Le déficit budgétaire atteint plus de 173 milliards d’euros
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Le déficit public de la France a ainsi continué de se creuser cette année malgré la fin du « quoi qu'il en coûte » (Photo d'illustration).
ANTONIO BRONIC
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Le déficit public de la France a ainsi continué de se creuser cette année malgré la fin du « quoi qu'il en coûte » (Photo d'illustration).
ANTONIO BRONIC
Le déficit du budget de l'Etat français continue de se creuser. Il s'est établi à 173,783 milliards d'euros fin septembre, selon les données publiées ce mardi par le ministère des Comptes publics. Fin août, il s'élevait à 171,906 milliards. Du mieux néanmoins comparé à l'année dernière, où il atteignait 186,123 milliards d'euros.
Le déficit public de la France ne s'est pas résorbé, malgré la fin du « quoi qu'il en coûte » mis en place avec la pandémie de Covid-19 et des mesures de soutien lancées après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, début 2022. En cause notamment, des recettes fiscales moins élevées qu'attendu. Pire, l'ancien gouvernement a mal anticipé ce dérapage : alors qu'il prévoyait un déficit de 5,1% du PIB 2024, le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, Antoine Armand, récemment entré en fonctions, a revu ce chiffre à... 6,2%.
La France a d'ailleurs été pointée du doigt par la Commission européenne pour avoir dépassé les 3% du PIB de déficit définis par les règles budgétaires de l'UE. Cette dernière a ainsi lancé une procédure en déficit excessif contre le pays. Paris a néanmoins obtenu un délai jusqu'au 31 octobre pour présenter sa trajectoire pluriannuelle des finances publiques, initialement attendue le 20 septembre.
Dans ce contexte, le gouvernement souhaite ramener le déficit à 5% du PIB dès 2025 grâce à un effort budgétaire de 60 milliards d'euros dont 20 milliards proviennent de hausses d'impôts et 40 milliards d'euros de réduction des dépenses. Puis revenir dans les clous européens en 2029, avec un déficit de 2,8% du PIB.
La charge de la dette est aujourd'hui le deuxième poste budgétaire derrière l'éducation, avec plus de 50 milliards d'euros, et elle pourrait devenir le premier d'ici à 2027. Cela réduit d'autant les marges de manœuvre financières.
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Les députés ont ainsi entamé fin octobre l'examen de la partie « recettes » du budget de l'Etat pour 2025. Cependant, le gouvernement peine à convaincre une Assemblée nationale fragmentée où il est minoritaire, ce qui laisse entrevoir la possibilité d'une adoption grâce à l'article 49.3 de la Constitution. Et ce, même si le gouvernement a insisté de nouveau, fin octobre, sur sa volonté d'aller jusqu'au vote. Il a pourtant déjà subi de nombreuses défaites à l'Assemblée, notamment la suppression de la surtaxe temporaire des grandes entreprises (dont la gauche avait préalablement augmenté les taux) et la suppression de la surtaxe sur l'électricité (combattue par ses propres troupes).
Pour l'heure, la dette française séduit néanmoins toujours les investisseurs, mais ses taux d'intérêt sont désormais au niveau de ceux de pays comme le Portugal ou l'Espagne, réputés plus risqués.
Par ailleurs, la commission des Finances de l'Assemblée nationale a, de son côté, demandé à obtenir les pouvoirs d'une commission d'enquête pour se pencher sur les raisons de ce déficit excessif. Son homologue du Sénat a, elle, relancé une mission d'information sur la dégradation des comptes publics.
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Le Sénat, dont la majorité de droite et du centre s'inscrivait dans l'opposition jusqu'à la nomination de Michel Barnier à Matignon, s'était, en effet, montré très offensif ces dernières années contre Bercy et Bruno Le Maire, régulièrement accusé d'« insincérité » et d'« opacité » vis-à-vis du Parlement. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et les ex-Premiers ministres Elisabeth Borne et Gabriel Attal seront auditionnés ces prochains jours au Sénat dans le cadre de la mission d'information sur la dégradation des comptes publics.
(Avec agences)
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