ENTRETIEN - Antoine Magnant a récemment été nommé au poste de Directeur général des finances publiques par intérim, une situation inédite d’un point de vue juridique. Si son nom est inconnu du grand public, le haut-fonctionnaire est décrit comme « un fin connaisseur de la maison », dans les couloirs de Bercy. Cet énarque de la promotion Cyrano de Bergerac a travaillé en tandem avec son prédécesseur, Jérôme Fournel. Témoin privilégié de la mise en place du prélèvement à la source, qu’il qualifie de « réussite collective », Antoine Magnant a accepté de répondre aux questions de La Tribune,...... ipant également les prochains chantiers en matière de fiscalité des particuliers, dans un contexte de dépenses publiques maîtrisées.
LA TRIBUNE - Quel souvenir conservez-vous de la réforme du prélèvement à la source et du processus d'application de ce chantier au sein de l'administration fiscale ?
ANTOINE MAGNANT - Le prélèvement à la source reste un très grand souvenir, à plusieurs égards. J'ai eu la chance de travailler sur le projet dès le tout début, alors que j'étais sous-directeur en charge de la fiscalité des personnes à la Direction de la législation fiscale, quand nous avons découvert cette annonce [en 2015, ndlr], un peu par surprise il faut bien le dire, du président de la République de l'époque.
Ensuite j'ai été nommé directeur général adjoint des finances publiques en 2018, soit six mois avant l'entrée en vigueur initialement prévue de la réforme. Nous étions alors dans le dur des travaux. J'y ai donc travaillé, de bout en bout, avec beaucoup d'enthousiasme. On y croyait, car le prélèvement à la source est utile pour les contribuables, et en particulier pour ceux dont la situation change en se dégradant (salarié devenant chômeur, actif partant en retraite).
Désormais, les particuliers ne règlent plus la totalité de l'impôt sur le revenu de l'année d'imposition l'année suivante. Cette situation était socialement injuste. D'autre part, la France était l'un des rares pays développés à ne pas avoir de système de prélèvement à la source des revenus.
À
ce titre, le prélèvement à la source était une réforme fiscalement pertinente et socialement utile.