Le gouvernement cherche coûte que coûte à baisser le prix de l'essence

L'exécutif prépare sa loi pouvoir d'achat, qu'il entend présenter à l'Assemblée nationale le 6 juillet prochain. Parmi les mesures importantes, celles qui concernent le prix de l'essence. Le gouvernement sait que qu'il s'agit non seulement de l'une des priorités des Français.... mais aussi l'un des axes d'attaque de l'opposition. Explications de la stratégie que prépare le gouvernement.
le gouvernement cherche à compenser la hausse des prix des carburants
le gouvernement cherche à compenser la hausse des prix des carburants (Crédits : Reuters)

Alors que le tarif à la pompe dépasse les 2 euros, le gouvernement étudie plusieurs propositions pour aider les Français. L'énergie pèse pour plus de 40 % dans la hausse des prix à la consommation. Et la question de la cherté des carburants met le gouvernement sous pression. Dans l'opposition, les propositions font feu de tout bois.

Le gouvernement face à l'opposition

Ainsi, Fabien Roussel, pour le PCF, promet-il de déposer une proposition de loi  « pour faire baisser immédiatement de 35 centimes les taxes sur l'essence, mais aussi pour taxer les bénéfices des compagnies pétrolières ». « Le prix de l'essence flirte avec les 2,30- 2,50 centimes d'euros », a t il expliqué ce mercredi sur Europe 1, « une situation insupportable  pour beaucoup de concitoyens, il faut vite faire quelque chose ».

Même volonté affichée du côté de la Nupes. Là aussi, l'idée est de déposer une proposition de loi mais cette fois, pour bloquer les prix sur les produits de première nécessité, dont l'énergie. Enfin, ce mercredi matin, Marine Le Pen, pour le RN, demandait que « les superprofits ( sur l'essence) soient taxés pour pouvoir financer les mesures de soutien au pouvoir d'achat ». Face à ces suggestions, l'exécutif cherche la meilleure parade.

Une taxe sur les énergéticiens ?

Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Clément Beaune sur France 2, assurait ce mercredi matin, que le gouvernement allait demander « un effort aux pétroliers pour faire baisser les prix à la pompe ».

Si l'idée d'instaurer une taxe sur les gros énergéticiens - comme au Royaume Uni - n'est pas formellement mise à l'ordre du jour, en coulisses, elle est toutefois brandie comme une menace par le gouvernement. « Il serait de bon ton que les géants de l'énergie qui engrangent de gros profits se mobilisent. Faire un geste directement vers le consommateur est toujours mieux qu'une taxe », confie un membre du gouvernement.

Le premier visé est TotalEnergies, appelé à prolonger sa ristourne de 10 centimes d'euros sur le litre d'essence. Le ministre de l'Economie ne s'en cache pas : « Je vais demander au patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, de faire de nouveau un effort, parce que le prix du carburant reste très élevé », lançait-il en début de semaine. « Avec ses 14 milliards d'euros de profits et des résultats qui cette année promettent d'être tout aussi bons, le groupe français ne peut pas rester en retrait », plaide encore une source gouvernementale.

Si l'exécutif préfère un geste direct envers les consommateurs, c'est parce que c'est plus visible et plus rapide qu'un prélèvement fiscal.

Il veut également rester cohérent avec le discours qu'il rebat depuis plusieurs semaines aux Français : « il n'y aura pas d'augmentations d'impôts » - même si là, il s'agirait d'une taxe sur quelques entreprises, et non un impôt sur les ménages... Enfin, il souhaite préserver EDF, qui n'est pas au mieux de sa forme...

Vers une prolongation de la ristourne de 18 centimes d'euros

Outre l'effort demandé aux pétroliers, le gouvernement envisage de prolonger la ristourne de 18 centimes d'euros sur le litre de carburant. Normalement, la mesure doit s'arrêter le 31 juillet mais dans une interview, aux Echos, Bruno Le Maire propose de la prolonger jusqu'à la fin de l'année.

Cette prolongation ne serait pas neutre pour les finances publiques. Elle coûterait près de 4 milliards d'euros à l'Etat. C'est pourquoi le gouvernement entend la soumettre aux oppositions en contrepartie d'économies.

Lesquelles ? Pour l'heure, c'est flou. « Il n'empêche, il faudra bien la financer..... mais ....c'est difficile de supprimer la ristourne à l'approche des vacances alors que les prix des carburants ne baissent pas », regrette encore un conseiller.

Même si elle n'est pas convaincue par la mesure, « qui n'est pas la bonne méthode, puisque la ristourne a déjà été absorbée », Marine Le Pen assurait ce mercredi sur France Info que les députés RN pourraient voter cette prolongation.

Et en plus, un dispositif sur les gros rouleurs

Surtout, l'exécutif réfléchit tout de même à un dispositif d'aide ciblée pour les gros rouleurs, ces automobilistes obligés de prendre leur voiture pour aller travailler. Bercy travaille depuis plusieurs mois en croisant des fichiers - de carte grise, contrôle technique etc - sur un système permettant un geste en direction des travailleurs les plus modestes qui roulent beaucoup.

Un temps, la mesure avait été envisagée pour remplacer à la rentrée la ristourne de 18 centimes d'euros sur le litre. Mais, selon nos informations, ce dispositif dit « gros rouleurs » viendrait s'y ajouter et serait mise en place à l'automne. Traumatisée par la crise des Gilets Jaunes qui avait vu le jour sur les ronds-points à l'occasion d'une hausse des taxes écologiques sur l'essence, la majorité ne veut pas être prise en défaut.

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Commentaires 10
à écrit le 29/06/2022 à 19:38
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Une seule méthode efficace pour baisser les prix des carburants et du gaz : lever l'embargo russe. Par ailleurs, comme nos élites ne le feront pas pour d'obscures raisons les liant aux intérêts américains, j'aimerai a minima qu'il nous fassent aussi...

à écrit le 29/06/2022 à 18:52
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Je devine à travers les réactions épidermiques de ce gouvernement qu'il ne sait plus très bien où il est et où il va. Y a t-il encore un pilote dans l'avion? Les indicateurs essentiels de l'économie des finances et du secteur social sont tellement ...

à écrit le 29/06/2022 à 18:11
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L etat se fout de nous Avec la deductions de 18 ct nous sommes au meme tarif des autre pays europeens Ça personne n en parle Ce gouvernement se goinfre de rentré fiscale pour pouvoir promette des aides a tout le monde .. .. c est ça gerer un tr...

le 29/06/2022 à 18:57
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Aux pays-bas et en Allemagne l'essence est plu scher qu'en France.

à écrit le 29/06/2022 à 17:32
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"Le prix de l'essence flirte avec les 2,30- 2,50 centimes d'euros " non, euros, ou 230 à 250 centimes. A 2cts/L même 3cts j'en commande une citerne dès demain. :-) Non, deux, ça vaut la peine, je cherche un marchand de citernes de suite. :-) En 1983...

à écrit le 29/06/2022 à 16:58
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Pourquoi demander à Total ? C'est bien le gouvernement qui met des taxes. Pour info, ce gouvernement en 2021 à mis une taxe de 11 euros sur les cartes grises (sans faire de bruit)

le 29/06/2022 à 17:48
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" Pour info, ce gouvernement en 2021 à mis une taxe de 11 euros sur les cartes grises (sans faire de bruit) " Il a supprimé la réduction de moitié pour les véhicules de plus de dix ans également.

à écrit le 29/06/2022 à 16:53
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Quand le taux de taxation de l'essence frise l'usure, la réponse est toute trouvée....Pas la peine de sortir de l'ENA pour savoir que ce qui rend le carburant hors de prix, ce sont les taxes! Au lieu de nous offrir généreusement 18 cents, ils feraien...

le 29/06/2022 à 19:00
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Si on diminue les taxes sur le carburant vous allez critiquer l'augmentation du déficit et de la dette.

à écrit le 29/06/2022 à 16:34
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Ce n'est pas le rôle du gouvernement de faire baisser le prix de l'essence. Tout cela ressemble à une fuite en avant démagogique, cela n'amènera rien de bon à moyen terme

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