La croissance française reprend de la vigueur
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L'Insee observe que la demande intérieure « retrouve un peu d'allant sous l'effet du rebond de la consommation des ménages ».
SARAH MEYSSONNIER
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L'Insee observe que la demande intérieure « retrouve un peu d'allant sous l'effet du rebond de la consommation des ménages ».
SARAH MEYSSONNIER
[Article publié le mercredi 30 octobre 2024 à 08H19 et mis à jour à 11H09]
Le PIB français a augmenté de 0,4% au troisième trimestre, a annoncé ce mercredi l'Insee, dans une première estimation conforme à ses prévisions. C'est donc mieux que les 0,3% et les 0,2% des deux premiers exercices et cela dépasse surtout les attentes des économistes interrogés par Reuters qui tablaient sur une hausse de 0,3%.
Cette estimation est néanmoins conforme aux attentes de l'Insee, qui avait abaissé début septembre sa prévision de croissance au troisième trimestre à +0,4% contre +0,5% précédemment.
Et les raisons de ce bon résultat sont à chercher du côté des Jeux olympiques et paralympiques qui ses sont tenus à Paris cet été. En effet, l'Insee observe que la demande intérieure « retrouve un peu d'allant sous l'effet du rebond de la consommation des ménages » qui a rebondi au troisième trimestre (+0,5% après +0,0%).
L'autre moitié de la croissance pourrait avoir été relancée par le fort recul de l'inflation depuis ses sommets de 2022-2023 : elle est tombée à 1,1% en septembre sur un an, en dessous des 2% fixés comme cible par la Banque centrale européenne (BCE).
Si le troisième trimestre a été salutaire, les choses pourraient cependant se dégrader dans les prochains mois selon l'Insee. En raison notamment de « l'incertitude politique ». L'investissement des entreprises est « en souffrance », a affirmé l'institut un peu plus tôt dans le mois. L'indicateur d'incertitude de l'institution, basé sur une analyse textuelle des commentaires des entrepreneurs, est, en effet, remonté « notablement » pour tous les secteurs, après un repli sur les deux derniers mois, selon l'enquête menée du 26 septembre au 3 octobre auprès de 8.500 chefs d'entreprises.
Surtout, l'effet JO 2024 dissipé, la croissance ralentira mécaniquement au quatrième trimestre. Elle sera même nulle, estime l'Insee. L'économiste d'ING, Charlotte de Montpellier, anticipe même un recul de 0,1% du PIB, à cause, là encore, notamment de « l'incertitude politique ». Avant un premier trimestre 2025 en hausse de 0,1% ou moins, selon l'experte.
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Le refroidissement de l'activité commence d'ailleurs déjà à se voir. L'activité du secteur privé est tombée à son plus bas niveau depuis neuf mois, d'après l'indice PMI Flash publié jeudi dernier par l'agence S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB). Quant au moral économique des ménages, il s'est replié en octobre pour la première fois depuis avril, selon l'Insee. Ainsi, le président du Medef, Patrick Martin, a tiré la sonnette d'alarme mi-octobre, affirmant « qu'on est déjà légèrement en récession ».
Ce qui n'empêche pas le gouvernement de prévoir une croissance de 1,1% pour 2024 et 2025, chiffre sur lequel il a construit son budget pour l'année prochaine qui repose sur le gouvernement a construit son budget 2025 sur d'importantes économies : 60 milliards d'euros dont 40 milliards d'euros de coupes budgétaires et 20 milliards de hausses d'impôts.
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Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) a d'ailleurs jugée « optimiste » la prévision de croissance donnée par l'exécutif, estimant qu'elle ne prend pas assez en compte les répercussions néfastes du resserrement budgétaire.
(Avec agences)
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