Le déficit commercial se creuse au premier trimestre

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En mars, les exportations ont progressé légèrement, de 0,4% après avoir baissé de 0,7% en février, tandis que les importations ont rebondi partiellement, de 0,8% après un recul de 1,5% le mois précédent.
En mars, les exportations ont progressé légèrement, de 0,4% après avoir baissé de 0,7% en février, tandis que les importations ont rebondi "partiellement", de 0,8% après un recul de 1,5% le mois précédent. (Crédits : Reuters)
Le déficit commercial a augmenté de 1,7 milliard d'euros au premier trimestre pour s'établir à 15,8 milliards d'euros. La hausse des prix du pétrole et les mauvaises performances de l'industrie manufacturière expliquent notamment ces résultats décevants pour le gouvernement qui veut favoriser les exportations françaises.

La dynamique des échanges commerciaux ralentit. Après trois trimestres consécutifs relativement stables, le déficit commercial a augmenté au cours du premier trimestre pour s'établir à 15,8 milliards d'euros. Selon les chiffres communiqués par les douanes ce vendredi 4 mai, ce déficit reste néanmoins inférieur à celui du premier trimestre 2017 (19 milliards). Sur douze mois, le déficit cumulé atteint 59,2 milliards d'euros, contre 62,7 milliards pour l'année 2017, précise le communiqué.

Pour le gouvernement qui veut favoriser les exportations des entreprises françaises, ces derniers chiffres représentent encore un mauvais signal. Même si la conjoncture a été très favorable en 2017 avec une croissance à 2%, le déficit commercial s'est encore creusé de 25% ces deux dernières années, au point de peser sur le PIB d'environ 0,6 point par an.

Repli des exportations

Après trois trimestres favorables, les exportations se replient au premier trimestre 2018. En parallèle, les importations se sont stabilisées. Parmi les facteurs avancés par l'administration, les moins bons résultats du commerce extérieur s'expliquent autant "par l'aggravation du déficit manufacturier que par l'alourdissement de la facture énergétique".

Avec la remontée des prix du pétrole, le déficit énergétique est passé de 10 milliards au quatrième trimestre 2017 à 10,5 milliards à l'issue du premier trimestre 2018. Le prix du baril à 67 dollars n'avait pas été atteint depuis 2015. La réduction de la production mise en oeuvre par les pays de l'Opep et la Russie et la hausse de la demande mondiale ont entraîné une augmentation des prix de l'or noir.

Le solde commercial s'est également dégradé en raison des moins bonnes exportations du secteur manufacturier. La contraction s'explique également par des contre-performances dans l'aéronautique "et, dans de moindres proportions, de la baisse des ventes de la plupart des autres produits manufacturés."

"le montant trimestriel des livraisons aéronautiques décroît fortement en raison de difficultés temporaires de production. Le solde aéronautique se dégrade de 1,6 milliard au premier trimestre, soit quasiment l'équivalent du creusement du déficit commercial."

> Lire aussiIndustrie : pourquoi le solde commercial se détériore

Des exportations de bateaux en bonne santé

Seules les exportations de bateaux se portent bien avec une très forte croissance des livraisons au cours des trois premiers mois de l'année. Au premier trimestre, elles constituent la plus forte contribution positive à l'évolution des exportations. "Elles reposent sur la livraison en mars de bateaux de croisière et permettent de dégager un excédent de 1,3 milliard." Les exportations d'électricité ont également progressé de 20,8%, tout comme celles d'hydrocarbures naturels (+28%).

Baisse marquée des exportations hors UE

Par zone géographique, les ventes vers l'Asie se contractent fortement. Selon le département de statistiques des douanes, la Chine qui est de loin le premier client sur le continent asiatique contribue le plus à ce retrait alors que le géant chinois absorbe un quart des exportations françaises. Les exportations vers l'Afrique enregistrent une importante baisse, après une croissance éphémère au dernier trimestre 2017. Vers l'UE, les ventes baissent légèrement au premier trimestre -0,2% après 1,5% au trimestre précédent. Les livraisons reculent à destination de l'Espagne et des Pays-Bas alors qu'elles progressent vers le Luxembourg, la Belgique et l'Allemagne.

Un impact neutre sur la croissance

D'après les derniers chiffres de l'Insee, la contribution du commerce extérieur est nulle au premier trimestre après une contribution de +0,6 point au trimestre précédent. Surtout, le commerce extérieur a pendant longtemps pesé sur la croissance. Mais selon la note de conjoncture de l'Insee publiée en mars dernier, le solde commercial pourrait  contribuer de manière favorable à la croissance jusqu'à la fin du premier semestre 2018. Dans une récente étude de l'Institut français des relations internationales (IFRI) consacrée à la politique étrangère d'Emmanuel Macron, l'économiste en chef de la Coface Julien Marcilly explique que la stabilité actuelle de la France est un atout pour les investisseurs face aux incertitudes qui pèsent dans de nombreux pays :

"Les mesures protectionnistes du président Trump, les modalités du Brexit au Royaume-Uni, les velléités indépendantistes d'une partie de la population catalane en Espagne, le morcellement de la scène politique et la montée en puissance des partis populistes antisystème en Italie, et même la viabilité de la nouvelle grande coalition en Allemagne sont autant de sources d'incertitude pour les entreprises. La France [...] offre un horizon politique plus dégagé et fait désormais figure de refuge pour les entreprises."

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Commentaires
a écrit le 07/05/2018 à 7:01 :
Le dilemme de la France, quel que soit le gouvernement, c'est qu'elle n'a pas compris qu'elle n'est plus "La Grande Nation" qu'elle était au siècle dernier.
Ceci nous conduit à mener une politique très coûteuse qui ne correspond plus à la réalité. Le problème est donc dans la tête même des Français.
L'UE en souffre d'ailleurs, les problème actuels de l'UE et surtout de la Zone Euro sont dus au fait que les accords ont étés pondus et imposés aux autres pays par l'Axe franco-allemand, accord qui sont souvent contraires aux intérêts même des autres pays et qui ne favorisent que l'axe franco-allemand.
Il faudra longtemps aux français pour accepter la réalité. Certains Italiens ont encore la nostalgie de l'Empire Romain.
a écrit le 06/05/2018 à 15:30 :
La mondialisation incontrôlée écrase les moins performants. La Chine qui a décidé de devenir le numéro 1 mondial dans presque tout va nous écraser, j'oubliais nous avons les services pour nous sauver, du genre "services à la personne" et les porteurs de repas à vélo.
Réponse de le 06/05/2018 à 16:24 :
je sens une pointe d'ironie dans vos propos, mais sur le fond vous avez raison. On parle de guerre économique et le terme me parait adapté, tant la concurrence est féroce. Les pays les moins performants sont ceux qui payent le plus dans cette mondialisation. Malheureusement souvent la variable d'ajustement, pour faire face çà la concurrence, se fait sur le dos des travailleurs, afin de baisser les coûts de production au maximum. Le Bengladesh en est le meilleur exemple, avant qu'on ne trouve ailleurs une main d'oeuvre encore meilleur marché ...
a écrit le 06/05/2018 à 14:11 :
Le déficit commercial se creuse au premier trimestre

Les Français constatent que Macron et le gouvernement Philippe sont dans la continuité aggravée du déclin de la France,

Macron Philippe Lemaire Darmanin font pire que sarkozy raffarin fillon hollande valls
Réponse de le 06/05/2018 à 19:06 :
Pire quì Hollande, non, c'est impossible. Il faut juger sur la durée. On verra en 2021.
Réponse de le 06/05/2018 à 20:39 :
Pire, je ne sais pas, mais bon... Continuons avec l'Euro, très bien, mais après il ne faut pas pleurer sur le déficit commercial, vu que la raison même du déficit est l'Euro qui a laminé 50% de notre industrie en 15 ans d'existence. Et l'industrie, c'est quand même 60% de nos exportations... Après, ok, il a donné plein de moyens à nos retraités, mais bon, dans l'ensemble, cette affaire d'Euro + l'élargissement n'a pas été si bien monté que ça. Si ça a été fait pour notre bien, disons que je n'en perçois pas vraiment les bénéfices.
On a raisonné en monnaie unique, en multinationales, maintenant on nous dit qu'il faut raisonner en stock d'IDE... Bien. Au bout du compte, qu'est ce que ce projet européen apporte au citoyen? Les entreprises se mettent là ou bon leur semble. Le financement de ces entreprises échappe complètement à 99% des français, la monnaie n'est pas favorable à la production locale, les frontières sont ouvertes et les contrats sont moins solides. Quand on vote, rien ne change vraiment, les décisions sont quand même prises à Berlin. Bon...
Le mieux est de s'occuper d'autre chose que d'économie ou de politique, parce que ça ne veux plus rien dire pour nous. Le plus simple est de continuer à s'abstenir et de regarder de loin les pantins qui s'agitent. On a pas de projet politique en France, il n'y a pas de projet politique pour la France.
a écrit le 06/05/2018 à 11:56 :
Le déficit commercial doit être mis en parallèle avec les destructions d’emplois dans les secteurs exposés à la concurrence. Par exemple un article du Figaro en date du 14 février 2018 signale que: « L'industrie manufacturière est le secteur de l'économie française qui a connu le repli le plus fort entre 2006 et 2015, ayant perdu plus du quart de ses établissements et de ses salariés, selon une étude de l'Insee publiée mercredi. Sur cette période, le nombre d'établissements employeurs dans l'industrie manufacturière a diminué de 27.300, soit de 18%, et le nombre de salariés de ces établissements de 530.000 (-16%). "C'est le secteur dont le repli a été le plus fort sur cette période, loin devant le secteur de la construction, dans lequel le nombre d'établissements a diminué de 19.200 (-9%) et le nombre de salariés de presque 100.000 (-7%)", indique l'institut statistique. »

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/02/14/97002-20180214FILWWW00280-france-l-industrie-manufacturiere-en-fort-repli.php

Quand on ne produit plus sur place ou ce qui encore produit sur place n'est pas compétitif il faut importer ce qui est produit ailleurs y compris éventuellement par des entreprises françaises implantées en Allemagne,en Pologne, en Espagne,etc et fermer ce qui n'est pas compétitif en France, c'est la logique du système (UE, Euro, etc) dans laquelle la France s'est mise. Les destructions d’emplois dans l’industrie avaient déjà commencé avant 2006 mais dans les années 90 la France était encore capable de faire des excédents commerciaux.. Après il y eu l’UE et l’Euro lequel a accentué les divergences économiques entre les « bons élèves » comme l’Allemagne et les « mauvais » comme la France.

https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/Main/GlobalResearch/GetDocument/GFj0J7BRarKAsAZKOBG64Q==
a écrit le 05/05/2018 à 11:17 :
Ça commence à devenir profondément inquiétant ce déficit permanent sans cesse en augmentation.

Il fait quoi notre vrp !? On nous met des commerciaux au pouvoir qui ne savent rien vendre, au secours.
a écrit le 05/05/2018 à 7:41 :
la politique Macron est en marche ,..... a la baisse !
Sauf pour la paupérisation des classes moyennes a la hausse !

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