Les candidats du Nouveau Front populaire apparaissent bien placés pour remporter les élections législatives dans les trois circonscriptions strasbourgeoises. La capitale régionale exprime une exception en Alsace, où l'extrême droite bascule en tête dans les deux tiers des cantons. Dans le Grand Est, cinq candidats RN sont élus dès le premier tour.En rejetant d'emblée le Rassemblement national pour laisser s'affronter au second tour la candidate écologiste Sandra Regol et le macroniste Etienne Loos, les électeurs des quartiers centraux de Strasbourg (première circonscription du Bas-Rhin) ont exprimé un choix fondamentalement opposé aux autres territoires de l'Alsace. Partout ailleurs dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, le camp de Marine Le Pen qualifie ses candidats, arrivés en tête dans dix circonscriptions électorales (sur quinze) dans l'ancienne région alsacienne.
Avec 47,6% des voix, la députée sortante Sandra Regol échoue de peu à une victoire dès le premier tour dans sa circonscription à Strasbourg. L'ancien électorat ouvrier, qui votait traditionnellement à gauche et qui accorde désormais sa préférence au RN, a quasiment disparu des quartiers strasbourgeois. La sociologie du centre-ville, plutôt aisée, offre peu de marge de manœuvre à l'extrême droite. Avec 14% des voix, la candidate RN Hombeline du Parc est éliminée.
Face à Sandra Regol, Etienne Loos, débutant en politique, apparaît en position défavorable malgré le soutien d'une autre débutante, Irène Weiss (LR). Cette dernière n'a recueilli que 6,4% des suffrages, mais elle appelle à voter au second tour pour le seul candidat restant de la droite républicaine.
Le pari électoral des enjeux locaux
Dimanche soir, à l'occasion d'un débat sur France Télévisions, Etienne Loos a tenté de ramener le scrutin à des enjeux municipaux, évoquant un projet d'extension du tramway et une réforme du stationnement, soutenus par la mairie écologiste de Strasbourg. Une stratégie hasardeuse qui viserait à attribuer à Sandra Regol la qualité de « sœur jumelle » de la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, trop loin des enjeux fondamentaux d'un tel scrutin.