Les effets positifs de la baisse de l'euro et des cours du brut s'estompent-ils déjà ?

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La chute des cours du brut a-t-elle déjà produit l'essentiel de ses effets ?
La chute des cours du brut a-t-elle déjà produit l'essentiel de ses effets ? (Crédits : © Eduard Korniyenko / Reuters)
Selon l'enquête menée par l'Association française des trésoriers d'entreprise (AFTE) et COE-Rexecode, l'impact positif de la dépréciation de l'euro et du repli des cours du brut sur les trésoreries des entreprises s'estompe déjà.

Etait-ce trop beau ? Entamée mi 2014, la dépréciation de l'euro face au dollar et la chute des matières premières, en particulier des cours du brut, favorisent le redémarrage de l'économie tricolore en offrant un gain de compétitivité-prix inattendu aux entreprises. C'est une bouffée d'air bienvenue, en attendant que les mesures prises par le gouvernement depuis 2008 pour relever la compétitivité hors-prix du made in France produise enfin ses effets. Parmi ses mesures, citions notamment le triplement du crédit impôt recherche, le lancement des pôles de compétitivité, du crédit d'impôt innovation, du statut de jeune entreprise innovante, du programme des investissements d'avenir. Etc, etc...

A Bercy, on croise les doigts

Lors de la présentation du Pacte de stabilité le 15 avril, Michel Sapin, le ministre des Finances a bien insisté sur l'importance de ces aléas positifs, espérant sans le dire que l'euro et le brut se maintiendraient le plus longtemps possible à leurs niveaux actuels.

Depuis janvier 2015, la monnaie unique a  cédé 11% face au billet vert. Sa valeur a chuté de 18% en six mis et plus de 22% en un an. Le cours du baril de Brent coté à Londres a perdu plus de 44% de sa valeur en un an.

Or, selon l'enquête menée par l'Association française des trésoriers d'entreprise (AFTE) et COE-Rexecode auprès des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises, ces effets positifs semblent déjà s'estomper, interrompant la tendance à l'amélioration de la situation de la trésorerie d'exploitation à l'œuvre depuis l'année dernière.

" Pour le troisième mois consécutif, le nombre de trésoriers jugeant que la trésorerie globale de leur entreprise se dégrade dépasse le nombre de ceux qui jugent qu'elle s'améliore. Un point haut a été touché fin 2014, depuis l'appréciation de la trésorerie globale tend à se dé- grader ", explique l'enquête.

Les délais de paiement progressent en avril

" Un peu plus d'un quart des trésoriers estime que les prix des matières premières ont exercé une influence sur la situation de trésorerie de leur entreprise. Ceux-ci, dans le sillage du recul du prix du pétrole, avaient contribué positivement à l'évolution des trésoreries. Cette influence positive s'est estompée depuis deux mois et la stabilisation du prix du pétrole en euros. Un peu moins de la moitié des trésoriers estiment que les évolutions de taux de change de l'euro / dollar ont influencé les trésoreries des entreprises. La moitié des trésoriers concernés estiment que l'influence du taux de change euro / dollar aurait été positive. Elle aurait été négative selon l'autre moitié", poursuit l'enquête.

Dans ce contexte, les tensions de trésorerie réapparaissent, provoquant un allongement des délais de paiement en avril. Fragile la reprise ?

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