En 2017, les créations d'entreprises classiques s'envolent

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Si la dynamique des créations d'entreprises a notamment été entretenue par
les immatriculations de micro-entrepreneurs (+9%, après -0,3% en 2016), les
créations d'entreprises classiques ont également affiché des progressions
solides sur l'année, qu'il s'agisse des entreprises individuelles classiques (+
6%) ou des sociétés (+ 5%).
Si la dynamique des créations d'entreprises a notamment été entretenue par les immatriculations de micro-entrepreneurs (+9%, après -0,3% en 2016), les créations d'entreprises classiques ont également affiché des progressions solides sur l'année, qu'il s'agisse des entreprises individuelles classiques (+ 6%) ou des sociétés (+ 5%). (Crédits : Aladin Abdel Naby)
L'Insee n'a jamais enregistré autant de créations d'entreprises "classiques" (hors micro-entreprises) en 30 ans. Au total, en 2017, 349.000 sociétés de ce type ont été immatriculées au registre du commerce, contre 331.200 en 2016.

L'entrepreneuriat reste dynamique en France. Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce mardi 30 janvier, 591.000 entreprises ont été créées en France, soit 7% de plus qu'en 2016, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 2010. Ces bons chiffres interviennent alors que les chiffres consolidés de la croissance viennent confirmer une conjoncture favorable pour l'économie française. Les bonnes nouvelles s'enchaînent  pour l'exécutif qui mise beaucoup sur l'entrepreneuriat. Reste à savoir si la reprise sera durable malgré un marché du travail encore frappé par un chômage élevé.

[ Légende du graphique : en 2017, le nombre de créations de sociétés classique (bleu ciel) s'élève à 197 900; celui des entreprises individuelles à 151.600 - record depuis 2008; et les micro-entreprises, à 241.800, en décrue régulière depuis 2010. NB : le périmètre de l'étude couvre l'ensemble du secteur marchand hors agriculture. ]

> Lire aussi : En 2017, la croissance française a décollé pour atteindre 1,9%

Les entreprises classiques au plus haut

L'un des enseignements important de ces chiffres est que les créations d'entreprises classiques battent des records. L'Insee précise que, dans cette catégorie, il n'y a jamais eu autant de créations (349.000 en 2017) depuis que l'institut mesure et publie ces statistiques (1987). Les créations d'entreprises individuelles classiques augmentent de 6% (152.000 en 2017, contre 142.000 en 2016) et celles des sociétés de 5% (198.000, contre 189.000).

Du côté des micro-entreprises, les chiffres illustrent également une dynamique favorable. Les immatriculations de micro-entreprises ont bondi de 9%, soit 19.000 immatriculations supplémentaires après une légère baisse en 2016 (-0,3%) et un fort recul en 2015 (-21%). Du côté de la répartition des types d'entreprises, les économistes de l'Insee indiquent une relative stabilité dans les créations.

"En 2017, la part des micro-entrepreneurs dans le nombre total de créations augmente légèrement (41% après 40 % en 2016) et celle des sociétés diminue faiblement (33% après 34%). Celle des entreprises individuelles classiques reste stable à 26%."

Le regain des entreprises classiques dans la démographie d'entreprises françaises est donc plutôt un bon signal pour l'économie tricolore. En effet, la pérennité des micro-entreprises est souvent plus réduite et les limites de ce statut sont régulièrement soulignés par les auto-entrepreneurs malgré un régime fiscal avantageux.

> Lire aussi : Régime des auto-entrepreneurs : un bilan mitigé

Le commerce détrôné,

Autre fait saillant mis en évidence par les données publiées par l'Insee: pour la première fois depuis le début des années 2000, le commerce n'est plus le premier secteur créateur d'entreprises, désormais détrôné par les activités spécialisées, scientifiques et techniques.

Avec 103.000 nouvelles entreprises en 2017, ce secteur, notamment animé par une accélération dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion, représente 17% de l'ensemble des créations. D'après les données récoltées par l'institut, les femmes ont créé quatre entreprises individuelles sur dix en 2017. "Cette proportion est stable depuis 2015, alors qu'elle augmentait progressivement depuis 30 ans (29% en 1987 et 33% en 2000)".

Cette dynamique ne semble pas près de s'essouffler, un sondage OpinionWay (*) pour l'Union des auto-entrepreneurs dans la perspective du Salon des entrepreneurs qui se déroulera à Paris les 7 et 8 février, suggérant qu'un quart des Français envisagent de créer ou de reprendre une entreprise ou de se mettre à leur compte. Selon ce sondage, 2,6 millions de Français auraient d'ores et déjà un projet mûri, qu'ils envisagent de concrétiser dans les deux ans.

Toutes les régions connaissent des hausses

D'après les résultats obtenus par l'Insee, les créations d'entreprises sont en hausse dans toutes les régions, sauf la Guyane et la Martinique. Cependant, certaines régions comme l'Ile-de-France se démarquent particulièrement. La région francilienne "contribue pour près de la moitié à l'augmentation globale (+ 16.300 créations, soit une hausse de 10% par rapport à 2016)."

Dans la région parisienne, la hausse est due principalement à l'essor des créations dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 7.300), essentiellement dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (+ 6.200 créations, dont + 5.600 de micro-entrepreneurs).

 Recul des défaillances

La publication des chiffres de l'Insee intervient seulement quelques jours après la communication des chiffres du cabinet Altares qui signalent un vrai recul des défaillances d'entreprises en France. Le nombre de défaillances a poursuivi son reflux en 2017 en France pour s'inscrire à 55.175, soit 4,6% de moins qu'en 2016. Ce recul est un bon signe pour l'emploi, même si la France conserve un taux de chômage relativement élevé au regard de ses voisins européens.

> Lire aussi : Entreprises : les défaillances au plus bas depuis 2008

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(*) Cette enquête, produite avec le soutien de la Fondation Le Roch Les Mousquetaires et la participation du fournisseur de technologies de gestion Sage à l'occasion du 25e Salon des Entrepreneurs, a été réalisée en ligne du 16 au 18 janvier auprès d'un échantillon de 2.051 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 511 potentiels créateurs d'entreprise.

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a écrit le 31/01/2018 à 10:32 :
CE qu'il manque dans ce genre d'article est le mode de financement de ces entreprises, parce que la BPI fonctionne beaucoup mais cela reste, une énième fois, l'argent du contribuable.

Comparer part d'investissement public et privé permettrait de voir si les actionnaires milliardaires commencent enfin à se réveiller ou bien si c'est encore une fois surtout notre argent qui fait tout.
a écrit le 30/01/2018 à 18:46 :
Merci HOLLANDE d'avoir redressé la FRANCE après 10 années de n'importe quoi. Malheureusement, à part faire du vent, son successeur ne fait pas grand-chose afin d'amliorer la compétitivité de l'industrie française et pour baisser le déficit public. Une nouvelle cigale qui va laisser ses successeurs réparer ses bêtises.
a écrit le 30/01/2018 à 18:42 :
Typiquement pas le genre d'activités dont on n'a pas besoin.

Ce qu'il nous faut ce sont des industries qui conçoivent et construisent les produits made in france qui permettront enfin aux français d'acheter autre chose que des cochonneries made in china, ou des outils bien foutus mais made in Germany.
a écrit le 30/01/2018 à 17:44 :
Quand il n' y a a plus d' entreprises car elles sont délocalisées à l' est à 400 euros mensuels à l' est, elle ne risquent pas de faillir ..! Créer une entreprise de 2 personnes pour loger un couple relève de M Bricolage.
Et pendant qu' on nous raconte des histoires, le chômage explose de manière exponentielle.

Le constat sur janvier est ébouriffant.

400 licenciements chez Sanofi, 900 licenciements chez Société Générale, 1800 licenciements chez Peugeot, 2500 chez Carrefour ..qui dit mieux ?

Nestlé 600 licenciements prévus, Bosch Rodez 800 licenciements, on évoque de 3700 licenciements au Crédit Lyonnais.

https://www.upr.fr/actualite/un-aveu-terrible-du-figaro-en-7-ans-le-chomage-na-pas-baisse-une-seule-fois

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