Guerre commerciale : les Français redoutent la montée des tensions

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Moins de 4 Français sur 10 estiment que la politique économique européenne est une bonne chose pour les entreprises françaises (38%), la situation du pays (33%) et l’emploi (27%), explique BVA.
Moins de 4 Français sur 10 estiment que la politique économique européenne est une bonne chose pour les entreprises françaises (38%), la situation du pays (33%) et l’emploi (27%), explique BVA. (Crédits : Reuters/Brendan McDermid)
La dernière enquête exclusive mensuelle BVA-La Tribune montre que les Français sont dubitatifs sur les effets des mesures protectionnistes sur l'économie nationale. Si ce type de mesure était appliquée, seule une minorité de Français juge que ce serait une bonne chose pour améliorer le pouvoir d’achat (34%) ou la lutte contre le chômage (45%).

L'escalade des tensions commerciales entre l'Europe et les États-Unis suscite des inquiétudes chez les Français. Selon le dernier baromètre BVA pour La Tribune sur les questions de l'économie, 60% des interrogés estiment que cette situation ne profitera ni aux États-Unis ni à l'Union européenne. Seulement 6% des sondés indiquent que cette situation sera bénéfique des deux côtés de l'Atlantique. Plus d'un mois après la mise en oeuvre de la hausse des tarifs douaniers par l'administration américaine, les États membres de l'Union européenne tentent d'élaborer une stratégie de riposte dans un climat international tendu.

Lire aussi : Le protectionnisme de Trump inquiète les industriels français

La politique économique de l'UE remise en cause

Selon les résultats collectés par l'organisme de sondage, moins de 4 Français sur 10 déclarent que la politique économique européenne sera favorable pour "les entreprises françaises (38%), la situation du pays (33%) et l'emploi (27%)." À l'échelle européenne, les répondants signalent que les orientations économiques de l'UE sont "une bonne chose pour les entreprises européennes (52%), ils ne sont que 41% à juger qu'elles sont une bonne chose pour la situation économique en Europe et 39% pour l'emploi en Europe."

Les Français interrogés donnent ainsi le sentiment que l'action économique menée par les institutions européennes a des effets favorables au niveau européen plutôt qu'à l'échelle nationale. Mais cette perception présente de fortes disparités selon la proximité partisane. Plusieurs camps se dessinent dans les résultats obtenus par l'organisme d'enquête d'opinion.

Les convaincus regroupent à la fois les sympathisants de la République en marche (LREM) et les sympathisants socialistes. Dans le camp LREM, "entre 6 et 7 sur 10 estiment que les orientations européennes sont une bonne chose pour la situation au niveau national comme européen. C'est la seule population majoritairement convaincue sur l'ensemble des domaines testés."  Du côté des proches des socialistes, si quelques réserves sont émises pour l'emploi notamment, les sympathisants socialistes sont une majorité à juger que la politique économique de l'UE est plutôt une bonne chose pour les entreprises, et la situation économique en France et en Europe. Les opinions sont toutefois plus partagées qu'auprès des sympathisants LREM.

Chez les sympathisants Les Républicains (LR), le scepticisme est partagé par une bonne partie des répondants. Une majorité indique que les orientations économiques sont plutôt une bonne chose pour les entreprises européennes (53%) et la situation économique en Europe. En revanche, ils sont beaucoup plus réservés en ce qui concerne les emplois en France (58% pensent que c'est plutôt une mauvaise chose contre 35% une bonne chose) et les entreprises françaises (66% "plutôt une mauvaise chose" contre 27% "une bonne chose"). Enfin, les sympathisants de la France insoumise et du Rassemblement national (ex-FN) constituent les principaux opposants de la politique économique européenne. Ils sont seulement 11% (LFI) et 5% (RN) à penser que les orientations économiques de l'Union européenne sont plutôt une bonne chose pour la situation économique en Europe.

Les Français peu convaincus par le protectionnisme

Interrogés sur la mise en place de barrières tarifaires en Europe, les Français semblent très partagés sur ce type de dispositifs. S'ils sont 48% à affirmer que ces mesures protectionnistes peuvent améliorer la compétitivité des entreprises françaises, ils sont seulement 34% à dire que cela pourrait améliorer le pouvoir d'achat. Dans une note du conseil d'analyse économique, trois économistes ont estimé qu'en cas "de guerre commerciale totale, l'impact serait similaire à celui de la grande récession de 2008-2009."  Pour la France, les estimations indiquent que ce phénomène pourrait faire baisser le PIB de 3% représentant une perte annuelle moyenne de 1.125 euros par Français et par an, sachant que le montant mensuel du Smic s'élève actuellement à 1.170 euros net.

Lire aussi : La guerre commerciale pourrait coûter près d'un Smic à chaque Français

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Méthode : enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français interrogés par Internet du 2 au 3 juillet 2018. L'échantillon est composé de 975 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus La représentativité de l'échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et CSP du chef de famille.

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Commentaires
a écrit le 05/07/2018 à 14:10 :
JE comprends pourquoi vous avez censuré mon premier commentaire, j'avoue avoir réagit sans avoir lu. Mais bon après lecture c'est pire en fait hein... -_-

"Les convaincus regroupent à la fois les sympathisants de la République en marche (LREM) et les sympathisants socialistes."

Trois ou quatre personnes donc, peu représentatifs.

"Les Français peu convaincus par le protectionnisme"

Avant de tirer ce genre de conclusion honteusement instrumentalisée il conviendrait de demander d'abord et avant tout si les français savent ce qu'est le protectionnisme.

Parce qu'ils entendent au sein des médias de masse que le protectionnisme c'est le mal, qu'il faut être contre parce que sinon c'est la malédiction sur les 7 prochaines génération, alors ils sont contre, et encore une majorité sur 1000 personnes interrogées subjectivement ça dit pas grand chose, mais est-ce qu'ils seraient prêt à me définir j'en doute profondément et n'importe quel économiste honnête ne pourrait qu'en douter.

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