« Le vote Macron est le plus bourgeois de l'histoire électorale française » (Thomas Piketty et Julia Cagé)
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Julia Cagé et Thomas Piketty.
Hermance Triay
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Julia Cagé et Thomas Piketty.
Hermance Triay
LA TRIBUNE- Les élections européennes approchent à grand pas. Ce scrutin peine à mobiliser sur le Vieux continent malgré les enjeux. Comment expliquez-vous cette désaffection des Européens pour ces élections ?
JULIA CAGÉ-
Il existe des variations entre les pays. Dans certains États, la participation aux européennes a augmenté au cours des dernières années. Aujourd'hui, il y a un déficit de fonctionnement démocratique à l'intérieur de l'Union européenne. D'une certaine manière, les Européens s'y désintéressent. Ils ont l'impression que leur vote pour les parlementaires européens est inutile car les décisions sont davantage prises au niveau des assemblées de gouvernement qu'au niveau du parlement européen.
Cette question européenne est essentielle pour comprendre le passage de la bipartition à la tripartition politique. Elle permet aussi de comprendre la différence de vote entre les classes populaires urbaines et les classes populaires rurales qui ont davantage souffert de l'ouverture du commerce international et de la désindustrialisation.
L'Union européenne a enclenché la mise en œuvre d'une taxe carbone aux frontières (Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières ou « MACF ») depuis le 1er octobre dernier. Quel regard portez-vous sur ce nouveau mécanisme critiqué par de nombreux Etats ?
THOMAS PIKETTY
-La taxe carbone proposée au niveau européen est insuffisante. Il faut que la France taxe toutes les marchandises qui ont un contenu carbone et qui n'ont pas été taxées sur le lieu de production au même niveau que ce que paient les entreprises françaises. C'est juste une question d'égalité de traitement. Ce levier permettrait de rapporter de l'argent pour financer des services publics. On a défendu un traité de démocratisation de l'Union européenne avec l'idée d'un parlement européen basé sur les parlements nationaux.
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Il ne faut pas attendre d'avoir la majorité ou l'unanimité en Europe pour se protéger face au dumping environnemental, fiscal et social. Cette Europe du mieux disant fiscal et social doit permettre de mettre une couche de protection mais ne doit pas empêcher les pays de prendre des mesures au sein de leur administration.