Grève SNCF du 21 novembre : les perturbations à anticiper
latribune.fr

La CGT-Cheminots, l'Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots ont appelé début novembre à un grand mouvement (photo d'illustration).
© VINCENT ISORE/IP3/MAXPPP
latribune.fr

La CGT-Cheminots, l'Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots ont appelé début novembre à un grand mouvement (photo d'illustration).
© VINCENT ISORE/IP3/MAXPPP
[Article publié le mardi 19 novembre 2024 à 15h18 et mis à jour le mercredi 20 novembre 2024 à 14h55] Faut-il craindre un mouvement social reconductible de la SNCF à l'approche des fêtes de Noël ? Pour l'heure, difficile de répondre avec certitude. D'autant plus que, selon toute vraisemblance, la grève prévue ce jeudi ne sera que peu suivie à la SNCF.
Il y aura un Intercités sur deux en circulation. « Les clientes et clients concernés par une annulation sont recontactés individuellement et bénéficient d'un échange ou remboursement sans frais », a précisé SNCF sur son site. Concernant les TER, sept sur dix circuleront en moyenne partout en France.
Le trafic sera également perturbé sur le Transilien. Dans le détail, trois trains sur quatre en moyenne circuleront sur le RER E, deux sur trois sur le RER C, les lignes J et U. Les usagers pourront compter sur un train sur deux sur le RER B, les lignes H et N. Enfin, il y aura un train sur trois pour le RER D et la ligne R.
Présentée comme un « ultimatum », la grève pourrait être reconductible à partir du 11 décembre.
La CGT-Cheminots, l'Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots ont appelé début novembre à un grand mouvement en réponse à la confirmation du démantèlement de Fret SNCF, entreprise leader en France pour le transport de marchandises sur rail. Pour rappel, la société doit disparaître le 1er janvier. Elle a vocation à être remplacée par Hexafret pour le transport de marchandises et Technis pour la maintenance des locomotives. Le processus doit aboutir à la suppression de 500 emplois sur 5.000, même si la SNCF a promis de reprendre tous les cheminots non conservés dans d'autres sociétés du groupe.
Ce démantèlement, sur lequel les syndicats réclament un moratoire, découle d'un accord signé entre le gouvernement et la Commission européenne, après l'ouverture d'une enquête pour aides d'Etat illégales versées à Fret SNCF.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

« Je suis assez dubitatif sur ce mouvement social, d'autant plus qu'il n'y a pas d'autres hypothèses possibles » que le démantèlement, a rappelé le ministre délégué aux Transports François Durovray mardi matin.
L'accord signé avec Bruxelles prévoit aussi une ouverture du capital au privé de Rail Logistics Europe, qui rassemble toutes les activités fret de la SNCF, début 2026. Les syndicats dénoncent une privatisation, ce que conteste la direction puisque le groupe ferroviaire conservera la majorité du capital.
Dans un communiqué, la CGT-Cheminots a appelé mardi à la tenue d'un débat au Parlement concernant l'avenir de Fret SNCF, comme cela va être le cas au sujet du traité de libre-échange avec le Mercosur. « C'est un processus de privatisation au sens large », ajoute le secrétaire général de la CGT-Cheminots Thierry Nier. « Le même processus appliqué à Fret va s'appliquer aux voyageurs demain avec la mise en place de filiales qui laisse percevoir une même logique : abaissement des coûts, dumping social et dégradation des conditions de travail », poursuit-il.
Le 14 décembre, environ 1.200 cheminots à Amiens, Nice et Nantes vont être transférés de SNCF Voyageurs vers des sociétés dédiées ayant remporté des appels d'offres lancés par les régions pour le marché des TER. À l'heure actuelle, près de 60% des marchés TER sont en cours d'appel d'offres. Les cheminots transférés dans des filiales ou chez des concurrents conserveront certains avantages (droits à la retraite, facilités de circulation...) mais verront aussi toute l'organisation de leur temps de travail remaniée, afin de gagner en productivité.
À lire également
« Il y a une conscience très forte (chez les cheminots) que ces modifications structurelles ne vont évidemment pas dans le bon sens », assure le secrétaire général de la CFDT-Cheminots, Thomas Cavel. L'intersyndicale réclame ainsi l'arrêt du processus de filialisation, ou en tout cas des garanties dans l'organisation du travail des cheminots transférés.
Du côté de la direction de la SNCF, on assure que les travaux pour mener à bien ce processus sont engagés depuis de nombreuses années et que les négociations sociales sont bien avancées.
(Avec AFP)
latribune.fr