Le sévère avertissement d’Aurore Lalucq avant la potion amère de Bayrou
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Aurore Lalucq est présidente de la commission des affaires économiques et monétaires au Parlement européen, à Strasbourg.
Reuters
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Aurore Lalucq est présidente de la commission des affaires économiques et monétaires au Parlement européen, à Strasbourg.
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Aurore Lalucq est députée européenne au sein du Groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates. Elle est également présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
LA TRIBUNE - François Bayrou doit présenter sa feuille de route budgétaire ce mardi 15 juillet. Que faut-il attendre sur les 40 milliards d'économies annoncées ?
AURORE LALUCQ - Il y a un problème de dette et de déficit, c'est indéniable. Mais j'appelle Éric Lombard à rester sérieux et à ne pas faire 40 milliards d'euros d'économies. Avec ce nouveau ministre de l'Économie, la France a présenté une trajectoire sérieuse et crédible à l'Europe. C'est-à-dire une trajectoire de 25 milliards d'euros d'économies par an. Il n'y a pas besoin d'aller plus loin. Au-delà, on risque de casser la croissance.
Rappelons que la situation des finances publiques est due à une faible croissance et à une politique fiscale non financée. La Cour des comptes a bien montré que sans cette idéologie antifiscale, le déficit budgétaire serait légèrement supérieur à 3 %. La France a perdu sa crédibilité sous Bruno Le Maire parce qu'il annonçait que tout allait bien ou que le pays allait faire des économies faramineuses, mais rien n'allait. À l'inverse, dire que tout va mal ne va pas améliorer la situation de la France.
Bercy a mis l'accent sur la baisse des dépenses de l'État, des collectivités locales et de la protection sociale. Au Sénat, les soutiens du gouvernement ont également fait des propositions pouvant aller jusqu'à 50 milliards d'euros. Quel pourrait être l'impact d'un tel effort sur l'économie française, les ménages et les entreprises ?
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Il ne faut pas couper brutalement dans les dépenses. Passer uniquement par des coupes budgétaires sans stratégie sera contre productif. L'impact sur la croissance serait récessif. En outre, ces décisions seraient injustes pour les Français, alors qu'il y a un problème de pauvreté et d'inégalités dans ce pays et que la demande a besoin d'être soutenue. Notre pays a un problème de consommation et d'investissement : la France ne vit pas au-dessus de ses moyens, mais en dessous.
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