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ÉconomieFrance

La popularité de Macron à son plus bas niveau historique

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 26 octobre 2018 à 03:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:22

Emmanuel Macron, République, politique, France

Emmanuel Macron, République, politique, France

Reuters

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L'enquête mensuelle BVA-La Tribune-Orange-RTL indique que plus de 70% des Français ont une mauvaise opinion d'Emmanuel Macron. Ce record d'impopularité rapproche le président de François Hollande après 17 mois à l'Elysée.

Les déboires s'accumulent pour le chef de l'Etat. Après l'affaire Benalla et un remaniement jugé par certains décevant, la popularité d'Emmanuel Macron atteint son niveau le plus bas depuis son arrivé au pouvoir en mai 2017. Selon le dernier baromètre BVA pour La Tribune/Orange/RTL, la part des interrogés ayant une opinion favorable du locataire de l'Elysée atteint 29%, soit trois points de moins que le mois dernier. A l'opposé, les Français sont de plus en plus déçus par la politique menée par le gouvernement. Ils sont désormais 70% (+ 3 points) à avoir une opinion défavorable du locataire de l'Elysée.

Avec des résultats économiques décevants au premier semestre, la fin de l'année s'annonce tendue pour l'exécutif qui tente, sans succès, de se sortir de cette mauvaise séquence. A titre de comparaison, seul François Hollande a obtenu un résultat encore plus bas en octobre 2013 avec 26% de bonnes opinions après 17 mois d'exercice du pouvoir. Depuis les années 80, François Mitterrand est le seul président de la République à avoir réussi à obtenir une majorité d'opinion favorable (52%) sur la même période. Il est suivi de Nicolas Sarkozy (43%) et de Jacques Chirac (35%).

> Lire aussi : Politique économique : la popularité de Macron plonge

De plus en plus impopulaire chez les jeunes

Les jeunes se montrent de plus en plus critiques à l'égard de la Présidence. Selon les résultats du dernier baromètre, les opinions favorables (24%) au chef de l'Etat baissent de 5 points chez les moins de 35 ans. Chez les 35-49 ans, elles diminuent de 6 points à 30% alors qu'elles se stabilisent à 36% chez les plus de 65 ans.

Par catégorie socioprofessionnelle, les clivages sont nettement plus clairs. Les bonnes opinions à l'égard de l'ancien ministre de l'Economie demeurent élevées auprès des cadres (43%, avec un point en plus ) et dans les familles dont les revenus sont supérieurs à 3.500 euros par mois (40%, - 1 point).

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En revanche, les opinions favorables sont en nettes diminution auprès des employés et des ouvriers (- 8 points à 16%) et des membres de foyers au revenu inférieur à 1.500 euros par mois. Ils ne sont plus que 19% à lui faire confiance avec une chute impressionnante de 17 points par rapport à la dernière enquête. Il semble que les efforts de la majorité pour convaincre l'opinion publique que le président applique, en ce moment, une politique en faveur des classes populaires et moyennes, connaissent quelques ratés.

Au niveau politique, 89% des sympathisants de La République en Marche ont exprimé une opinion favorable pour Emmanuel Macron. Si les résultats sont en baisse (-7 points), la base électorale de l'ancien haut-fonctionnaire demeure solide. Chez les autres partis, les opinion sont beaucoup plus réservées. "Seuls 18% des sympathisants de la gauche (PS : 26%) et 24% des sympathisants de la droite (Les Républicains : 27% avec - 8pts) expriment une opinion positive", souligne l'institut de sondages.

L'écart se creuse avec le Premier ministre

L'écart entre le Président de la République et son Premier ministre se creuse. Alors que la popularité du chef de l'Etat ne cesse de décliner depuis le mois d'avril dernier, celle du Premier ministre reste stable à 40% en octobre (+ 1 point). A l'inverse, 57% ont une mauvais jugement à l'égard du chef du gouvernement et 3% ne se prononcent pas. D'un point de vue historique, ces résultats d'opinions favorables rapprochent le locataire de Matignon de François Fillon (50%, octobre 2008) et Pierre Mauroy (42% en octobre 1982), mais nettement devant Alain Juppé (24% en octobre 1996) ou Jean-Marc Ayrault (25% en octobre 2013). Résultat, "l'écart de popularité entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe n'a ainsi jamais été aussi important et s'établit aujourd'hui à 11 points. Il atteint même 15 points auprès des membres de foyers à bas revenus (inférieurs à 1.500 euros mensuels, 38% contre 19%)."

L'ancien maire du Havre réalise une percée chez les populations plus âgées. En effet, il gagne 5 points de bonnes opinions chez les plus de 65 ans où il redevient majoritairement populaire en devançant largement le chef de l'Etat (50% contre 36%). Chez les 50-64 ans, il gagne 9 points. A l'inverse, il perd du terrain chez les 35-49 ans (- 6 points à 33%). Chez les cadres (49%, +2 points) et chez les retraités (47%, + 6 points), Edouard Philippe se trouve en position favorable mais cette situation pourrait être éphémère. En effet, les mesures socio-fiscales contenues dans le budget 2019 ont été jugées défavorables aux retraités dans une récente étude réalisée par les économistes de l'institut des politiques publiques. Par ailleurs, la prochaine réforme des retraites, programmée pour 2019, promet quelques débats houleux dans l'opinion publique. Ce possible renforcement du mécontentement chez les retraités pourrait encore éroder la cote de confiance de M. Macron.

> Lire aussi : Budget 2019 : les retraités grands perdants

Sur le plan politique, le Premier ministre issu du camp des Républicains devance nettement le chef de l'Etat auprès des sympathisants de son ancien parti (45% contre 27%) et de sympathisants UDI (65% contre 42%), "mais également, à un niveau moindre auprès de ceux du PS (37% contre 26%) et de ceux de la gauche non socialiste (26% contre 16%) alors qu'ils font jeu égal chez les sympathisants LaREM (96% et 89%)" ajoute l'organisme de sondages.

Mélenchon en chute libre

Les récents déboires de Jean-Luc Mélenchon, lors des perquisitions menées à son domicile et chez plusieurs membres de son équipe ainsi que les enquête menées sur plusieurs fronts, ont pesé sur l'opinion publique. Selon les résultats récoltés par BVA, la cote d'influence du député des Bouches-du-Rhône auprès des Français a chuté de 7 points et atteint désormais 18%. Le leader de la France insoumise perd 15 points chez les sympathisants de la gauche à 41%. Il passe ainsi de la première place à la septième place derrière François Ruffin. Sur le podium, figure en première place l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira avec 61% d'opinions favorables. Elle est suivie de Benoît Hamon  avec 56% de jugements positifs. Et enfin Nicolas Hulot qui collecte 54% d'opinions favorables.

A droite, Xavier Bertrand demeure en première position chez les sympathisants de la droite et chez les sympathisants Les Républicains avec 58% de répondants ayant une bonne opinion chez les premiers et 68 chez les LR. Le président de la région des Hauts-De-France est suivi par François Baroin et Laurent Wauquiez. L'ancienne députée du Vaucluse Marion Maréchal Le Pen arrive en cinquième position.

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(*) Méthode : enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 24 au 25 octobre 2018 sur un échantillon de 1.090 personnes. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage et de la personne interrogée, région et catégorie d'agglomération.

Grégoire Normand

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