Le gouvernement lance son troisième budget rectifié pour affronter la crise

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Ce nouveau projet de loi de finances rectificative table sur un recul de 11% du PIB en 2020, au lieu de 8% auparavant, soit la plus forte récession de la France depuis 1945.
Ce nouveau projet de loi de finances rectificative table sur un recul de 11% du PIB en 2020, au lieu de 8% auparavant, soit la plus forte récession de la France depuis 1945. (Crédits : Reuters/Charles Platiau)
Des milliards d'euros supplémentaires pour soutenir les secteurs sinistrés et des recettes fiscales en chute libre: l'aggravation de la crise oblige le gouvernement à revoir une nouvelle fois ses prévisions et son budget pour 2020.

Environ 45 milliards pour soutenir les secteurs les plus fragilisés alors que la récession s'annonce terrible avec une chute du PIB de 11%: le gouvernement a présenté mercredi en conseil des ministres un nouveau budget de crise. Il s'agit du troisième projet de loi de finances rectificative (PLFR) élaboré depuis le début de la crise, du jamais vu. "La gravité de cette récession appelle une réponse massive, et c'est cette réponse massive, immédiate et efficace que nous avons apportée", a affirmé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'issue du conseil des ministres.

20% de la richesse nationale

"L'ensemble des sommes qui sont consacrées à cette réponse à la crise économique représentent, avec ce PLFR 3, 460 milliards d'euros, c'est 20% de la richesse nationale française", a-t-il ajouté. Ce projet de budget se concentre essentiellement sur les plans de soutien aux secteurs les plus menacés. Il inclut les 18 milliards d'euros du plan au secteur du tourisme, l'un des plus affectés par le confinement, les 8 milliards d'euros du plan pour l'automobile, les 600 millions pour la French Tech, ou encore les 15 milliards d'euros de soutien au secteur de l'aéronautique et les aides au secteur du livre. S'y ajouteront des mesures en faveur du petit commerce et du bâtiment.

Pour ce dernier secteur, le gouvernement envisage notamment de compenser les surcoûts engendrés par les mesures sanitaires sur les chantiers.

Alors que se profilent "une vague de faillites" et des "centaines de milliers" de pertes d'emplois, selon Bruno Le Maire, le gouvernement va renforcer d'environ 5 milliards d'euros le dispositif de chômage partiel et débloquer 1 milliard pour élargir les aides aux entreprises qui embauchent un apprenti.

"Nous voulons (...) protéger les emplois et accélérer la transformation de secteurs industriels français", a assuré le ministre de l'Economie. Avec la reprise de l'activité qui se profile, le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a, lui, appelé dans un entretien aux Echos à accélérer le déconfinement et à "réviser les protocoles sanitaires s'appliquant en entreprise".

Aides exceptionnelles pour les jeunes précaires

Première ouverture en ce sens: Matignon a annoncé mardi soir son souhait de mettre fin au 10 juillet à l'état d'urgence sanitaire. Même si à Bercy on défend une politique de soutien à "l'offre", le budget intégrera aussi des aides exceptionnelles directes pour les 800.000 jeunes précaires de moins de 25 ans et les ménages les plus modestes. Enfin, il entérine un soutien de 4,5 milliards d'euros de l'Etat pour les collectivités, au moment où leurs recettes fondent avec la crise.

Au total toutefois, les dépenses budgétaires directes supplémentaires ne représenteront que 13 milliards d'euros, le reste étant des mesures de trésorerie (reports de charges, prêts garantis, etc.). Certains secteurs s'estiment oubliés, comme l'agriculture ou les transports publics. L'ONG environnementale Greenpeace regrette elle qu'à côté des plans pour l'automobile ou l'aérien, il y ait "toujours zéro pour la relance du ferroviaire".

Le Haut conseil pour les finances publiques sonne l'alarme

Le Haut conseil pour les finances publiques (HCFP) s'inquiète que le gouvernement ait pu sous-évaluer les dépenses prévues pour faire face à la crise, et à l'inverse minimiser la perte de recettes attendues, dans son avis sur le troisième projet de budget rectifié pour 2020.

"Toutes les mesures de soutien de l'activité annoncées par le gouvernement, notamment certains plans sectoriels de relance, n'ont pas été traduites" dans ce projet de loi de finances rectificative (PLFR), écrit notamment le Haut conseil dans son avis publié mercredi au moment où le gouvernement présente son projet de budget rectifié en conseil des ministres.

Par ailleurs, "une partie des mesures présentées comme des mesures de trésorerie pourrait finalement avoir un impact sur le déficit dès cette année", note-t-il. Or le gouvernement prévoit déjà que la dépense publique atteindrait 63,6% du PIB cette année, "un niveau jamais atteint au cours de ces 70 dernières années", souligne le HCFP.

Côté recettes, le Haut conseil note que des "aléas négatifs" entourent la prévision du gouvernement d'une baisse de 27 milliards des rentrées issues des prélèvements obligatoires.

En particulier, le gouvernement n'a pas révisé celles provenant de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux.

De même, le gouvernement "fait l'hypothèse forte que les reports de quelques mois d'échéances fiscales et sociales ne donneront pas lieu à des abandons de créances significatifs en 2020, alors même que de nombreuses entreprises concernées par ces reports seront fragilisées par la chute de leur activité du fait de la crise sanitaire", prévient le HCFP.

Déjà à plusieurs reprises inquiet de l'état des finances publiques, l'instance alerte enfin une nouvelle fois sur le fait que la dette, qui devrait gonfler à 120,9% du PIB selon le gouvernement, "fragilise la soutenabilité à moyen terme des finances publiques de la France et appelle une vigilance particulière". En revanche, il apparait un peu plus optimiste que le gouvernement sur l'ampleur de la récession, attendue à -11% par le gouvernement.

Il juge "prudente" cette prévision, estimant que le taux d'épargne des ménages "pourrait être inférieur au niveau exceptionnellement élevé prévu par le gouvernement pour 2020 (23,2 % contre 14,9 % en 2019), et donc la consommation plus élevée". De même il juge que "l'emploi pourrait être un peu plus élevé que prévu par le gouvernement", qui table sur 1,2 million d'emplois perdus en fin d'année.

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a écrit le 11/06/2020 à 17:41 :
il y a fort à parier qu'il faudra une quatrième , voire un cinquième budget de plus pour affecter les dépenses supplémentaires liées aux "contraintes sanitaires" actuellement en vigueur qui nuisent gravement à une activité normale et ruinent la productivité , et à un manque réel de motivation de nombre de personnes qui trouvent dans le télé-travail ,ou même l'exonération d'activité partielle à totale , une situation personnelle confortable parce que leur rémunération n'en est pas ou peu affectée . ce dernier point est "un bâton de dynamite " que peu de politiques et dirigeants patronaux et syndicaux oseront aborder , mais sûr qu'il a un coût très élevé pour la collectivité .
Réponse de le 12/06/2020 à 20:51 :
Faut bien que notre président donne l'argent publique à ceux qui financeront sa prochaine campagne présidentielle... Et demandez autour de vous vous constaterez vite que l'argent va pas à ceux qui en ont vraiment besoin... Les PME paye toujours leurs charges et reçoivent au plus 1500€, m^reme pas un salaire comment voulez vous qu'ils s'en sortent?
a écrit le 11/06/2020 à 8:46 :
L'économie néolibérale ne sait pas quoi faire, ses deux neurones ont grillé.
a écrit le 11/06/2020 à 7:13 :
Vous vous souvenez des 5 euros d'apl, c'était quand même une bonne blague non?
Juju il va arriver a nous faire aussi bien que sarko et hollande réunis. Quand le français est malade faut qu'il prenne un doliprane et reste bien sage, quand c'est son économie, là on hésite plus, on deverse l'argent magique, le pognon de dingue pour des mesures de soutien a l'efficacité assez douteuses, toujours les même solutions qu ne marchent pas depuis 40 ans.
Faudrait remixer "c'est qui qui paye" de gurejele mais avec des paroles a la sauce medicomacronoéconomique, je suis sur que ça aurai du succès.
L'avenir va être douloureux, heureusement sapin avait prévu que l'on puisse corraliter les assurances vie, commencez a y penser
a écrit le 10/06/2020 à 22:44 :
Nous savons maintenant qu'un gouvernement peut tuer l'activité économique d'un pays. Jusqu'à présent aucun gouvernement français, depuis 1981, n'a prouvé qu'il était capable de développer et d'encourager l'activité économique; le moment est venu de demander aux acteurs industriels, commerciaux et syndicaux de montrer leurs savoir faire, car eux savent et sont la clef de notre prospérité.
a écrit le 10/06/2020 à 16:06 :
Cela ne fait que commencer, on s'est pris pour superman mais on s'est scratché.
a écrit le 10/06/2020 à 15:56 :
Le jour où il va falloir payer la facture ...
Réponse de le 10/06/2020 à 22:33 :
De Mai 81 à 2020, 39 ans de Désinvolture !!! avec nos impots taxes cotisations contributions impot sur la mort le plus lourd au monde.

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