Désormais aux affaires courantes, le ministre de l'Economie Antoine Armand doit participer aux réunions Ecofin avec ses homologues ces lundi 9 et mardi 10 décembre.
Reuters
L'éphémère ministre de l'Economie, Antoine Armand, est parti défendre à Bruxelles une France sans budget et sans gouvernement. Une position délicate, alors que l'Hexagone est placé en procédure pour déficit excessif.
La France va-t-elle encore perdre de son influence en Europe ? Après la conclusion d'un traité de libre-échange avec le Mercosur, par la Commission européenne, la question revient au centre des prochaines discussions européennes. Réunis à Bruxelles jusqu'au mardi 10 décembre, les ministres des Finances du Vieux continent doivent faire le point sur l'application des nouvelles règles budgétaires européennes, entrées en vigueur en avril dernier.
Le ministre démissionnaire de l'Economie français, Antoine Armand, a fait le déplacement dans la capitale belge. Ce n'est pas la première fois qu'un ministre de l'Economie aux « affaires courantes » va représenter l'Hexagone à Bruxelles.
Bercy en opération déminage
En septembre dernier, Bruno Le Maire avait participé aux réunions de l'Ecofin avec ses homologues. « La censure n'empêche pas au ministre de siéger dans le but de représenter la France dans les différences instances », tient à défendre l'entourage du ministre.
«La Commission est surtout dans l'attente d'un nouvel interlocuteur, juge pour sa part Xavier Timbeau, directeur de l'OFCE.Juridiquement, le gouvernement démissionnaire n'a plus de responsabilité. L'exécutif ne peut plus prendre d'engagement.»
En attendant la nomination d'un nouveau gouvernement tricolore, la Commission européenne doit toujours s'appuyer sur la copie du projet de loi de finances 2025 et la stratégie à moyen terme du gouvernement Barnier sur le départ. Une position particulièrement étrange pour le ministre de l'Economie français.
A cela, s'ajoutent de nombreuses incertitudes qui planent sur la capacité de la France à présenter un nouveau budget rapidement. Du côté de Bruxelles, la nouvelle Commission s'interroge. De son côté, Bercy veut déminer le terrain. « La France n'est pas dans une situation de vide juridique et budgétaire (...). Il n'y a pas de risque de shutdown », soulignent les proches du ministre Français. Pour Xavier Timbeau, « il est extrêmement important pour la Commission européenne de ne pas interférer sur le processus politique en France. Le risque est que la Commission ait le mauvais rôle ou qu'elle soit instrumentalisée dans le débat politique actuel ». La Commission a tout intérêt « à se mettre en retrait ».
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