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La popularité de Macron rebondit

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 25 janvier 2019 à 04:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:02

Macron promet de debattre dans toutes les regions metropolitaines

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L'enquête mensuelle réalisée par BVA pour La Tribune-Orange-RTL indique que 31% des Français ont une opinion favorable d'Emmanuel Macron contre 27% en décembre.

La popularité du chef de l'État retrouve des couleurs. Selon le dernier baromètre réalisé par BVA pour La Tribune, Orange et RTL, la part des Français interrogés ayant une mauvaise opinion du Président de la République est en baisse en ce début d'année pour atteindre 69% contre 72% en décembre. À l'opposé, la part des opinions favorables se redresse pour atteindre 31% contre 27% en fin d'année 2018.

Après une séquence très difficile qui a duré presque six mois, la chute dans les sondages cesse alors qu'Emmanuel Macron tente d'apaiser la colère des "gilets jaunes" depuis des semaines. La période difficile est cependant loin d'être terminée. Plusieurs groupes de "gilets jaunes" se préparent à l'acte XI samedi prochain et l'organisation du grand débat a suscité de nombreuses polémiques lors de la semaine de lancement.

Plus populaire chez les retraités

Dans le détail, le locataire de l'Élysée a gagné en popularité chez les retraités. D'après les résultats collectés par l'institut de sondages, la part de réponses favorables dans cette catégorie a progressé de 5 points depuis décembre et 8 points depuis novembre pour atteindre 40% en janvier.

Les personnes faisant partie d'un foyer ayant des revenus inférieurs à 1.500 euros ont également signalé plus réponses favorables à l'égard de l'ancien ministre de l'Économie.(25%; +4 depuis décembre, +6 depuis novembre). Pour les auteurs de l'enquête d'opinion, il semble que l'arsenal de mesures en faveur du pouvoir d'achat présenté par Emmanuel Macron le 10 décembre dernier ait porté ses fruits. L'annulation de la hausse de la contribution sociale générale (CSG) pour les retraités ayant une pension inférieure à 2.000 euros et la revalorisation de prime d'activité pour les salariés au SMIC semblent avoir trouvé un écho dans l'opinion publique.

> Lire aussi : Les mesures "Gilets jaunes" devraient booster le pouvoir d'achat (des actifs)

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Par ailleurs, la volonté de l'ancien haut-fonctionnaire de poursuivre les réformes comme il l'a annoncé lors de ses voeux semble "avoir parlé aux cadres (51% de bonnes opinions, +10 points) et trouvé un certain écho chez les sympathisants LR (30%; +4 points depuis décembre, +7 points depuis novembre), même si ces derniers demeurent majoritairement sur leurs gardes (70% continuent d'avoir une mauvaise opinion du Président)."

> Lire aussi : Emmanuel Macron peut-il accélérer les réformes  ?

En dépit de ces améliorations, Emmanuel Macron demeure le chef d'État le plus impopulaire après 20 mois de premier mandat depuis 1981, au même niveau que François Hollande (31% de réponses positives). Après avoir exercé une durée de mandat similaire à la tête de la présidence de la République, François Mitterrand avait recueilli 48% d'opinions favorables en janvier 1983 contre 47% pour Nicolas Sarkozy en janvier 20009, 37% pour Jacques Chirac en janvier 1997.

Édouard Philippe plus populaire

Les gains de popularité ne concernent pas que le chef de l'État. En effet, le rebond de la part des opinions positives à l'égard du Premier ministre est encore plus marqué. Edouard Philippe a gagné 6 points de popularité entre décembre et janvier passant de 30% à 36%. Après avoir connu une forte chute lors des précédents baromètres réalisés entre octobre et décembre, le chef du gouvernement regagne des points dans l'opinion des Français. Depuis son arrivée à Matignon en mai 2017, il a tout de même perdu 23 points de réponses positives.

"À l'instar d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe voit notamment sa popularité progresser chez les retraités (47% ; +9) et les sympathisants LR (46% ; +9). Il demeure en revanche très impopulaire chez les personnes vivant en zone rurale (27% ; -2 de bonnes opinions seulement), ces derniers ayant sans doute toujours en mémoire la baisse de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires" qui avait alimenté un large mécontentement explique BVA.

Les "gilets jaunes" encore largement soutenus

Alors que plusieurs groupes de "gilets jaunes" ont appelé à manifester samedi prochain après plus de deux mois de mobilisations, ce mouvement social inédit dans sa durée est encore approuvé par une large majorité de Français (64%, -1 point par rapport à novembre). Ils sont au contraire 36% à le désapprouver (+3 points). "Ainsi, malgré les violences ayant émaillé certaines manifestations, les annonces d'Emmanuel Macron et la mise en place d'un grand débat national, le soutien de l'opinion au mouvement des 'gilets jaunes' reste élevé, notamment parmi les jeunes (71% des 18-24 ans), les catégories populaires (78%), les personnes vivant en zone rurale (65%) ou dans de petites agglomérations (67%)", indiquent les auteurs de l'enquête d'opinion.

Une majorité de Français favorables à la poursuite du mouvement

Malgré la mise en place des mesures destinées à soutenir les salariés aux revenus modestes et les petites retraites, une majorité de répondants (53%) estiment que les manifestations doivent se poursuivre "afin de maintenir la pression sur le gouvernement". Et malgré le lancement du grand débat la semaine dernière, la contestation est loin de s'apaiser.

À l'inverse, 47% des personnes interrogées estiment que les mobilisations doivent marquer une pause en attendant les décisions qui seront prises à l'issue du grand débat. "Ce sont les mêmes catégories de population qui appellent de leurs vœux une poursuite des manifestations (jeunes, personnes touchant de faibles revenus ou vivant en zone périurbaine), tandis que les personnes âgées ou les catégories aisées expriment davantage le souhait que le mouvement s'arrête le temps du débat."

Une majorité de Français indifférents au grand débat

La mise en oeuvre du grand débat à l'échelle du territoire français a suscité beaucoup d'interrogations et de réserves durant les trois premières semaines de janvier. Interrogés sur ce thème, une majorité de Français semblent exprimer de l'indifférence à l'égard de cet événement puisqu'ils sont 51% à indiquer ne pas avoir vraiment d'opinion à ce sujet. Les résultats obtenus lors de l'enquête ont permis à BVA de distinguer trois groupes de répondants :

- Ceux qui sont approuvent le mouvement des "gilets jaunes" et n'attendent rien du grand débat (23%);

- ceux qui approuvent le mouvement des "gilets jaunes", mais laissent une chance au grand débat, soit parce qu'ils en ont une opinion positive, soit parce qu'ils attendent de voir ce qu'il en sortira (41%);

- ceux qui n'approuvent pas le mouvement des "gilets jaunes" (36%) et constituent une catégorie de population plutôt favorable à Emmanuel Macron.

Pour Christelle Craplet, directrice de clientèle chez BVA, "la manière dont le grand débat national va se dérouler aura une importance déterminante dans l'évolution de l'opinion lors des prochaines semaines. Si Emmanuel Macron connaît en ce début d'année un certain répit et voit sa popularité remonter, celle-ci demeure à un niveau faible et pourrait de nouveau reculer si les Français avaient le sentiment que le débat ne débouchera pas sur de réelles évolutions."

Le piège des élections européennes

Alors que les élections européennes approchent à grands pas, le contexte de crise sociale actuelle pourrait potentiellement avoir un impact sur ce scrutin souligne BVA. Si au mois de décembre, 37% déclaraient vouloir par leur vote témoigner de leur opposition au gouvernement contre 26% aujourd'hui, les personnes qui approuvent le mouvement des "gilets jaunes" sont plus nombreuses que la moyenne à exprimer une volonté d'opposition à l'égard de l'exécutif (36% contre 26%).

Rapport de résultats - BVA Orange La Tribune RTL - Baromètre politique Vague publié par latribune.fr

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Méthode : Enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français interrogés par Internet du 23 au 24 janvier 2019. Échantillon de 1.023 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Grégoire Normand

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