Diminuer le montant du prélèvement à la source pour les femmes fortement imposées, en raison des disparités de revenus avec leurs conjoints. Tel est l'objectif poursuivi par l'exécutif à travers l'individualisation par défaut du taux d'impôt à la source, promis dans le cadre de son Plan interministériel pour l'égalité au début du mois de mars.
Sollicité par La Tribune, l'entourage d'Isabelle Lonvis-Rome, ministre déléguée auprès de la Première ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances confirme que cette mesure sera « inscrite dans le PLF 2024 et mise en œuvre à partir de 2025 ».
« La fiscalité doit être au service de l'égalité entre les femmes et les hommes, souligne la ministre déléguée auprès de La Tribune. Depuis 2017, beaucoup a été fait pour résorber ces inégalités. Nous souhaitons poursuivre notre action pour favoriser l'égalité économique et professionnelle, et ce, dès la prochaine loi de finances, en utilisant l'outil fiscal. »
«La fiscalité ne doit pas être un frein à l'émancipation des femmes, notamment celles qui ont un écart de salaire important avec leur conjoint, avait également fait valoir la Première ministre, Elisabeth Borne, sur Twitter en mars.Dès 2025, le taux d'imposition sera individualisé par défaut pour l'ensemble des foyers fiscaux.»
Certains économistes et fiscalistes émettent toutefois des doutes quant à la pertinence d'une telle mesure pour réduire les inégalités économiques entre les sexes. Les syndicats des Finances publiques, eux, s'interrogent sur la faisabilité même de l'individualisation par défaut, voire sur l'arrière-pensée éventuelle de cette mesure.