La croissance française stagne au deuxième trimestre
Raphaël Melka

Éric Lombard, ministre de l’Économie et des Finances.
Abdul Saboor
Raphaël Melka

Éric Lombard, ministre de l’Économie et des Finances.
Abdul Saboor
L'économie française tourne au ralenti. Dans son rapport mensuel publié le mercredi 9 juillet, la Banque de France annonce une croissance modeste au deuxième trimestre 2025, limitée à +0,1 %, comme au trimestre précédent. Une estimation conforme à son pronostic du mois dernier, mais inférieure à la prévision réalisée en juin par l'Insee (+0,2 %). L'objectif de 0,7 % fixé par le gouvernement s'éloigne. Déjà ramené à 0,6 % par l'Insee, il pourrait encore être revu à la baisse.
La croissance française est stimulée par la demande intérieure, mais son effet devrait diminuer cette année, pour ne plus contribuer que de 0,5 point à la croissance annuelle, contre 0,6 point en 2024, selon l'Insee.
Le bilan trimestriel diffère selon les secteurs. En juin, l'activité croît sensiblement dans deux secteurs : l'agriculture et l'industrie. Mais l'effet d'entraînement est très limité. La production d'énergie chute de 3,8 %, « sous l'effet dans ce dernier secteur de températures inhabituellement douces en avril », explique l'étude. De son côté, la construction recule de 0,6 %. Les services, qui représentent plus de 80 % de la valeur ajoutée, progressent peu : +0,2 % à peine pour les services marchands, +0,1 % pour les non-marchands, comme au premier trimestre. Insuffisant pour infléchir cette stagnation.
Les perspectives sont prudentes. Les entreprises anticipent une poursuite de l'activité pour juillet, mais à un rythme légèrement inférieur à celui de juin. Les difficultés d'approvisionnement restent dans l'ensemble stables : 8 % des entreprises se disent concernées, une diminution d'un point par rapport à mai. Ces difficultés d'approvisionnement se concentrent dans l'automobile (25 %) et l'aéronautique (19 %).
L'instabilité internationale, entre la guerre Israël-Iran et la menace des droits de douane américains, influence à la baisse le commerce extérieur. Celui-ci, qui avait soutenu l'activité l'an dernier (+1,3 point), exercerait cette fois un effet négatif de -0,7 point d'après l'Insee.
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En juin, 6 % des entreprises interrogées par la Banque de France déclarent un effet négatif des droits de douane américains sur leur activité : 8 % dans l'industrie manufacturière, 6 % dans les services marchands et 1 % dans le bâtiment.
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La trajectoire de croissance envisagée par le gouvernement s'éloigne. Pour le Premier ministre, qui prépare un budget 2026 fondé sur une prévision de croissance de +0,7 %, la marge de manœuvre se réduit. À la mi-2025, l'acquis plafonne à +0,2 %. Pour atteindre l'objectif de François Bayrou, il faudrait que les deux prochains trimestres se placent sous les auspices d'une croissance de 0,2 %, puis de 0,3 %, ce qui est loin d'être fait.
Raphaël Melka