C'est un anniversaire qui est passé inaperçu. Ni bougies, ni célébrations. Et pourtant, le prélèvement à la source fête déjà ses cinq années d'existence, en ce mois de janvier 2024. Quel bilan peut-on tirer de cette réforme, qui à la veille de son lancement était source de discussions enflammées et d'interrogations des contribuables ? Si ce chantier fiscal d'ampleur est devenu effectif au 1er janvier 2019, sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, l'annonce de son avènement, elle, date de 2015. Elle a donc été portée par le président de la République de l'époque, le socialiste François Hollande.
« L'idée est d'aller vers une simplification du recouvrement de l'impôt, avec la mise en œuvre progressive dans le cadre de la simplification des feuilles de paie et du numérique de la retenue à la source, sans fusion » avec la CSG, avait ainsi déclaré le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll (PS), au printemps, préparant ainsi les esprits à la confirmation du président socialiste à l'été 2015.
Pour rappel, plusieurs présidents s'y étaient essayés, sans succès. Et pour cause, comme nous l'a rappelé Antoine Magnant, directeur général par intérim des finances publiques - et témoin privilégié des réflexions, puis de la mise en œuvre de la réforme -, « la fiscalité n'est pas qu'un sujet technique ». Le prélèvement à la source revoit en profondeur le mode de collecte de l'impôt sur le revenu. En revanche, la réforme, telle qu'elle a été présentée et appliquée, s'est gardée de s'atteler au calcul de l'impôt sur le revenu lui-même.