Exonérations, reports de charges... Des aides suffisantes pour rebondir à la rentrée ?

Pour faire face à la "rentrée difficile" annoncée par Emmanuel Macron, le gouvernement entend soutenir les entreprises françaises et éviter les faillites en cascade entrainant un chômage irréversible, notamment auprès des jeunes. Mais ces annonces sont-elles suffisantes pour permettre aux chefs d'entreprise de passer l'été et de redémarrer sereinement à la rentrée ?
Produire en France sera moins cher, a promis le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, tout en annonçant une baisse des impôts de production à hauteur de 20 milliards d'euros d'ici 2022.
"Produire en France sera moins cher", a promis le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, tout en annonçant une baisse des impôts de production à hauteur de 20 milliards d'euros d'ici 2022. (Crédits : Regis Duvignau)

"La rentrée sera difficile, il faut nous y préparer", avertissait, jeudi 2 juillet, Emmanuel Macron dans un entretien à la presse régionale. Pour faire face, le gouvernement prévoit un plan de relance à hauteur de 100 milliards d'euros, dont plus du tiers devrait être financé par l'Union européenne. Un montant qui vient s'ajouter déjà à une première enveloppe de 460 milliards d'euros d'aides aux entreprises.

Lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, mercredi 15 juillet, le nouveau Premier ministre Jean Castex a déjà annoncé que 40 milliards d'euros seraient fléchés vers l'industrie, afin de renforcer la souveraineté de la France, notamment dans les secteurs stratégiques.

  • Le chômage partiel reste en vigueur

L'objectif est "la lutte contre le chômage et la préservation de l'emploi", a aussi promis le nouveau Premier ministre.

Pour l'heure, un nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée, qui permet  d'indemniser les salariés à 84% du salaire net avec un reste à charge de 15% pour les entreprises pour une durée maximale de deux ans, sous condition d'un accord collectif majoritaire ou de branche, est entré en vigueur le 1er juillet.

En parallèle est maintenu un dispositif de chômage partiel classique, qui a été redéfini et changera au 1er octobre.

> Lire aussi : notre dossier spécial Souveraineté, la France en état d'urgence absolue

D'ici-là, le gouvernement a annoncé une série de mesures supplémentaires visant à soutenir les entreprises. En voici cinq.

  • Impôts de production : une "baisse massive" de 20 milliards d'euros

10 milliards d'euros en 2021, 10 milliards d'euros en 2022 : c'est le montant de la baisse des impôts de production annoncée par le gouvernement, et détaillé mercredi par le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui souhaite "relocaliser" l'industrie.

Cette baisse "sera particulièrement ciblée sur les industries", a pour sa part déclaré, ce vendredi, la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher sur BFM Business.

"C'est une baisse massive pour les entreprises [...] pour rendre plus compétitive notre économie", a dit la ministre. "Cette baisse, elle sera particulièrement ciblée sur les industries", a-t-elle ajouté.

Toujours sur BFM Business, le président de France industrie, Philippe Varin, a pour sa part salué "un premier pas".

  • Emploi jeunes : exonération de charges pour les entreprises "dès juillet"

L'exonération de charges accordée aux entreprises qui embaucheront un jeune travailleur "sera mise en place dès le mois de juillet pour que ce soit opérationnel à la rentrée", a déclaré jeudi Bruno Le Maire sur France Inter.

Pour "chaque jeune qui sera employé par une entreprise, l'entreprise verra une réduction de ses cotisations sociales de 4.000 euros par an", "jusqu'à 1,6 smic" et "jusqu'à 25 ans", a ajouté le ministre, précisant une mesure dévoilée mardi par le président de la République.

> Lire aussi : Réforme des retraites, plan de relance... : les principales annonces d'Emmanuel Macron

Cette mesure vise à soutenir l'emploi des jeunes, touchés de plein fouet par la crise économique liée au coronavirus. Le nombre de demandeurs d'emploi de moins de 25 ans en catégorie A a par exemple bondi de 40%, en France, pendant la période de confinement.

  • Reports de charges : le gouvernement veut étaler leur remboursement jusqu'à 36 mois

Les PME et les très petites entreprises pourront étaler jusqu'à 36 mois le remboursement des reports de charges dont elles ont bénéficié pendant la crise, a annoncé le ministre de l'Économie jeudi.

"Nous avions prévu à l'origine un report de charges de trois mois [...]. Nous vous proposons que ces charges soient étalées sur 12, 24 ou 36 mois", a déclaré Bruno Le Maire en présentant le troisième budget rectifié pour 2020, examiné en première lecture par les sénateurs après l'Assemblée nationale.

Ce dispositif, s'il est voté par le Parlement, serait "accessible à toutes les PME et les TPE quel que soit leur secteur d'activité, quelle que soit la baisse de chiffre d'affaires qu'elles ont connue", a-t-il ajouté.

  • Des comptes de formations renfloués avec les régions

Enfin, sur le volet de la formation, le gouvernement a aussi indiqué qu'un effort supplémentaire de un milliard et demi d'euros allait être fait et a "invité" les régions à "amplifier leurs interventions propres".

"Les personnes qui s'orienteront vers les formations dans les secteurs en tension verront leur compte personnel de formation abondé", a-t-il dit, avec un "objectif de 200.000 places supplémentaires de formation en 2021, notamment au bénéfice des jeunes et des demandeurs d'emploi".

Le chef de l'Etat avait évoqué également l'ouverture de "200.000 places dans des formations qualifiantes supérieures, pour permettre aux jeunes de poursuivre un peu leurs études avec un accompagnement social".

Malgré ces mesures de soutien, le gouvernement s'attend à un taux de chômage supérieur à 10% fin 2020 contre 8,1% fin 2019.

> Lire aussi : Covid-19 : la trésorerie des PME mise à mal

(Avec AFP)

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