Entreprises : les défaillances au plus bas depuis 2008

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La construction maintient en 2017 le rythme rapide (-10%) de reflux des défaillances, à la fois dans les métiers du bâtiment et dans l’immobilier. Les procédures sont en baisse de 8% dans le gros œuvre, 9% dans le second œuvre, 25% dans les travaux publics et 26% pour les agences immobilières.
La construction maintient en 2017 le rythme rapide (-10%) de reflux des défaillances, à la fois dans les métiers du bâtiment et dans l’immobilier. Les procédures sont en baisse de 8% dans le gros œuvre, 9% dans le second œuvre, 25% dans les travaux publics et 26% pour les agences immobilières. (Crédits : © Neil Hall / Reuters)
Le nombre de défaillances d'entreprises s'est élevé à 55.175 en 2017 confirmant ainsi le net repli de 2016. Ce dynamisme reflète une conjoncture économique relativement favorable. Mais les risques financiers subsistent toujours, prévient le cabinet Altares dans une récente étude.

L'entrepreneuriat retrouve des couleurs. Selon des données du cabinet d'études Altares publiées ce jeudi. Le nombre de défaillances d'entreprises a poursuivi son reflux en 2017 en France pour s'inscrire à 55.175, soit 4,6% de moins qu'en 2016.

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Des emplois préservés

Dans ce contexte, le nombre d'emplois menacés par des procédures collectives a reculé sensiblement, "et tombe pour la première fois depuis 10 ans clairement sous le seuil des 200.000". Il atteint 166.500, soit 30.000 de plus qu'en 2016. Ces 30.000 emplois préservés, auxquels s'ajoutent les créations nettes d'emploi (269.000 comptabilisées sur les neuf premiers mois par l'Insee), "illustrent la réalité d'un retour de la croissance en 2017", déclare Thierry Millon, directeur des études d'Altares.

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Des créations bien orientées

Selon le cabinet indépendant, les créations d'entreprises sont très bien orientées en 2017 comme en 2016. Le nombre de nouveaux entrepreneurs individuels hors micro-entrepreneurs (ex-autoentrepreneurs) a franchi, selon l'Insee, le cap des 150.000 pour la première fois depuis mars 2009 en glissement annuel, pendant que les sociétés nouvelles sont au plus haut à près de 198.000. Cependant, ce constat doit être nuancé.

"En effet, même si l'Insee observe une meilleure pérennité des entreprises créées en 2010 par rapport à leurs aînées de 2006 voire 2002, il demeure que la moitié des entreprises individuelles et le tiers des SARL ne fêtent pas leur cinquième anniversaire."

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Thierry Millon souligne d'ailleurs que "l'entrepreneur doit rester vigilant".

"L'insolvabilité des clients guette toujours. Les commandes reviennent et avec elles, les litiges commerciaux. Le risque financier se niche derrière chaque contrat. "

Des défaillances importantes en fin d'année

La fin d'année 2017 a été marquée par des défaillances importantes pour les sociétés de plus de 100 salariés. 33 entreprises de ce type (contre 24 un an plus tôt) ont fait l'objet d'une procédure collective. L'étude rappelle également que près de 9 entreprises défaillantes sur 10 sont des TPE de moins de six salariés et affichent un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 million d'euros chaque année.

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La construction se porte bien

Le recul des défaillances d'entreprises est particulièrement visible dans le secteur de la construction (-10%), à la fois dans les métiers du bâtiment et de l'immobilier. Une tendance qui se confirme dans l'enquête conjoncturelle de l'Insee publiée ce vendredi. Elle signale une bonne confiance des chefs d'entreprises dans l'industrie du bâtiment. Le secteur des services aux entreprises connaît également une sérieuse baisse des défaillances (-9%) "malgré une légère dégradation en fin d'année, essentiellement dans les services administratifs dont les activités de sécurité privée ou de nettoyage de bâtiments". Dans le commerce de détail, l'habillement (-17%) s'est fortement redressé en 2017 malgré une filière textile en crise depuis des années.

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Du côté des secteurs en difficultés, l'hébergement est sévèrement touché (+19%) et en particulier l'hôtellerie. Le domaine de la santé humaine est également touché par une hausse des destructions d'entreprises (+8%). L'agriculture apparaît aussi comme un secteur toujours autant sinistré (+10%). Dans l'élevage, la baisse est particulièrement considérable (+19%), notamment l'élevage de vaches laitières (+19%) ou d'autres bovins ( +38%).

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Dans les activités d'assurance et financières, celles d'agents et courtiers d'assurances ont enregistré une hausse du nombre de défaillances de 22% sur l'année. L'hébergement pour sa part a connu une nette remontée de 19% des défaillances.

Sérieuse baisse pour l'Ile-de-France

Au niveau des régions, l'Ile-de-France, qui concentre une défaillance nationale sur cinq, enregistre une baisse de 6,8% à 11.489 procédures. "C'est la meilleure valeur sur dix ans, très proche de celle de 2007 (11.317), et une des plus faibles sur vingt ans. Sur cette dernière période, le nombre de défaillances d'entreprises est tombé juste sous le seuil des 11.000 qu'à trois reprises, en 2000, 2001 et 2006."

Les autres régions à avoir connu une baisse relativement importante des défaillances sont le Grand-Est (-6,7%), les Pays de la Loire (-6,6%) et la Normandie (-6,4%). En revanche, la démographie d'entreprises dans la région Provence-Alpes-Côte-D'Azur est en moins bonne santé avec une hausse des défaillances de 3,6%. Les Alpes-Maritimes (+6%) et les Bouches-du-Rhône (+7%), qui pèsent ensemble les deux tiers des défaillances régionales, sont dans le rouge.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2018 à 19:25 :
Evidemment, il n' y en a presque plus puisque tout est délocalisé ...

Heureusement qu' il nous reste le joueur de flûte de Hamelin...



Si le chômage n’a pas baissé une seule fois en 7 ans, alors que le démantèlement de toute notre législation sociale bat son plein et que le patrimoine public est vendu à l’encan, c’est donc bien que les raisons de la montée inexorable du chômage ne se situent pas là où la Commission européenne, la BCE et « L’RPS » (nouveau surnom de « UMPS ») nous disent qu’elles se situent.

Comme le savent tous les adhérents et sympathisants de l’UPR, les vraies raisons du chômage sont dues aux traités européens, qui interdisent toute protection des marchés et qui autorisent toutes les délocalisations industrielles en mettant en concurrence frontale les salariés français avec les salariés de pays où l’on gagne 15 à 20 fois moins.

https://www.upr.fr/actualite/un-aveu-terrible-du-figaro-en-7-ans-le-chomage-na-pas-baisse-une-seule-fois
Réponse de le 27/01/2018 à 23:15 :
Au contraire, les créations d’entreprises sont au plus haut depuis plus de 10 ans.

http://nouvelentrepreneur.fr/actualite-entreprise/la-creation-dentreprise-atteint-son-niveau-le-plus-eleve-depuis-10-ans-14092017
a écrit le 26/01/2018 à 17:41 :
d'après l'observatoire Banque Palatine des PME - ETI, les patrons sont très optimistes pour 2018 (emploi, investissement, croissance).
après le creux traditionnel de décembre/janvier, les offres de jobs sont de nouveau à des niveaux élevés (sur Ouestjob/Apec/Cadremploi, du moins). voir sur Ouestjob les articles sur les perspectives 2018 du marché du travail.

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