, la nouvelle génération à ses yeux rivés sur leur iphone...
a écrit le 19/09/2018 à 15:04 :
La question est de savoir pourquoi il y a discrimination et non pas d'effacer artificiellement le problème par une ségrégation positive!
Réponse de le 20/09/2018 à 12:15 :
1/ Et bien il y'a les biais de vision de métier dit genré par exemple comme agent de nettoyage. J'ai un pote au rsa qui a postulé à des offres dans une agence d'intérim spécialisée dont une offre en face de chez lui, il s'est vu par mail offrir une fin de non recevoir, car le métier n'est que pour les femmes...

2/ Il y'a aussi une forme de complot, prendre une population et trouver une forme de discrimination, pour créer une impression de difficulté, quant vous avez des difficultés à trouver du travail, vous n'êtes pas très gourmand en terme de salaire, dans l'intérim ils jouent beaucoup dessus, une commerciale de randstad lyon à avouée sur france inter en faire pour pousser les gens dans l'abime et les rentrer dans des tarifs plus compétitif.

Et y'a encore des dizaines d'exemple, il y'a eu un rapport d'étude parlementaire, début des années 2000, avec le pdg de bouygue, parlant de leurs méthodes de discrimination dans le btp, même en avouant il n'y a pas de peur, le vrai pb, c'est l'absence de justice, s'il y'avait une justice extrêmement forte, qui frapperait de 30 ans de prison ferme sans remise de peine, avec déchéance de la nationalité pour eux et leur descendants/collatéraux avec peine pour ceux-ci de bannissement à vie vers le timor orientale, avec cette épée de damoclès, de la discrimination, il n'y en aurait quasi pas.
a écrit le 19/09/2018 à 9:00 :
Tandis que l'union européenne parie sur une concurrence acharnée via le dumping social entre habitants européens mais aussi avec les habitants non européens, notre société civile est loin de valider cette pratique.

Le déclin affirmé de nos dirigeants ne peut pas éclairer les peuples, les premiers voient les étrangers comme des esclaves à exploiter les seconds comme des envahisseurs.
a écrit le 18/09/2018 à 23:08 :
Toubon depuis le temps qu'on le nourrit …
a écrit le 18/09/2018 à 21:40 :
Le systeme français finira égalitaire :

tous nous seront pauvres.


Et c'est bien avancé.
Réponse de le 19/09/2018 à 15:08 :
C'est la politique de cet administration qu'est UE de Bruxelles que vous définissez là! Il est plus facile d'unir tout ceux qui sont au même niveau social, les autres sont dans une caste au dessus!
a écrit le 18/09/2018 à 17:50 :
'''''Le salaire des femmes cadres dans la banque est inferieur à celui des hommes !'''''Presenter les choses comme ça n'a pas de sens .D'abord il faut parler comparativement aux postes occupés .Ensuite la seule comparaison valable sur les salaires est le taux horaire et non pas le salaire net qui depend des heures travaillées .Or on sait que les femmes font moins d'heure sup que les hommes.C'est un choix de vie car elles preferent consacrer plus de temps à leur vie de famille .Alors bien sur quand on fait des statistiques globales tout ça n'apparait pas et certaines crient à l'injustice .Elles savent trés bien de quoi il en retourne mais revent de gagner autant en faisant 40 h par semaine que celui ou celle qui en fait 50 !Bien sur quand on est responsable d'un entreprise on sait trés bien que cela n'ariverra jamais sinon c'est le feux aux poudres dans l'entreprise ........
a écrit le 18/09/2018 à 14:55 :
Les politiciens sont les premiers à faire de la discrimination. Pourquoi mettent-ils dos à dos les jeunes avec les seniors qui rencontrent pourtant les mêmes problèmes d'insertion ? Le système économique est discriminant, et c'est de la pure hypocrisie que de vouloir faire croire que le recrutement puisse y échapper.
a écrit le 18/09/2018 à 14:22 :
Il faut laisser faire le marché, trop d'angélisme fait faire des erreurs.

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