Après avoir endossé le rôle d'assureur durant la crise Covid avec son "quoiqu'il en coûte", l'Etat poursuit sa mission de protecteur du tissu économique. Pour affronter le ralentissement économique lié aux conséquences de la guerre en Ukraine, faire face à l'inflation, à la hausse des prix de l'énergie et la pénurie de matières premières, ces derniers mois, l'Etat a mis en place, ou prolongé une série de dispositifs et d'aides visant à soutenir les entreprises fragilisées. La Tribune fait le point sur les différents dispositifs disponibles pour aider les entreprises en difficulté.
Bercy a décidé de prolonger, jusqu'à la fin de l'année, le plan d'accompagnement aux entreprises en difficultés, qui avait été lancé mi-2021 pour aider les sociétés fragilisées à sortir progressivement de la crise sanitaire. L'objectif est de « s'assurer que les fragilités financières de chaque entreprise puissent être détectées de manière anticipée et que ces dernières soient orientées vers le dispositif de soutien le plus adapté à leur besoin », est-il précisé sur le site de Bercy.
Concrètement, dans chaque département, un conseiller spécial nommé a pour mission d'orienter et d'accompagner les chefs d'entreprise qui rencontrent des difficultés dans leurs démarches. « Il s'agit d'un guichet unique avec des interlocuteurs à l'écoute des difficultés des entreprises qui peuvent orienter les dirigeants vers tous les organismes, acteurs, dispositifs et procédures dédiées selon le type de difficulté », précise Emmanuel Drai, avocat au cabinet Simon Associés, pôle Difficultés des entreprises. Cet interlocuteur peut mobiliser un panel d'outils d'accompagnement financier mis en place par l'État (aménagement des dettes sociales et fiscales par exemple), ou encore orienter les patrons vers les services de la médiation du crédit de la Banque de France, la médiation des entreprises ou les tribunaux de commerce. « L'entreprise n'a donc pas besoin d'examiner le panel de soutiens possibles. Ces conseillers savent l'orienter », ajoute Emmanuel Drai, qui est également représentant de l'ARE (Association pour le retournement des entreprises) au sein des comités départementaux de sortie de crise de la Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise.