Le Premier ministre vise un déficit ramené à 4,6 % pour enrayer la progression de la dette publique. Sur RTL ce dimanche, il a aussi défendu les dernières avancées sur les retraites des femmes, tout en se montrant combatif face à la motion de censure du PS qu'il affrontera mardi.
Alors que son gouvernement doit affronter mardi une motion de censure déposée par les socialistes, François Bayrou a réaffirmé ce dimanche sa volonté de redresser les comptes publics. Invité de RTL, le Premier ministre a fixé un cap : ramener le déficit public à 4,6 % du PIB d'ici 2026. Une trajectoire qu'il qualifie lui-même de « pente », et qui permettrait, selon lui, de stabiliser la dette.
« Mon objectif est que, pour les dépenses publiques, nous nous retrouvions avec une pente, dans quatre ans, à un niveau tel que la dette n'augmente plus », a expliqué le chef du gouvernement. Et de prévenir : « Ce ne sera pas simple, mais il y a un critère : c'est que tout le monde participe à cet effort. » Un grand plan de redressement des finances publiques doit aussi être présenté entre le 15 et le 17 juillet.A Chartres, mardi, François Bayrou doit aussi annoncer un élargissement du champ de compétences des préfets pour assurer une meilleure coordination du rôle des acteurs publics.
Sur le dossier des retraites, le chef du gouvernement a confirmé que l'État reprendrait la main après le conclave entre syndicats et patronat. « Si les organisations considèrent que ce n'est plus leur heure, on tranchera. Je n'ai aucun problème avec cette décision », avait-il déjà pu déclarer, tout en saluant les avancées obtenues, notamment pour les femmes. « Ça n'a pas été un échec, on a été à l'extrême bord d'un accord ».
« Pour les femmes qui ont eu un enfant, on ne calculerait leur retraite que sur les 24 meilleures années. Et pour celles qui en ont eu deux ou plus, sur les 23 meilleures. C'est un progrès important », a estimé François Bayrou, qui souhaite également abaisser à 66,5 ans (contre 67 actuellement) l'âge de départ sans décote pour certaines mères de famille.
La motion de censure du PS,« c'est une blague »
Le Premier ministre a par ailleurs balayé la motion de censure du PS, qualifiée de « blague ». « Le Parti socialiste fait une censure pour montrer qu'il est dans l'opposition », a-t-il ironisé. Mais en coulisses, la majorité reste sous pression. En cas de vote défavorable, une dissolution de l'Assemblée nationale redeviendra possible dès le 8 juillet.
« Nous souhaitons que François Bayrou ne soit plus Premier ministre et qu'il y ait un véritable changement, que nous trouvions un interlocuteur à Matignon », a déclaré le patron du PS Olivier Faure dimanche sur LCI. Il répondait à l'ex-président François Hollande, qui a annoncé qu'il voterait la censure, tout en la qualifiant de simple « coup de semonce » dès lors que le RN a d'ores et déjà exclu de s'y associer.
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Le Premier ministre a par ailleurs estimé qu'il y avait « une majorité » au Parlement pour voter en faveur d'un mode de scrutin proportionnel aux élections législatives et qu'il présenterait un texte en fin d'année après le budget ou en début d'année prochaine. Il a dit « avoir confiance dans ses capacités pédagogiques » pour convaincre.
Enfin,face aux accusations d'immobilisme, y compris au sein du bloc central - J« e n'ai pas été Premier ministre en me tournant les pouces », a affirmé récemment Edouard Philippe, le patron d'Horizons sur RTL - François Bayrou a défendu son travail quotidien, de 07H30 à minuit, et estimé qu'il faisait à cet égard l'objet « d'accusations destinées à nuire. »