Les créations d'entreprises s'envolent

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En novembre 2017, les créations d'entreprises classiques se replient légèrement (−0,9 %).
En novembre 2017, les créations d'entreprises classiques se replient légèrement (−0,9 %). (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
D'après les derniers chiffres de l'Insee, les créations d'entreprises ont connu un sursaut au mois de novembre. Ce dynamisme est particulièrement porté par la forte hausse des immatriculations de micro-entrepreneurs. Les entreprises classiques ont connu de leur côté un faible repli (-0,9%).

Le dynamisme de l'entrepreneuriat ne faiblit pas. Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce 14 décembre, le nombre de créations d'entreprises en France a accéléré en novembre bondissant de 5,5% après avoir déjà progressé franchement en octobre. Ce nouveau rebond s'inscrit dans une tendance favorable de plusieurs mois pour la démographie d'entreprises françaises.

Un record depuis mars 2010

Au mois dernier, le nombre total de créations d'entreprises s'est élevé à 54.481. Ce nombre jamais atteint depuis mars 2010 est principalement dû à la forte hausse des immatriculations de micro-entrepreneurs (+15,1% à partir des données corrigées des variations saisonnières). A l'opposé, les créations d'entreprises classiques reculent. Le mois dernier, 40,7% des créations enregistrées étaient des demandes d'immatriculation de micro-entrepreneurs contre 25,6% pour les entreprises individuelles et 33% pour les sociétés.

La forte hausse observée à partir de 2009 correspond à l'entrée en vigueur du régime des auto-entrepreneurs. Ce statut permet au salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour accroître leurs revenus avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux. Depuis le 19 décembre 2014, "de nouvelles dispositions définies par la loi Pinel de juin 2014 s'appliquent au régime de l'auto-entrepreneur. En particulier le terme de micro-entrepreneur se substitue à celui d'auto-entrepreneur", rappelle l'Insee.

Si la micro-entreprise fait preuve d'un dynamisme apparent, ce type de créations présente des limites. Les économistes de l'Insee rappelaient au mois de septembre dernier, que cinq ans après leur mise en route, seules 23% des micro-entreprises sont encore actives. Pour les entreprises classiques, la pérennité à cinq ans est beaucoup plus élevée (60,4%), y compris pour les entreprises individuelles.

| Lire aussi : Régime des auto-entrepreneurs : un bilan mitigé

Un fort rebond en glissement annuel

Sur les trois derniers mois, le nombre cumulé de créations a augmenté nettement (+14,1%) par rapport à la même période un an plus tôt. Du côté des micro-entreprises, les immatriculations sont en forte hausse (+19,4%), de même que les créations d'entreprises individuelles classiques (+15,2 %). Sur cette période, l'organisme de statistiques souligne que "le soutien aux entreprises et le commerce sont les secteurs qui contribuent le plus à la hausse globale".

Le transport toujours dynamique

Par secteur, les résultats de l'institut indiquent que le secteur des transports est celui qui a augmenté le plus en novembre par rapport en octobre (+20,6%). Le second secteur le plus dynamique est le soutien aux entreprises (+14,5%). En glissement annuel sur les trois derniers mois, la hausse la plus spectaculaire concerne les activités immobilières (+28,3%) suivies du soutien aux entreprises (20,5%). La bonne santé des créations d'entreprises dans le secteur des transports dure depuis des années comme le rappelaient les experts de l'Insee dans une étude en janvier dernier :

"Les créations d'entreprises dans les transports et l'entreposage progressent très fortement depuis quelques années : + 56 % en 2016, après + 46 % en 2015 et + 35 % en 2014. En 2016, c'est dans ce secteur que la croissance des créations d'entreprises est la plus importante. Cet envol est dû au succès grandissant des 'autres activités de poste et de courrier', incluant la livraison à domicile (13.500 créations en 2016 après 3.900 en 2015 et 1.900 en moyenne chaque année depuis 2009)."

Le développement du transport de voyageurs par taxi est le second facteur expliquant l'essor de ce secteur. Il représente 13.400 créations en 2016, après 10.200 en 2015 et 6.900 en 2014. Cette forte activité peut s'expliquer en partie par "le développement des entreprises de voitures de transport avec chauffeur (VTC) depuis l'application de la loi Thévenoud sur les taxis et VTC. Dans cette activité, les sociétés constituent 53 % des créations et contribuent à la totalité de la hausse".

Recul des défaillances d'entreprises

Dans un communiqué publié il y a quelques jours, la Banque de France a signalé que le nombre de défaillances d'entreprises enregistrées par ses services continuent de baisser régulièrement. A la fin du mois de septembre dernier, le nombre de défaillances sur les douze derniers mois cumulés baisse de 7,3%. Il s'élevait à 59.402. Par taille d'entreprises, "les défaillances cumulées reculent pour l'ensemble des PME (-7,4 %), et augmentent sur le segment des ETI-grandes entreprises".

D'après l'institution bancaire, le repli des défaillances concerne la majorité des secteurs économiques. Les secteurs de la construction et des activités immobilières connaissent les plus forts reculs du nombre de défaillances sur 12 mois (-14%). "Le cumul des défaillances diminue également dans d'autres secteurs, notamment celui de l'hébergement et restauration (-8,6 %) et des conseils et services aux entreprises (-7,5 %)." En revanche, les destructions d'entreprises dans l'agriculture, la sylviculture et la pêche se poursuivent mettant en exergue la crise qui perdure dans le secteur agricole.

| Lire aussi : Crise agricole : la France peut-elle se passer de paysans ?

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Commentaires
a écrit le 28/12/2017 à 12:15 :
En tous cas ce n'est pas grâce à nôtre nouveau Roi-Soleil.
Le résultat de ses efforts ne sera visible que dans 3 ou 4 ans.
Nous verrons alors ce qu'il en est.
Remércions Draghi et la BCE
a écrit le 15/12/2017 à 16:30 :
Les mandataires judiciaires vont faire la fête avec cette nouvelle vu que dans les 2 à 5 ans beaucoup vu la conjoncture atone et le faible pouvoir d'achat des citoyens en comparaison des lourdes charges mettrons la clefs sous la porte en enrichissant les libéraux du secteur de la justice et les huissiers...
Réponse de le 16/12/2017 à 8:37 :
Conjoncture atone ?? A combien vous fixez la barre pour plus être atone svp ?
a écrit le 15/12/2017 à 13:51 :
Un bravo à Draghi qui a su resister aux pressions de nos amis d'Outre Rhin.
Espérons qu'il tienne bon encore longtemps.
C'est grâce à sa politique monétaire que nous nous en sortirons.
a écrit le 15/12/2017 à 12:25 :
Ben oui c'est LE problème croissant auquel il va bien falloir s'attaquer un jour si on veut retrouver du pouvoir d'achat des ménages et donc de la véritable croissance.

Comme on le voit, chaque semaine des milliers d'emplois sont supprimés et au sein de notre chômage de masse la seule issue semble de se mettre en auto entreprise pour essayer de subsister or cette tendance s'accompagne d'une baisse massive des revenus des ménages amputant donc la croissance.

Les financiers ont ignoré les inégalités, ils ont ignoré le chômage, ils ont ignoré l'esclavagisme salarial et si les états n’étaient pas là pour sauver leurs fesses en permanence ça fait belle lurette que leurs ignorances les auraient emporté.

L'économie dans les mains de gens non éclairés ça ne peut plus durer.
Réponse de le 15/12/2017 à 17:21 :
Je suis ce que vous appelez un "financier".Je n'abonde pas dans votre sens,vous représentez la France comme la Corée du Nord.Sortez et allez voir la frénésie actuelle dans les centres commerciaux,dans les boutiques de luxe et dans le batiment.Cette frénésie est patente.Et non,l'économie dans les mains d'un Mélanchon ou d'un Hamon seraient une catastrophe
Réponse de le 15/12/2017 à 18:53 :
arretez de pleurnicher 5 mn; les gens qui sont obliges de s'auto employer le sont parce que certains ont hurle pendant 30 ans qu'ils se faisaient exploiter et voler sur leur dos laborieux par un patron negrier.........
la, y a plus personne pour les exploiter, ce qui est donc un bonheur juste............ils n'ont qu'a s'autoexploiter eux memes ( et comme disait attali ' ca va pas etre facile pour tout le monde', mais bon que chacun recolte ce qu'il a seme)
Réponse de le 16/12/2017 à 17:45 :
"arretez de pleurnicher 5 mn"

Comme d'habitude vous êtes incapable de commencer un commentaire sans diffamer du coup je ne li pas le reste forcément sans intérêt et je vous signale.

"Je suis ce que vous appelez un "financier""

Avec un pseudo comme ernest antoine voulant nous faire croire à Seillière ? Non mais vous me prenez pour un dindon ou quoi ?

"vous représentez la France comme la Corée du Nord"

Vous parlez comme churchill qui comme par hasard m'a aussi répondu...

"Sortez et allez voir la frénésie actuelle dans les centres commerciaux,dans les boutiques de luxe et dans le batiment"

Et ?

"Cette frénésie est patente"

Oui et ?

"Et non,l'économie dans les mains d'un Mélanchon ou d'un Hamon seraient une catastrophe "

Oui mais ?

Bref vous êtes totalement hors sujet vous ne faites que troller.

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