Le déficit commercial se creuse au premier trimestre

le havre port
Reuters
La dynamique des échanges commerciaux ralentit. Après trois trimestres consécutifs relativement stables, le déficit commercial a augmenté au cours du premier trimestre pour s'établir à 15,8 milliards d'euros. Selon les chiffres communiqués par les douanes ce vendredi 4 mai, ce déficit reste néanmoins inférieur à celui du premier trimestre 2017 (19 milliards). Sur douze mois, le déficit cumulé atteint 59,2 milliards d'euros, contre 62,7 milliards pour l'année 2017, précise le communiqué.
Pour le gouvernement qui veut favoriser les exportations des entreprises françaises, ces derniers chiffres représentent encore un mauvais signal. Même si la conjoncture a été très favorable en 2017 avec une croissance à 2%, le déficit commercial s'est encore creusé de 25% ces deux dernières années, au point de peser sur le PIB d'environ 0,6 point par an.
Après trois trimestres favorables, les exportations se replient au premier trimestre 2018. En parallèle, les importations se sont stabilisées. Parmi les facteurs avancés par l'administration, les moins bons résultats du commerce extérieur s'expliquent autant "par l'aggravation du déficit manufacturier que par l'alourdissement de la facture énergétique".
Avec la remontée des prix du pétrole, le déficit énergétique est passé de 10 milliards au quatrième trimestre 2017 à 10,5 milliards à l'issue du premier trimestre 2018. Le prix du baril à 67 dollars n'avait pas été atteint depuis 2015. La réduction de la production mise en oeuvre par les pays de l'Opep et la Russie et la hausse de la demande mondiale ont entraîné une augmentation des prix de l'or noir.
Le solde commercial s'est également dégradé en raison des moins bonnes exportations du secteur manufacturier. La contraction s'explique également par des contre-performances dans l'aéronautique "et, dans de moindres proportions, de la baisse des ventes de la plupart des autres produits manufacturés."
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

> Lire aussi : Industrie : pourquoi le solde commercial se détériore
Seules les exportations de bateaux se portent bien avec une très forte croissance des livraisons au cours des trois premiers mois de l'année. Au premier trimestre, elles constituent la plus forte contribution positive à l'évolution des exportations. "Elles reposent sur la livraison en mars de bateaux de croisière et permettent de dégager un excédent de 1,3 milliard." Les exportations d'électricité ont également progressé de 20,8%, tout comme celles d'hydrocarbures naturels (+28%).
Par zone géographique, les ventes vers l'Asie se contractent fortement. Selon le département de statistiques des douanes, la Chine qui est de loin le premier client sur le continent asiatique contribue le plus à ce retrait alors que le géant chinois absorbe un quart des exportations françaises. Les exportations vers l'Afrique enregistrent une importante baisse, après une croissance éphémère au dernier trimestre 2017. Vers l'UE, les ventes baissent légèrement au premier trimestre -0,2% après 1,5% au trimestre précédent. Les livraisons reculent à destination de l'Espagne et des Pays-Bas alors qu'elles progressent vers le Luxembourg, la Belgique et l'Allemagne.
À lire également
D'après les derniers chiffres de l'Insee, la contribution du commerce extérieur est nulle au premier trimestre après une contribution de +0,6 point au trimestre précédent. Surtout, le commerce extérieur a pendant longtemps pesé sur la croissance. Mais selon la note de conjoncture de l'Insee publiée en mars dernier, le solde commercial pourrait contribuer de manière favorable à la croissance jusqu'à la fin du premier semestre 2018. Dans une récente étude de l'Institut français des relations internationales (IFRI) consacrée à la politique étrangère d'Emmanuel Macron, l'économiste en chef de la Coface Julien Marcilly explique que la stabilité actuelle de la France est un atout pour les investisseurs face aux incertitudes qui pèsent dans de nombreux pays :