« Se former au code » : pendant des années, ce mantra a nourri un écosystème florissant de formations courtes promettant d'accéder à un poste en quelques mois. Mais l'eldorado des bootcamps, largement entretenu pendant les années Covid et le virage temporaire vers le tout numérique, vacille. Fin 2024, la Pop School, qui proposait des formations gratuites au numérique, a mis la clé sous la porte. En avril 2025, la Wild Code School, qui forme un millier d'élèves par an, a été placée en redressement judiciaire. Plusieurs candidats, dont Simplon, pionnière du genre en France, et le groupe d'enseignement privé Galileo, se sont portés acquéreurs, mais seuls 25 à 28 postes en CDI sur la centaine existante seraient conservés, d'après les offres de reprise.
Même Le Wagon, pourtant l'un des noms les plus établis du secteur, a fermé plusieurs campus, notamment à Lausanne et Zurich, selon nos informations. Officiellement, l'organisation met en avant la demande croissante pour les formations à distance.
Mais en coulisse, elle subit aussi une baisse du nombre d'inscrits, liée à une conjoncture peu favorable. « La période est particulièrement compliquée pour la formation professionnelle. Les marchés publics sont rabotés, l'argent versé par l'État dans le cadre du Plan d'investissement dans les compétences (PIC) est en baisse », décrit Alexandre Chervet, directeur général de Simplon. « Par ailleurs, l'incertitude économique mondiale n'incite pas les entreprises à avoir recours à la formation. »