Faire du sport pourrait économiser près de 200 milliards d'euros
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Les coûts évités par la pratique sportive et l'activité physique sont sous-estimés et s'élèvent entre 194 et 254 milliards d'euros.
Petre Thomas
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Les coûts évités par la pratique sportive et l'activité physique sont sous-estimés et s'élèvent entre 194 et 254 milliards d'euros.
Petre Thomas
Une meilleure santé physique et mentale, une réussite scolaire améliorée et moins d'absentéisme... Les coûts évités par la pratique sportive et l'activité physique sont sous-estimés et s'élèvent entre 194 et 254 milliards d'euros (entre 7,3% et 9,6% du PIB), relève une étude publiée lundi par les partenaires sociaux du sport. L'étude présentée par l'observatoire des métiers du sport (OMS, qui regroupe les syndicats et le patronat du sport), s'est penchée sur « l'impact sociétal, social et économique du sport ».
« Les bénéfices de la pratique sportive sont sous-estimés dans la sphère publique », expliquent les partenaires sociaux du sport, à l'initiative de ce rapport. C'est dans le domaine de la santé que le coût évité est le plus important: 140 milliards d'euros. Les bénéfices de l'activité physique, même modérée, tant pour les personnes en bonne santé que dans le cas de certaines maladies (diabète, anxiété, dépression légère, arthrose, cancers, etc.) sont régulièrement, et depuis des années, mis en avant par les études scientifiques.
Outre la santé physique et mentale, le sport est aussi un « catalyseur en termes d'insertion professionnelle » et « de réussite éducative et de cohésion sociale ». Pour cette étude, « une définition élargie des activités physiques et sportives a été privilégiée, incluant des pratiques formelles et informelles, individuelles et collectives, récréatives et compétitives », et elle passe en revue de nombreuses études françaises et étrangères.
En termes de développement de « compétences transversales », le sport permet de développer « les compétences sociales et comportementales, comme l'écoute, la gestion des conflits, le travail d'équipe, ou encore le leadership, particulièrement précieuses dans des métiers nécessitant collaboration ou contact humain ». Il favorise « l'autonomisation et la responsabilisation, en incitant à la prise de décision », ajoute l'étude.
Selon cette étude, réalisée par le cabinet Pluricité et le Centre de droit et d'économie du sport (CDES), un euro investi dans le sport génère une économie directe ou indirecte de dépense publique de 13 euros. Président du Cosmos (patronat du sport), Philippe Diallo, aussi président de la FFF, juge que cette étude « arrive à point nommé pour rappeler l'incroyable potentiel du sport, et ce, alors que les moyens alloués à ce secteur sont en baisse ». « En mettant en lumière les multiples bénéfices du sport pour la société, elle nous offre une argumentation solide pour défendre et renforcer l'investissement dans le sport », souligne-t-il dans un communiqué.
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Cette étude est publiée alors que le projet de budget 2025 inclut une réduction de plus de 100 millions d'euros du budget du ministère des Sports, l'État étant à la recherche d'économie pour réduire son déficit. Si on y ajoute le retrait des crédits exceptionnels accordés en 2024 liés aux Jeux olympiques et paralympiques, ces baisses feraient passer ce budget de près de 900 millions d'euros en 2024 à quelque 600 millions d'euros en 2025. Le gouvernement avait par ailleurs tenté de déposer un amendement introduisant une baisse supplémentaire de 34 millions d'euros, rejeté par le Sénat.
Ces projets de baisses sont abondamment critiqués depuis plusieurs jours par nombre d'acteurs du monde du sport, dont le judoka Teddy Riner et le nageur Léon Marchand. Dans une déclaration à L'Équipe, le président Macron avait même donné « raison » mercredi dernier aux athlètes dont plus de 400 ont signé une tribune parue dans le quotidien sportif pour protester contre cette baisse.
« Depuis 2017, j'ai veillé à ce que le budget du sport augmente chaque année », souligne le chef de l'État. « Il faut tenir nos engagements et mettre les moyens pour nos sportifs et pour que l'héritage des Jeux bénéficie à tous », ajoute-t-il.
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La ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin a estimé, elle, vendredi dernier sur Franceinfo que la coupe de plus de 100 millions d'euros prévue dans le budget du ministère des Sports n'est « probablement (...) pas le point d'arrivée du compromis » qui sera trouvé par les parlementaires. « Les parlementaires trancheront. Je pense qu'ils ont entendu tout le pays, et probablement que la coupe de 100 millions n'est pas le point d'arrivée du compromis », a avancé Amélie de Montchalin. Selon elle, « quand vous avez tous les parlementaires de tous les bords, toute la société civile qui vous dit ce n'est pas le bon équilibre, il faut l'entendre », a-t-elle déclaré vendredi.
(Avec AFP)
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