Emmanuel Macron et François Bayrou s’accrochent sur le budget du sport

Si le Budget est encore loin d'être acté au Parlement, la coupe est déjà pleine pour de nombreux acteurs du sport français.
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Si le Budget est encore loin d'être acté au Parlement, la coupe est déjà pleine pour de nombreux acteurs du sport français.
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Premier accrochage public entre le président Emmanuel Macron et son Premier ministre François Bayrou. L'objet de la tension : un rabotage en 2025 de près de 30 % du budget du ministère des Sports, par rapport à l'année dernière. Défendue par le locataire de Matignon, l'idée a été rejetée par le président de la République ce mercredi après-midi.
À l'origine, Matignon a décidé une première baisse d'environ 273 millions d'euros, le budget annuel de ce ministère passant de 775 millions d'euros en 2024, à environ 600 millions d'euros cette année. Dans un amendement au Sénat, le gouvernement a ensuite proposé un nouveau coup de rabot de 34 millions d'euros. Mais celui-ci a été finalement rejeté, laissant une commission mixte paritaire le soin de trancher la semaine prochaine.
Si le budget est encore loin d'être acté au Parlement, la coupe est déjà pleine pour de nombreux acteurs du sport français, notamment les hauts cadres de fédérations, ou des sportifs connus du grand public. En guise de protestation contre ce rabotage, deux tribunes ont été publiées dans la presse française, la première mardi dans L'Équipe (425 signataires), la seconde aujourd'hui dans Le Parisien (5 000 signataires).
« Ce n'est pas seulement une économie, c'est un sabotage du vivre-ensemble », accusent notamment les signataires. Dans un courrier adressé au Premier ministre (daté de lundi), David Lappartient, le président du Comité olympique français (CNOSF) a de son côté jugé « incompréhensible » cette coupe. Pour lui, c'est un « un coup dur à un budget qui peine déjà à atteindre 1 milliard d'euros, et ne représentait déjà qu'à peine 0,2 % du budget de l'État ».
Ce mercredi, le gouvernement a tenté de répondre à cette polémique par l'intermédiaire de sa porte-parole. « Nous avons eu une séquence exceptionnelle en 2024 avec des budgets qui avaient été augmentés pour le sport, il est légitime que nous revenions à un étiage plus raisonnable », a ainsi déclaré ce matin Sophie Primas. Pas de quoi calmer le mécontentement, notamment chez plusieurs membres du Parlement, comme les députés LR, qui s'opposent à cette baisse de crédits alloués sports.
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Face à cette cacophonie, le président de la République a finalement sifflé la fin de la partie vers 15 h 30 cette après-midi. Dans le quotidien L'Équipe Emmanuel Macron a donné « raison » aux athlètes olympiques et paralympiques protestataires, expliquant que l'État devait « tenir » ses « engagements » après les JO. « Vous avez raison. Depuis 2017, j'ai veillé à ce que le budget du sport augmente chaque année », a aussi déclaré le chef de l'État. « Il faut tenir nos engagements et mettre les moyens pour nos sportifs et pour que l'héritage des Jeux profite à tous », a-t-il insisté. Sans d'autres précisions chiffrées.
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Une consigne qui semble ravir la ministre des Sports elle-même. Dans une interview accordée à la chaîne Public Sénat en fin d'après-midi, Marie Barsacq a estimé que l'effort demandé au sport « est trop conséquent au regard de ses moyens. 33 % de réduction de budget, c'est vraiment beaucoup ». Pour la ministre, il est nécessaire de « s'en tenir à la mouture [du budget] du gouvernement Barnier ». La commission mixte paritaire, sur le projet de loi de finances sera « le moment de dialogue, de mettre les sujets sur la table ».