Italie: le déficit public divisé par plus de deux en seulement un an
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Le gouvernement italien prévoit de faire encore mieux et de ramener le déficit public à 3,3 % du PIB en 2025 puis à 2,8 % dès 2026.
Stefano Rellandini
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Le gouvernement italien prévoit de faire encore mieux et de ramener le déficit public à 3,3 % du PIB en 2025 puis à 2,8 % dès 2026.
Stefano Rellandini
[Article publié le lundi 3 mars 2025 à 11h53, mis à jour à 14h44] Alors que la France a vu son déficit public s'emballer en un an, celui de l'Italie s'est largement réduit. Il a ainsi atteint 3,4 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2024 contre 7,2 % l'année précédente, a annoncé l'Institut national des statistiques (Istat) ce lundi.
Ce ratio est même inférieur aux prévisions du gouvernement de Giorgia Meloni, qui tablait sur 3,8 %. Cette forte baisse s'explique principalement par l'abandon d'un avantage fiscal conséquent (dit « le Superbonus ») lancé par le gouvernement précédent. Couplé à des recettes fiscales plus importantes (elles ont augmenté de +3,7 %), des dépenses en baisse (-3,6 % contre +4,8 % en 2023) et à une consommation relativement dynamique. Seul bémol : le ratio de la dette publique a augmenté à 135,3 % du PIB en 2024, mais moins que prévu par le gouvernement, après 134,6 % en 2023.
L'ambition des autorités italiennes est de faire encore mieux à l'avenir. L'exécutif prévoit en effet de ramener le déficit public à 3,3 % du PIB en 2025 puis à 2,8 % dès 2026, soit en dessous du plafond de 3 % fixé par le Pacte de stabilité de la zone euro.
Pour y parvenir, le gouvernement italien table sur une hausse moyenne proche de 1,5 % par an des dépenses publiques nettes du pays sur les sept prochaines années (1,3 % en 2025, de 1,6 % en 2026 et de 1,9 % en 2027). Cet engagement figure dans le plan de redressement des comptes publics du ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti. Car l'Italie est visée depuis l'été dernier — comme sept autres pays dont la France — par une procédure européenne pour déficit excessif. Ce qui implique qu'elle doit prendre des mesures correctrices pour respecter à l'avenir les règles budgétaires de l'UE et réduire son énorme dette publique (qui frôle les 3 000 milliards d'euros), sous peine d'amende.
Ce qui s'avère être un véritable défi compte tenu de la croissance actuelle du PIB italien. Il n'a augmenté que de 0,7 % en 2024, selon le chiffre définitif d'Istat publié également ce lundi. Petite bonne nouvelle toutefois : l'institut a revu son estimation à la hausse par rapport à son premier avis donné fin janvier, qui faisait état d'une progression de 0,5 %. Mais il reste inférieur aux prévisions du gouvernement Meloni qui tablait sur 1 %.
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Par rapport à l'année précédente, la croissance italienne a fait du surplace puisqu'elle avait déjà été en hausse de seulement 0,7 % en 2023. L'activité avait alors souffert des augmentations des taux d'intérêt, qui avaient freiné la demande intérieure. En 2024, c'est le contrecoup des affres de l'Allemagne qu'elle a subi. Car Berlin, qui est son principal partenaire commercial, vient d'enchaîner deux années de récession (recul du PIB de 0,3 % en 2023 puis de 0,2 % en 2024) sans signe d'un rebond net à court terme.
Mais du mieux est à venir côté italien selon Nicola Nobile, du cabinet Oxford Economics. L'expert s'attend à « une amélioration marginale cette année, grâce à la reprise de la consommation ». « L'économie italienne devrait également bénéficier de la baisse des taux d'intérêt », estime-t-il, même si le retour au pouvoir de Donald Trump a « créé de l'incertitude ».
Un enthousiasme que l'on nuance au sein du gouvernement italien. « Pour 2025 et 2026, nous devrons certainement mettre à jour les prévisions macroéconomiques ; nous le faisons chaque année, nous devons le faire d'autant plus maintenant », a prévenu vendredi le ministre italien de l'Économie. « Ce qui se passera en matière de croissance en Europe et aussi en Italie à ce stade est un grand point d'interrogation », a-t-il fait valoir, en raison de la menace d'une hausse des droits de douane américains.
Interrogé justement sur la réponse à donner à la politique protectionniste de l'administration Trump, Giancarlo Giorgetti a indiqué qu'elle « peut être bilatérale ». Il prend ainsi le contrepied de Bruxelles qui prône une action unie de ses 27 États membres. « La Commission exerce son rôle et doit le faire. Ce que je remarque, c'est que chaque pays de l'UE agit également pour son propre compte. C'est un fait », a-t-il expliqué.
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L'exécutif italien envisage, pour le moment, une croissance de 1,2 % en 2025 puis de 1,1 % en 2026. En espérant ainsi stimuler sa croissance, l'Italie peut compter sur les fonds du plan de relance européen, dont elle est la première bénéficiaire avec 194,4 milliards d'euros prévus d'ici à l'année prochaine. Mais beaucoup de choses peuvent encore se passer d'ici là.
(Avec AFP)
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