ENTRETIEN. Élu en novembre 2020 président de l'association d'élus qui représente les 1.000 intercommunalités françaises, le vice-président (LR) du Grand Chalon et premier vice-président du conseil départemental de Saône-et-Loire, Sébastien Martin, enjoint les candidats à l'élection présidentielle à conforter la place de sa collectivité dans le développement économique et la transition écologique. La convention de l'ex-Assemblée des communautés de France (AdCF) se tient à Clermont-Ferrand du 13 au 15 octobre inclus.LA TRIBUNE - Comment se portent les intercommunalités au lendemain de l'annonce du plan d'investissement "France 2030" ?
SÉBASTIEN MARTIN - Les intercommunalités sont, pour la plupart, bien engagées dans la relance. Leurs finances se sont stabilisées. Les élus se redonnent des perspectives, et ces dernières ont été quasiment toutes adoptées. Nous ne sommes plus enfermés dans le court-terme, mais nous nous projetons déjà dans le moyen voire le long-terme.
Concrètement ?
Nous voulons nous projeter à deux-trois ans, de la même façon que nous pensons jusqu'à la fin du mandat voire à dix ans.
En attendant, la territorialisation de la relance est-elle au rendez-vous ?
Le Premier ministre Jean Castex le souhaite, mais à nos yeux, cela n'avance pas suffisamment. Nous assistons à un nombre incalculable d'appels à projets. Rome ne s'est pas faite en un jour, la territorialisation non plus.
Malgré la signature de contrats de relance et de transition écologique (CRTE) entre État et les intercommunalités ?
Nous les avons signés, mais j'insiste sur le paradoxe qu'il y a toujours plus d'appels à projet, ce qui est contraire à une nouvelle manière de fonctionner entre l'État et les collectivités que nous appelons de nos vœux.
C'est cela "la République des territoires" qu'appelle de ses vœux le candidat à l'élection présidentielle Xavier Bertrand que vous soutenez à titre personnel ?
Je ne mélange pas les genres et je ne me positionne pas vis-à-vis des candidats à l'élection présidentielle mais il manque des politiques plus territorialisées.
Précisément ?
Il faudrait un dialogue plus simple avec des préfets qui auraient davantage de visibilité qu'une dotation de soutien à l'investissement local (DSIL) ou une dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR). De la même façon que les ministres devraient s'appuyer davantage sur lesdits préfets, mais il est toujours plus difficile de faire changer de direction un paquebot qu'un hors-bord.
Pour filer la métaphore maritime, la signature d'un contrat de relance et de transition écologique (CRTE) entre l'État et deux intercommunalités, comme l'ont fait la métropole de Rouen et l'agglomération du Havre, peut-elle accélérer la relance ?
L'échelle de contractualisation, c'est l'échelle souhaitée par les élus locaux. Mon contrat de relance et de transition écologique, je l'ai signé à l'échelle du Grand Chalon et des trois intercommunalités voisines. Nous avons toujours été souples là-dessus.