Le juge Renaud Van Ruymbeke, figure de la lutte contre la corruption, est mort
latribune.fr

Renaud Van Ruymbeke est décédé à l'âge de 71 ans.
CamilleWikiP / Wikimedia Commons
latribune.fr

Renaud Van Ruymbeke est décédé à l'âge de 71 ans.
CamilleWikiP / Wikimedia Commons
Reconnaissable à son éternelle moustache, le juge Renaud Van Ruymbeke est décédé à l'âge de 71 ans.
De ses débuts à Caen au pôle financier de Paris, « ce fut un parcours tout sauf paisible, semé d'embûches, mais je n'ai jamais renoncé », a-t-il raconté à l'AFP lors de son départ à la retraite en 2010.
Ce grand amateur de football, pianiste émérite, qui se décrivait comme un « besogneux » à « l'intelligence moyenne » a été un des juges emblématiques de la lutte contre la corruption en France et s'est retrouvé ainsi bien malgré lui dans le cercle restreint des magistrats connus du grand public. Il aura en effet traversé ce début de siècle en étant associé à des affaires judiciaires qui ont défrayé la chronique.
Parmi ses instructions figurent notamment l'affaire Urba, sur le financement occulte du Parti socialiste, des enquêtes sur Jérôme Cahuzac et les époux Balkany, ou encore la complexe affaire des frégates de Taïwan. En 2008, il avait aussi mené l'enquête sur les fraudes géantes du trader de la Société générale Jérôme Kerviel.
« Il y a énormément d'argent à nos portes et personne ne fait rien », avait-il regretté lors de la dernière interview accordée à l'AFP, en novembre 2022. Il avait appelé à « la nécessité de prise de conscience au moment où les Etats ont des déficits importants, de gros besoins pour les hôpitaux, pour la transition énergétique ».
Certes, disait-il, il y a eu des « tentatives » de lutte contre les paradis fiscaux, par le G20, le G7, l'OCDE - listes grises et noires, principe d'échanges d'informations - « mais l'expérience montre qu'il n'y a pas eu de volonté politique d'éradiquer le système ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Et d'insister : « Pendant longtemps on a considéré que ces montages très compliqués étaient de l'optimisation fiscale, légale, autorisée. J'estime qu'aujourd'hui, il faut aller traquer l'évasion fiscale et considérer que c'est de la fraude fiscale.»
(Avec AFP)
latribune.fr