La dette publique française gonfle encore, pression maximale sur le gouvernement
latribune.fr
L'endettement publique du pays a augmenté de 68,9 milliards d'euros, pour atteindre 3.228,4 milliards d'euros entre avril et juin, selon l'Institut national de la statistique.
A la fin de ce deuxième trimestre, la dette française grimpe encore, à 112% du produit intérieur brut du pays, faisant du même coup monter la pression sur le gouvernement Barnier, qui doit présenter son budget le 9 octobre prochain.
[Article publié vendredi 27 septembre 2024 à 9h35, mis à jour à 10h36] La dette publique de la France continue de gonfler. A la fin du deuxième trimestre, elle s'établit donc à 112% du produit intérieur brut (PIB), contre 110,5% du PIB à la fin mars, a indiqué ce vendredi l'Insee, dans une note de conjoncture.
Par ailleurs, l'endettement public du pays, qui s'est massivement accru depuis la crise sanitaire, a augmenté de 68,9 milliards d'euros, pour atteindre 3.228,4 milliards d'euros entre avril et juin, a précisé l'Institut national de la statistique.
L'Insee explique cette hausse essentiellement par l'augmentation de la dette de l'Etat (+69,9 milliards d'euros). La dette des administrations de sécurité sociale s'est également inscrite en hausse, de 4 milliards d'euros. En revanche, la dette des organismes divers d'administration centrale s'est contractée de 4,7 milliards d'euros, et celle des administrations publiques locales de 0,3 milliard d'euros.
Pression sur le gouvernement
Pour mémoire, le nouveau gouvernement du Premier ministre Michel Barnier s'est engagé à présenter durant « la semaine du 9 octobre » son projet de budget pour 2025, qui sera principalement placé sous le signe de coupes dans les dépenses publiques pour tenter d'assainir des finances publiques fortement dégradées. Une hausse de la fiscalité, ciblée sur les plus fortunés et les grandes entreprises, est également envisagée.
Après un décrochage à 5,5% du PIB en 2023, le déficit public de la France connaîtra un nouveau dérapage en 2024 et risque de dépasser les 6% du PIB, a prévenu le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin. C'est bien pire que le déficit de 5,1% du PIB sur lequel tablait le précédent gouvernement, et bien supérieur au seuil de 3% fixé par l'Union européenne.
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Flambée aux multiples conséquences
Ces derniers chiffres de l'Insee montrent aussi la rapidité avec laquelle la dette française a flambé ces vingt dernières années. Ainsi, le palier des 1000 milliards d'euros a été atteint en 2003, celui des 2000 dix ans plus tard, et celui des 3000 en 2023.
La France est donc devenue un des mauvais élèves de la zone euro, avec désormais sur le dos une procédure pour déficits publics excessifs de la part de la Commission européenne. Par ailleurs, la note souveraine tricolore a été dégradée par l'agence de notation S&P Global Ratings fin mai.
Autre conséquence de cette situation : une certaine défiance des investisseurs vis-à-vis du pays. L'écart entre le taux d'emprunt français et le taux allemand à échéance 10 ans (appelé aussi « spread »), s'est en effet creusé. Jeudi dernier, le taux allemand à 10 ans était donc à 2,18%, ce qui portait le « spread » à 0,79 point de pourcentage, se rapprochant de très près du niveau qui a suivi la dissolution surprise de l'Assemblée nationale en juin par le président Emmanuel Macron.
Ce qui faisait dire hier à Florian Allain, gérant de portefeuilles à Mandarine Gestion, auprès de l'AFP : « La dynamique d'écartement des taux montrent une inquiétude des investisseurs. C'est simple, le taux allemand n'a pas bougé depuis 15 jours et c'est bien le taux français qui s'écarte. »
C'est peut-être l'une des seules bonnes nouvelles économiques de la France cette semaine. Selon une estimation de l'Insee parue ce vendredi matin, l'inflation tricolore poursuit son ralentissement. Les prix ont donc augmenté de 1,2% en septembre, sur un an en France, en net recul par rapport à l'inflation de 1,8% enregistrée en août.
Dans le détail, le ralentissement de l'inflation s'explique à la fois par le ralentissement de la hausse des prix des services (2,5% sur un an en septembre après 3% en août) et la diminution des prix de l'énergie (-3,3%) et des produits manufacturés (-0,3%), pointe l'Institut national de la statistique et des études économiques. Le coût des produits alimentaires (+0,5% sur un an) et du tabac (+8,7%) a, quant à lui, évolué au même rythme qu'au mois d'août, selon cette estimation provisoire qui devra être confirmée mi-octobre.
Par ailleurs, sur un mois, l'indice des prix à la consommation est en recul de 1,2% en septembre. Il s'agit de « la baisse mensuelle des prix la plus forte depuis le début de la série (statistique, ndlr) en 1990 », souligne l'Insee.