Ce repli s'explique par une « nouvelle baisse marquée du volume global des commandes », selon l'agence S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB), reflétant elle-même « la morosité de la demande sur les marchés internationaux ».
C'est son « plus fort repli » depuis mai 2020. L'indice des acheteurs pour l'industrie manufacturière s'est établi à 41,9 en décembre, contre 43,1 en novembre, selon l'indice PMI publié ce jeudi par l'agence S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB). Pour rappel, un indice inférieur à 50 signale une contraction.
Un recul qui s'inscrit dans une tendance de fond puisqu'en novembre, la production manufacturière l'indice PMI s'était établi à 43,1, contre 44,5 en octobre, le taux de contraction le plus élevé depuis décembre 2023.
Et, à nouveau, le repli de décembre s'explique par une « nouvelle baisse marquée du volume global des commandes », notamment dans les secteurs de l'automobile et du bâtiment, détaille le communiqué. « La faiblesse de la demande s'est répercutée sur le niveau des stocks, lesquels ont reculé en décembre. »
L'emploi a « de nouveau diminué, les effectifs ayant reculé à un rythme nettement plus marqué qu'en novembre, tandis que les fabricants ont réduit leurs prix de vente afin de stimuler leurs ventes », ajoute-t-il. Le recul de la production « reflète principalement un environnement défavorable à la demande », indiquent S&P Global et HCOB.
Et le repli du volume global des nouvelles commandes reflète aussi « la morosité de la demande sur les marchés internationaux », puisque les ventes à l'export ont diminué en décembre, suivant ainsi « la tendance enregistrée depuis presque trois ans ».
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Les entreprises manufacturières françaises « se sont dites pessimistes » quant à une hausse de leur activité dans les douze prochains mois : « La crainte d'un recul prolongé de la demande, le climat d'incertitude politique actuel et la faiblesse des dépenses d'investissements chez les clients ont, selon les répondants, pesé sur le niveau de la confiance », souligne le communiqué.
De manière générale, c'est l'activité de l'ensemble du secteur privé qui a reculé pour le quatrième mois consécutif en décembre, selon l'indice PMI Flash HCOB publié mi-décembre. Celui-ci s'est établi à 46,7 en décembre contre 45,9 en novembre, une légère progression, mais toujours en zone négative.
« La conjoncture économique française ne montre aucun signe d'amélioration », a écrit dans un commentaire le Dr Tariq Kamal Chaudhry, économiste à la Hamburg Commercial Bank, qui juge « particulièrement désastreux » le bilan 2024 de l'activité manufacturière, « talon d'Achille de l'économie française ». Il ne voit « aucun espoir de reprise prochaine » pour le secteur privé dans son ensemble.
« L'instabilité politique, qui laisse la France sans gouvernement ni budget approuvé pour 2025, devrait persister au cours de l'année à venir. Il est en outre difficile d'imaginer que la nomination hâtive de François Bayrou, politicien certes chevronné, au poste de Premier ministre par le président Emmanuel Macron pourra engendrer plus de stabilité. Bayrou manque en effet de soutiens à gauche comme à droite, et pourrait de ce fait subir le même sort que Michel Barnier », l'ancien Premier ministre censuré à l'Assemblée nationale le 4 décembre, estime encore l'économiste pour qui « l'instabilité politique semble de toute évidence vouloir perdurer ».