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ÉconomieFrance

Le déficit français atteint 6,1% en 2024

latribune.fr

Publié le 06 novembre 2024 à 13:38 - Mis à jour le 06 novembre 2024 à 19:40

Le déficit public de la France atteindra 6,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2024.

Le déficit public de la France atteindra 6,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2024.

Susana Vera

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Un important dérapage par rapport à la prévision de 4,4% du projet de loi de finances initiale pour 2024. Le projet de loi de finances de fin de gestion prévoit des annulations de crédits supplémentaires de 5,6 milliards d'euros, selon Bercy.

C'est confirmé. Le déficit public de la France atteindra 6,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2024, selon le projet de loi de finances de fin de gestion présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Il s'agit d'un important dérapage par rapport au déficit de 4,4% qui était prévu dans le projet de loi de finances initiale pour 2024.

Il s'agit d'un important dérapage par rapport au déficit de 4,4% qui était prévu dans le projet de loi de finances initiale pour 2024. Il aurait été plus important encore sans des annulations de crédits de plusieurs milliards d'euros qui ont permis de réduire les dépenses de l'Etat français d'environ 6 milliards d'euros, pour atteindre un total de 486,4 milliards d'euros.

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Le projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG), texte qui fixe les ajustements budgétaires à réaliser en fin d'année, prévoit des annulations de crédits à hauteur de 5,6 milliards d'euros, qui s'ajoutent aux 9,4 milliards d'euros qui avaient déjà été annulés par le gouvernement précédent. Dans le même temps, des crédits ont été ouverts pour un montant de 4,2 milliards d'euros permettant notamment d'assurer des dépenses imprévues, notamment le coût des élections législatives anticipées de l'été dernier et les soutiens à la Nouvelle-Calédonie.

Retenir des «hypothèses prudentes»

Dans un avis sur le PLFG, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a appelé mercredi le gouvernement à retenir des « hypothèses prudentes » dans ses textes financiers, pour éviter un nouveau « dérapage majeur » des comptes publics. Le HCFP juge que l'hypothèse de croissance de 1,1% cette année qui y figure « reste réaliste », qu'une inflation moyenne de 2,1% est « elle aussi réaliste », quoique « un peu élevée », alors qu'elle est désormais largement inférieure à 2% en rythme annuel.

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Le PLFG devrait être examiné à partir du 19 novembre à l'Assemblée nationale, après le vote sur l'ensemble du projet de loi de finances pour 2025, selon un calendrier publié par le gouvernement sur internet. Selon Bercy, le texte doit être promulgué d'ici début décembre pour permettre notamment le versement des primes des agents publics mobilisés durant les Jeux olympiques et paralympiques. Le débat parlementaire sera privilégié, a-t-on précisé de même source, mais une adoption sans vote, via l'article 49.3 de la Constitution, est possible pour les textes budgétaires.

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Ramener le déficit à 5% du PIB

Le chiffre de prévision présenté en Conseil des ministres est dans la fourchette de ce qu'avait estimé le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Antoine Armand. Pour rappel, il avait estimé que le déficit serait à « un peu plus de 6% », « entre 6,1 et 6,2% selon toute vraisemblance ». C'est bien loin des règles budgétaires fixées par l'UE qui limite le déficit à 3% du PIB. Dans ce contexte, la Commission européenne a lancé contre la France une procédure de déficit excessif.

En réponse, le gouvernement a annoncé vouloir le ramener à 5% du PIB dès 2025. Pour tenter de redresser la barre, l'exécutif a annoncé un effort de 60 milliards d'euros d'économies pour l'an prochain, dont 20 milliards proviennent de hausses d'impôts et 40 milliards de réduction des dépenses.

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Un choix motivé notamment par la charge de la dette qui est aujourd'hui le deuxième poste budgétaire derrière l'éducation avec plus de 50 milliards d'euros et elle est susceptible de devenir le premier d'ici à 2027. Ce poids réduit d'autant les marges de manœuvre financières. En comparaison, le premier budget de l'Etat, l'Education, s'élèvera à près de 65 milliards d'euros en 2025 et celui de la défense à 50,5 milliards d'euros. L'an prochain, alors que la croissance atteindrait 1,1% comme cette année sur fond de fort ralentissement de l'inflation, la dette publique continuerait de gonfler pour frôler les 115% du PIB, presque le double du maximum fixé à 60% par Bruxelles.

Commission d'enquête le dérapage du déficit

La commission des Finances de l'Assemblée nationale a de son côté demandé à obtenir les pouvoirs d'une commission d'enquête pour se pencher sur le dérapage du déficit. Son homologue du Sénat a, lui, relancé une mission d'information sur la dégradation des comptes publics. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et les ex-Premiers ministres Elisabeth Borne et Gabriel Attal sont ainsi auditionnés ces prochains jours au Sénat dans le cadre de cette mission.

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En attendant, la France va lever un montant record de 300 milliards d'euros en 2025 pour financer ses dépenses et renouveler ses précédentes dettes, après 285 milliards d'euros pour 2024, a annoncé début octobre l'Agence France Trésor (AFT), en marge de la présentation du budget pour 2025 par le gouvernement.

(Avec AFP)

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