Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 83 % des Français se disent favorables à l'organisation de référendums. Les finances publiques, les retraites et l'immigration figurent en tête des sujets qu'ils souhaitent voir soumis au vote.
L'idée d'une consultation populaire rencontre un large écho. Après la proposition du Premier ministre François Bayrou d'interroger les Français sur la trajectoire des finances publiques, un sondage Elabe pour BFMTV, publié dimanche, révèle un fort soutien au principe du référendum. 55 % des personnes interrogées s'y déclarent favorables, et 28 % « très favorables. »
« Cette idée a pénétré l'opinion », s'est félicité François Bayrou samedi à Brest. « Beaucoup de citoyens disent : oui, au fond, que nous soyons pour une fois associés à ces décisions, c'est important. » Il reconnaît toutefois les réserves du monde politique, « moins enthousiaste » , car « l'intervention directe des citoyens change le rapport de force ».
Des attentes fortes sur l'économie, les retraites et l'immigration
Interrogés sur les thèmes prioritaires, les sondés citent d'abord les finances publiques : dépenses, dette et fiscalité (59 %). Viennent ensuite, à égalité, les retraites et l'immigration (52 %). La fin de vie (43 %), la réforme territoriale (22 %) et la proportionnelle (19 %) sont aussi mentionnées.
Emmanuel Macron, dans ses vœux pour 2025, avait laissé entendre qu'il pourrait avoir recours à cet outil. Il pourrait clarifier son intention mardi soir, lors d'une émission spéciale sur TF1.
Mais le recours au référendum, dans un contexte politique fragile, n'est pas sans danger. Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à Paris-Panthéon-Assas, y voit une « stratégie dangereuse » qui pourrait « déstabiliser » un Premier ministre déjà sous pression. « Vous pouvez la jouer 'Bonaparte au pont d'Arcole' quand vous avez une majorité absolue. Là, la question de sa démission va être reposée si jamais on n'a pas de budget, une fronde des collectivités, une majorité divisée encore un peu plus. »
Le ministre de l'Intérieur n''exclut pas l'organisation d'un referendum avec « deux ou trois questions »
Assurant avoir « déjà tenu un certain nombre de réunions au ministère de l'Intérieur et avoir été sollicité » pour « trancher un certain nombre de questions », Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur a précisé au Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6 qu'un référendum qui n'est pas dématérialisé, « c'est à peu près un coût de 200 millions d'euros » car « il faut prévoir le papier ». C'est, a-t-il ajouté, « moitié moins pour un referendum complètement dématérialisé » a-t-il ajouté, en alertant néanmoins sur les risques liés à la fracture « numérique ».
Il a par ailleurs jugé peu probable l'organisation d'un tel scrutin avant l'été. « Il y a une énorme administration très concrète, y compris avec les communes, pour mettre au point la propagande électorale, pour mettre au point les règles. C'est compliqué», a-t-il justifié, rappelant également la nécessité d'avoir une « campagne électorale. » Concrètement, il n'a pas exclu un referendum avec « deux ou trois question » mais pas « un questionnaire à choix multiples qui comprendrait des dizaines de questions ». « Il peut y avoir un bulletin de vote, si j'ose dire, avec un certain nombre de cases à remplir, mais très peu, très peu, » a-t-il insisté, rappelant « qu'on ne l'a jamais fait en France, il peut y avoir trois sujets différents (avec) une case 'oui' et une case 'non+', a-t-il encore détaillé.
Mais, a insisté le responsable politique, les réponses attendues « doivent avoir une portée significative et normative ». « Si on fait le café du commerce dans un référendum, ça ne marche pas. »
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