La popularité de Macron chute aussi chez les chefs d'entreprise

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Cette insatisfaction croissante à l’égard du pouvoir s’inscrit aussi dans un climat où la confiance dans l’avenir de l’économie française et
mondiale est en berne : moins 25 points pour l’économie mondiale (38% se déclarent confiants) et moins 29 points pour l’économie
française (36% de confiants) précise OpinionWay.
"Cette insatisfaction croissante à l’égard du pouvoir s’inscrit aussi dans un climat où la confiance dans l’avenir de l’économie française et mondiale est en berne : moins 25 points pour l’économie mondiale (38% se déclarent confiants) et moins 29 points pour l’économie française (36% de confiants)" précise OpinionWay. (Crédits : Philippe Wojazer)
Interrogés au mois de septembre par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/ Europe1 dans le cadre de "La grande consultation", près de deux tiers des patrons (63%) sont mécontents de l'action d'Emmanuel Macron. C'est 18 points de plus que lors de la dernière enquête menée au mois de juillet dernier.

La fin d'année s'annonce compliquée pour Emmanuel Macron. Selon la dernière grande consultation réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune, Europe 1, la popularité du chef de l'Etat auprès des chefs d'entreprise est au plus bas depuis son élection en mai 2017. Ils sont désormais 36% à se déclarer satisfaits de l'action menée par le président de la République contre 54% lors de la dernière enquête réalisée à la fin du mois de juillet. Il perd au total 18 points en l'espace de deux mois. A l'opposé, les répondants qui estiment que la politique menée par la Présidence est insatisfaisante sont 63%, contre 45% en juillet. Certes, la politique menée par Emmanuel Macron reste mieux appréciée par les dirigeants d'entreprise que par les Français, mais les patrons qui représentaient une catégorie très favorable pour le locataire de l'Elysée semblent désormais eux aussi ressentir de la déception. C'est une mauvaise nouvelle pour l'exécutif qui a traversé un été plombé par les polémiques avec l'affaire Benalla et une croissance en berne.

> Lire aussi : Croissance : l'Insee confirme le coup de frein

Une politique perçue comme moins favorable aux entreprises

L'examen des résultats obtenus par l'institut de sondages indique que ce net décrochage "n'est pas sans lien avec le sentiment que la politique économique du
gouvernement tend à être moins orientée vers les entreprises." 46% des interrogés jugent que le gouvernement donne la priorité à la flexibilité pour les entreprises alors qu'ils étaient 53% il y a un an et 61% en janvier dernier.  A l'inverse, Ils sont 8% à penser que la priorité est d' assurer la sécurité des salariés contre seulement 4% en janvier dernier. Enfin, 45% des répondants ont indiqué que l'action menée était équilibrée contre 35% en début d'année.

De manière générale, l'indicateur qui mesure le degré d'optimisme des chefs d'entreprise a clairement plongé. Il est passé de 132 à 99 en septembre. Ainsi, même si les patrons sont encore 74% à se déclarer confiants sur les perspectives d'activité pour leurs entreprises, ils étaient encore 79% il y a deux mois. Surtout, le niveau de confiance des dirigeants dans l'économie mondiale (-25 points à 38%) et dans l'économie française (-29 points à 36%) est en chute libre. La montée en puissance des populismes et la multiplication des tensions sur la scène du commerce international assombrissent la confiance des dirigeants. En France, la baisse de la consommation des Français lors du premier semestre a contribué au ralentissement de l'activité.

> Lire aussi : Le protectionnisme de Trump inquiète les industriels français

Une loi Pacte peu connue

En dépit des discussions parlementaires actuelles sur la loi Pacte, seulement 12% des interrogés déclarent connaître certaines des principales mesures du texte de loi, "même si sa notoriété est un peu plus élevée parmi les entreprises de 10 salariés ou plus (31%)" précise l'organisme de sondages. La mesure la plus marquante est la simplification de la transmission d'entreprise. Cette faible notoriété de ce texte de loi auprès des chefs d'entreprise peut paraître surprenante alors que le gouvernement a déployé des moyens considérables pour communiquer sur ce texte à l'égard des entreprises.

> Lire aussi : Loi Pacte : les députés entérinent la création d'un guichet unique électronique

Le prélèvement à la source approuvé

Malgré les inquiétudes exprimées par des dirigeants d'entreprise et les premières hésitations du gouvernement au début du mois de septembre, les répondants approuvent à une large majorité (64%) le maintien du prélèvement à la source à partir du premier janvier 2019. Seulement un tiers des interrogés pense que Edouard Philippe aurait dû abandonner cette réforme. Evidemment ces résultats masquent des disparités entre les tailles d'entreprise. Ils sont 82% à approuver ce dispositif chez les entreprises de 10 salariés ou plus et 63% chez les entreprises de moins de 10 salariés. Avec moins de personnel compétent, ces dernières peuvent avoir le sentiment d'être moins préparées au basculement dans quelques mois.

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Méthode : étude réalisée auprès d'un échantillon de 601 dirigeants d'entreprise. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation. Les interviews ont été réalisées par téléphone du lundi 10 au lundi 17 septembre 2018.

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a écrit le 28/09/2018 à 11:12 :
pas étonnant, Macron demande des efforts à tous sauf à lui, il continue d'augmenter les dépenses d'un Etat déjà obèse. Quand les taux vont repartir à la hausse la France sera en faillite. Je ne vois pas la différence avec ses prédécesseurs, il serait même plutôt pire (moins honnête intellectuellement qu'Hollande).Son discours à l'ONU se résume à "faites ce que je dis, pas ce que je fais en France".
a écrit le 27/09/2018 à 21:18 :
Un sondage sur 601 dirigeants d'entreprise pour un tissu économique français qui
doit dépasser les deux millions d'entreprises?
Qui peut croire sérieusement qu'avec une telle faiblesse de l'échantillon, comme
également ceux réalisés en matière politique sur un millier de personnes, on a
une image représentative de la réalité ?
a écrit le 27/09/2018 à 15:38 :
Bah, pourtant il les a bien épargnés... De toute manière il n'y aura jamis d'heureux, plus on en donne, et plus on en veut... donc retour de baton massif, comme ça ils auront un motif valable d’être mécontents : mieux rétribuer leurs employés pour soutenir la croissance qui soutiendra etc etc...
a écrit le 27/09/2018 à 13:17 :
Eh bien même pas la reconnaissance du ventre.
Ils devraient quand même faire attention car le prochain package présidentiel risque fort de ne pas être aussi complaisant;
a écrit le 27/09/2018 à 12:21 :
Tout le monde veut tout tout de suite quel qu'en soit le coût. On a beau être patron, on n'en est pas moins homme. Après tout c'est simple,comme l'eau de roche; il n'y a qu'à s'endetter et passer la dette aux prochaines génération. Voyons un peu d'inventivité manu !
a écrit le 27/09/2018 à 11:39 :
Mr Macron compte bien plus sur l'administration hors sol de l'UE de Bruxelles pour sa carrières et popularité que des français, qu'il considère comme des sujets!
a écrit le 27/09/2018 à 11:35 :
Nouveau parcours du chômeur version Macron
Acte 1 Rupture conventionnelle
Acte 2 Plafonnement des indemnités prud'homales
Acte 3 Diminution des droits des chômeurs, mois d'indemnités sur une période plus courte.
Plus de 50 ans , la potion va être amère, il vaut mieux se faire écraser en traversant la rue, car pour retrouver du boulot, c'est pas gagné.
Et malgré cette flexibilité version Macron, le chômage persiste et comme la sœur Anne , on ne voit rien venir.
a écrit le 27/09/2018 à 11:21 :
Que veulent les patrons ? Cela fait des décennies qu’un gouvernement n’a pas été aussi généreux avec les entreprises. Plus grande flexibilité dans la gestion du personnel, diminution des charges et des impôts. Que demander de plus ? Il faut que les patrons cessent de rêver et fasse preuve d’un peu plus de jugeote. Beaucoup d’entre eux n’ont pas le niveau minimum pour gérer une entreprise. Quand on est déficient, chercher la cause de ses problèmes chez les autres n’est pas une solution. Il faut cesser cette critique permanente et être plus constructif. Un gouvernement ne peut pas tout. Il ne peut que créer les conditions nécessaires au développement des entreprises. Ensuite cela dépend de la capacité à l’entreprise à exploiter ce cadre et de l’évolution du marché. Pour l’instant, l’économie mondiale peut inquiéter mais est-ce la faute du gouvernement ?
Pour éviter toute méprise, j’ajoute que je ne désapprouve pas cette politique favorable aux entreprises
Réponse de le 27/09/2018 à 12:41 :
C'est simple à comprendre : Croissance la plus faible de l'Europe, chômage persistant, dette explosive, budget artificiel, baisse du niveau de vie des Français, fiscalité confiscatoire, pas de réduction des dépenses, petits vieux à la ruine, CSG en hausse, fonctionnaires pléthoriques.
a écrit le 27/09/2018 à 11:15 :
C'est l'hôpital qui se fout de la charité.
S'ils réfléchissent objectivement, ils n'ont rien à espérer de mieux globalement.
S'ils souhaitent voir arriver un pouvoir populiste ou très à gauche, iln 'y aura rien pour eux de mieux, et c'est bien de ce côté qu'il pourrait y avoir des changements politiques lors de prochaines élections.
Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de grains à moudre avec ce pouvoir, encore faut-ils qu'ils soient bien représentés.
a écrit le 27/09/2018 à 9:37 :
Logique, la majorité des patrons n'étant pas multimilliardaires aux multiples comptes off shore ou dans d'autres paradis fiscaux, nos crétinéolibéraux sont en train de prendre leur argent, via celui des consommateurs, pour les donner à ceux qui s’évadent fiscalement.

On voit mal comment un patron pourrait être content de voir ses clients s’appauvrir.
a écrit le 27/09/2018 à 9:00 :
tout est fait pour pénaliser les petites entreprises et les petits patrons afin de les faire fermer et être récupérés par les gros (la finance derrière tout cela)
a écrit le 27/09/2018 à 8:51 :
C'est normal que du bla bla et du bricolage!!!
a écrit le 27/09/2018 à 8:34 :
C'est logique, Macron n'est finalement qu'un fonctionnaire qui se fait un look de manager,mais c'est un banal rond de cuir.
Réponse de le 28/09/2018 à 11:28 :
Description parfaite de votre mini presidium. On ne peut mieux dire. Pourtant avant son election il etait facile de voir que sous son vernis de petit bourgeois, le rond de cuir etait bien present. Allez, courage, encore 4 ans.

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