"Gilets jaunes" : des "scènes de chaos" mais une mobilisation et des violences en baisse

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"gilets jaunes": des centaines d'interpellations a paris
Christian Hartmann

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"gilets jaunes": des centaines d'interpellations a paris
Christian Hartmann
Les "Gilets jaunes" ont un peu moins mobilisé et les dégâts ont été moindres que la semaine dernière. Tel est le bilan de la quatrième journée de manifestation du 8 décembre. Au total, quelque 136.000 manifestants ont encore envahi les rues ce samedi. Il y a eu sur l'ensemble du territoire 11.000 manifestants de moins que le 1er décembre. Un dispositif "exceptionnel" avait été prévu, avec 89.000 membres des forces de l'ordre déployés sur l'ensemble du territoire, dont 8.000 à Paris appuyés par 14 véhicules blindés à roue, déployés pour la première fois de leur histoire dans la capitale.
Autre fait à noter : les violences ont été moins importantes que la semaine dernière. Certes, il y a eu des tirs de gaz lacrymogènes aux abords des Champs-Elysées, des vitrines brisées sous les lumières de Noël et des voitures brûlées à Paris mais aussi des heurts et dégradations à Bordeaux, Toulouse, Marseille et encore Nantes, et toujours des blocages sur les routes. Mais si les images de samedi ont une nouvelle fois marqué les esprits, elles restent sans commune mesure avec les scènes de guérilla urbaine aux alentours de l'Arc de Triomphe observées la semaine dernière à Paris.
Au total, 1.723 personnes ont été interpellées samedi, qui ont débouché sur 1.220 gardes à vue, selon un bilan donné dimanche matin par le ministère de l'Intérieur.
Il y a eu "beaucoup plus de dégâts" matériels que lors de la manifestation du 1er décembre, a estimé dimanche Emmanuel Grégoire, 1er adjoint de la maire PS Anne Hidalgo.
La manifestation des "gilets jaunes" a réuni quelque 10.000 personnes à Paris, contre 8.000 le 1er décembre. Anne Hidalgo a aussi déploré samedi soir "des scènes de chaos" dans la capitale et des "dégâts incommensurables" pour l'économie et l'image de la ville. "Il y aura beaucoup plus de dégâts suite à la journée d'hier qu'il y a une semaine", selon Emmanuel Grégoire, qui est chargé du budget de la capitale, et "un coût économique beaucoup plus important", dû notamment aux très nombreux commerces restés fermés dans ce qui est traditionnellement un temps fort des achats avant les fêtes.
Emmanuel Macron va annoncer de nouvelles mesures en réponse à cette crise mettant son quinquennat à l'épreuve. Selon le Premier ministre, "le temps du dialogue est là" et "il faut désormais retisser l'unité nationale", mise à mal par cette fronde populaire inédite, née sur les réseaux sociaux. Le président "s'exprimera" - peut-être lundi - et "il lui appartiendra de proposer les mesures" pour permettre "à l'ensemble de la Nation française de se retrouver et d'être à la hauteur des enjeux", a indiqué Edouard Philippe au terme d'une visite à Beauvau en fin de journée.
De son côté, Alain Juppé, le maire de Bordeaux où se sont déroulés d'importants débordements samedi soir, a estimé dimanche qu'Emmanuel Macron doit "répondre concrètement à certaines attentes légitimes" mais que "les Gilets jaunes responsables doivent cesser d'appeler à manifester, au risque de convoquer les casseurs à casser".
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Dans la semaine, Alain Juppé, un proche du Premier ministre, avait salué les mesures annoncées mardi par Edouard Philippe comme "une première étape, une étape d'apaisement". Mais une étape qui selon lui "ne suffira pas," car il faut aller "au fond des choses": la lutte contre les inégalités, par les leviers du niveau de vie et de la fiscalité.
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