Les tempêtes continuent de faire tanguer le paquebot Bercy. Après deux longues années de vagues épidémiques à répétition, l'invasion de la Russie en Ukraine le 24 février dernier risque de dégrader les relations entre les donneurs d'ordre et les sous-traitants en France. Plus de deux semaines après le début de la guerre, la plupart des économistes tablent sur un fort ralentissement de l'économie tricolore en 2022 et des coûts économiques colossaux pour certains secteurs en première ligne dans ce conflit aux portes de l'Europe. « Le choc sans compensation correspond à une perte de 5 à 6 points de PIB sur l'année 2022 », a prévenu l'économiste et conseiller de la banque Natixis, Patrick Artus, lors d'une récente réunion avec des journalistes.
Dans ce contexte troublé, le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet s'attend à une recrudescence de l'activité pour ses équipes. « Début 2021, on avait l'impression que la sortie de crise approchait. Les tensions ont rapidement réapparu au moment de la reprise. Je crois que la situation ne va pas s'arranger [...] le contexte géopolitique a des conséquences économiques. Les comités de crise mis en place pendant la pandémie vont perdurer», a-t-il déclaré lors d'un point presse ce mardi 15 mars à l'occasion de la présentation du bilan 2021 de la médiation. Dans un dossier intitulé d'une "crise à l'autre", le médiateur revient en détail sur les douze premières années d'activité d'un service né en pleine crise économique. Face aux répercussions de la guerre, le Premier ministre Jean Castex doit présenter cette semaine un plan de résilience économique et social particulièrement attendu dans les filières affectées.