Vin, céréales : année sombre pour la production agricole

La production de blé tendre chuterait de 27,0 % en 2024, selon la première estimation de l'Insee.
Quentin Top / Hans Lucas via Reuters Connect

La production de blé tendre chuterait de 27,0 % en 2024, selon la première estimation de l'Insee.
Quentin Top / Hans Lucas via Reuters Connect
Mauvaise année sur le front de la récolte pour les agriculteurs. Alors que l'inquiétude a atteint son paroxysme dans la profession après l'aval donné par la Commission européenne à l'accord avec le Mercosur - qui doit encore être validé par les Etats -, la première estimation des récoltes donnée par l'Insee atteste d'une année déjà difficile pour le secteur agricole.
En témoigne la baisse de production générale relevée par l'Insee, dans son rapport publié ce jeudi. En 2024, les volumes ont ainsi connu une baisse de 3,4%, alors qu'ils augmentaient de 3% en 2023. En valeur, la chute de « la production de la branche agricole hors subvention sur les produits » est d'autant plus importante : -7,5% en 2024 contre -1,5% en 2023, « mettant fin à la forte augmentation des deux années précédentes », précise l'Insee.
Un mauvais résultat qui s'explique en premier lieu par les difficultés rencontrées par les producteurs de céréales ces derniers mois. « Les récoltes reculeraient de 16,3%, indique l'Insee. En particulier, la production de blé tendre chuterait de 27,0 %. » Les cultures de céréales ont, en effet, subi de plein fouet tant les vagues de chaleur que les épisodes orageux de l'été. Auxquels s'ajoute une réduction de la surface cultivée (-11,8% par rapport à 2023). En cause notamment, la prolifération de mauvaises herbes et le regain de maladies.
Les événements climatiques particulièrement violents de cette année - ainsi que la présence de mildiou (champignon parasite spécifique de la vigne) dans le Jura notamment - ont également impacté la production viticole. Cette dernière serait même la plus touchée, selon l'Insee, « avec une chute de 20,5% en volume, toutes les régions viticoles ayant subi des conditions météorologiques défavorables, depuis la floraison jusqu'aux vendanges ». Dans le détail, « la baisse serait de 16,5% pour le champagne, de 20,4% pour les autres vins d'appellation, et atteindrait 26,4% pour les vins sans appellation ».
Et ce, alors que, l'an passé, la France avait ravi à l'Italie le statut de premier producteur mondial de vin, dans un contexte de baisse mondiale. A l'échelle de la planète, la production avait, en effet, chuté de 7%, à son plus bas niveau depuis 1961, selon une estimation de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), publiée en novembre 2023. Celle de la France était, en revanche, restée stable lui permettant d'accéder au sommet du classement. Rome devrait néanmoins récupérer son rang cette année, les vendanges devant conduire à une augmentation de 8% de la production viticole italienne comparé à 2023, annonçait, en septembre, Coldiretti, la principale organisation agricole italienne.
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Point positif néanmoins : la production de fruits observe, elle, un timide redressement +1,2%, tirée à la hausse par la bonne collecte de pommes qui augmenterait de 7,4% en volume. Un chiffre qui atteint +21,8% pour les noix et +11,5% pour les poires. Il en va de même pour les légumes dont la production augmenterait de 4,3%, indique encore l'Insee qui précise que les récoltes seraient en hausse pour pratiquement tous les légumes, les rares exceptions étant les courgettes (-9,7 %), les potirons (-9,3 %), l'ail (-6,5 %) et les petits pois (-6,0 %).
Enfin, en ce qui concerne la production animale, elle augmenterait très légèrement en volume (+0,9 %) en 2024. Un constat qui s'explique par la forte hausse de la production de volailles (+13,8 %) en comparaison avec une année 2023 encore marquée au premier trimestre par l'épizootie aviaire. En outre, « après avoir diminué en France depuis une vingtaine d'années, le cheptel porcin se redresserait légèrement (+0,9 %) », note l'Insee qui pointe, en revanche, les conséquences de l'épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO) qui a frappé la France à partir de l'été. En septembre dernier, elle avait déjà provoqué la perte de 10% du cheptel de brebis, selon le président du principal syndicat agricole, la FNSEA, Arnaud Rousseau.
Du côté des prix, c'est également la dégringolade : l'agriculture française aurait généré moins de 90 milliards d'euros en 2024. Alors qu'ils avaient grimpé en 2021 et 2022 du fait de la guerre en Ukraine, les prix de la production agricole ont ainsi poursuivi leur baisse entamée en 2023 (-4,4%) avec -4,2% en 2024.
Concernant le vin, « les prix reculeraient de 1,5 %, la chute des volumes ne suffisant pas à compenser la moindre demande, intérieure comme à l'exportation ». Seule exception, note toutefois l'Insee : le prix du champagne. Il augmente, lui, de 7,6%. A l'inverse, la baisse des prix des autres vins d'appellation est de 6,2 % et de 4,9% pour les vins sans appellation.
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Pour les céréales, après une baisse des prix de 30% en 2023, ils chuteraient encore de 4,9% cette année, pointe l'Insee. Dans le détail, la baisse serait de 13% pour l'orge et 4,5% pour le blé tendre. Seule embellie pour le prix du maïs qui se redresserait légèrement (+1,3 %). Quant à la production (hors subventions) de l'ensemble des produits animaux, elle baisserait de 2,3 %, la remontée de la production de volailles s'accompagnant d'une baisse des prix.