Le reflux des faillites d'entreprises diminue lentement mais sûrement

La Banque de France comptabilise 1.954 faillites d'entreprises au mois de mai en France, soit deux fois moins qu'en mai 2019, avant la crise, selon les chiffres provisoires. Néanmoins, les entreprises, encore sous perfusion, vont devoir faire face au débranchement des aides à l'heure où la réouverture de l'économie se confirme.

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(Crédits : Reuters)

Les défaillances d'entreprises en France ont continué de reculer sur un an à fin mai, mais le rythme du repli a ralenti par rapport à fin avril en raison "d'un effet de base", a rapporté la Banque de France mercredi.

Par rapport à mai 2020, troisième et dernier mois du tout premier confinement, le nombre de défaillances d'entreprises sur un an a diminué le mois dernier de 29,7%, contre un recul de 34,6% sur un an en avril, indique dans un communiqué la banque centrale.

Des entreprises sous perfusion

"Cette évolution est due à un effet de base", lié au faible nombre de défaillances d'entreprises observées durant la période suivant le premier confinement l'an dernier. Ainsi, "les variations ont l'air moins importantes sans que le nombre courant de défaillances soit significativement plus élevé", explique la Banque de France. Selon elle, ce phénomène "devrait s'accentuer dans les prochains mois".

Sur les 12 derniers mois se terminant en mai, le nombre de défaillances est ainsi tombé à 29.151, selon un chiffre encore provisoire contre 41.473 un an plus tôt.

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La diminution du nombre de défaillances concerne tous les secteurs et toutes les catégories d'entreprises, à l'exception notable des grandes entreprises et de celles de taille intermédiaire (+7,7% de défaillances enregistrées ces 12 derniers mois).

Cette diminution générale est toujours liée à l'assouplissement des obligations déclaratives des cessations de paiement et au fonctionnement des juridictions commerciales en raison de la crise sanitaire, ainsi qu'aux mesures de soutien aux entreprises, indique le communiqué.

Les prêts garantis par l'Etat (PGE) notamment ont joué le rôle d'amortisseur pendant la première partie de la pandémieCe dispositif a ainsi permis d'injecter rapidement d'importantes sommes de liquidité dans les comptes des entreprises afin d'éviter une hécatombe. Ainsi, sur le mois d'avril 2020 par exemple, la Banque de France a comptabilisé plus de trois fois moins de faillites qu'en avril 2019 (1.262 contre 4.346).

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Effet de rattrapage

Mais à l'heure du débranchement progressif des aides, un grand nombre d'entreprises vont devoir commencer à rembourser ces prêts. En effet, ce recul "n'indique pas une réduction du nombre d'entreprises en difficulté", avertit la Banque de France. Le débranchement des aides risque en effet de laisser apparaître des situations financières extrêmement tendues. La plupart des observateurs s'attendent à un rattrapage du nombre de défaillances d'entreprises une fois que les mesures d'aide auront été retirées par le gouvernement et que les tribunaux de commerce auront retrouvé un fonctionnement normal.

(Avec AFP)

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